Voilà une course technologique que la Chine et la Russie ont d’ores et déjà perdues. Le Pentagone a annoncé ce lundi 24 août 2020 que le porte-avions USS Carl Vinson tout fraichement sorti de cale sèche était désormais apte à embarquer le F-35C Lightning II. Ces avions furtifs embarqués seront déployés au tout début de l’année 2021 pour une mission en zone Pacifique. Ce sera donc le grand retour de Lockheed-Martin en opération sur pont d’envols, depuis le retrait du service des S-3 Viking anti-sous-marins.

Autant le dire tout de suite l’annonce de ce premier déploiement opérationnel était très attendue. Certain(e)s commençaient même à se dire que l’US Navy faisait tout pour le retarder mais en fait non c’était un souci technologique qui était à l’origine des retards. Et pour une fois l’avion lui-même n’y était pour rien. En tous cas pas directement.

En effet les essais à la mer en condition opérationnelle du Lockheed-Martin F-35C Lightning II démontrèrent que l’avion nécessitait des aménagements particuliers sur les porte-avions le recevant. Le déploiement récent de la VFA-125 sur l’USS Nimitz l’avait bien mis en lumière.
Mais alors quelle différence entre cette mission de la VFA-125 Rough Raider à bord de l’USS Nimitz et celle de la VFA-147 Argonauts à bord de l’USS Carl Vinson ?

Tout simplement parce que celle réalisée par l’USS Nimitz embarquait un Fleet Repacement Squadron, c’est à dire une unité de transformation opérationnelle alors même que l’USS Carl Vinson disposera d’une véritable formation opérationnelle. C’est la différence entre les VFA-125 Rough Raider et VFA-147 Argonauts. Pour le reste les avions sont les mêmes F-35C Lightning II.

À bord du porte-avions en janvier 2021 l’escadron VFA-147 Argonauts sera la seule unité de F-35C Lightning II. Elle sera accompagnée d’unités évoluant sur F/A-18E/F Super Hornet, EA-18G Growler, E-2D Advanced Hawkeye, et sur hélicoptères de soutien et de combat naval. L’occasion pour les pilotes de l’avion furtif de confronter leur nouvelle machine aux autres avions d’armes de l’aéronavale américaine.

L’année 2021 marquera donc un nouveau chapitre dans l’histoire aéronautique. L’USS Carl Vinson deviendra le premier porte-avions à capacité d’avions furtifs, et les États-Unis le premier pays à disposer de cet argument de poids dans la diplomatie contemporaine. Pas de bol pour Pékin et Moscou qui là encore sont à la ramasse malgré l’intensité de leur propagande pour tenter de faire croire que leurs aéronavales respectives en sont capables.

Photo © US Navy.

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2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,, tout d’abord, félicitations pour votre site dont la lecture est pour moi un réel moment de plaisir.

    Sinon, juste une question, qui est en fait aussi une remarque, pourquoi donc l’US Navy teste et arme ses F35 sur des « vieux » porte-avions et non sur des navires plus modernes ? Le Nimitz est opérationnel depuis le milieu des années 70 et le Carl Vinson depuis le milieu des années 80. Ces deux navires ont ils été choisis parce que les 2 PA ont subi des IPER récentes ?

  2. Bonjour Laurent à mon avis vous soulevez une question qui fait et fera débat car on part du principe que tout nouveau matériel militaire est supérieur à celui un peu plus ancien. Les « vieux » PA américains ont fait leurs preuves et ils sont capables de mettre efficacement en œuvre les F35-C augmentant ainsi leurs capacité de frappe et c’est avant toute chose ce que demande l’US-Navy . Les responsables américains sont pragmatiques et sans préjugés ils choisissent toujours la méthode la plus rapide et efficace à mettre en œuvre sans bien sûr s’interdire de la developper à d’autres bâtiments plus récents. Il en est de même du postulat qui prétend que les chasseurs de 5ème génération sont supérieurs à ceux de 4ème génération et inférieur à la 6ème génération à venir. Penser cela c’est proclamer que le J20 ou le SU57 (avions de 5ème génération) sont supérieurs au Rafale ( avion de 4ème génération) , qui peut affirmer cela ? A mon avis personne ! A mon humble avis ce qui compte le plus c’est le rôle que l’on assigne à un système de combat qui compte le plus et son aptitude à mener à bien la mission confiée. Comme disait un dirigeant chinois à qui on reprochait de soutenir la dérive capitaliste du PCC a répondu :  » peu importe la couleur du chat dans la mesure où il attrape les souris »

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