Les tensions qui existent actuellement dans la région suite aux gesticulations de l’autocrate Erdogan semblent jouer en faveur de la Polemikí Aeroporía. C’est désormais officiel la Grèce s’oriente vers l’acquisition prochaine de vingt chasseurs furtifs Lockheed-Martin F-35A Lightning II, dont les premiers exemplaires pourraient être livrés en 2022. Il s’agit d’une procédure accélérée voulue par le Pentagone suite au rapprochement entre la Turquie et la Russie sur le marché de l’armement. En fait l’administration Trump avait déjà vanté cet avion auprès des Grecs.

Ce n’est donc pas Lockheed-Martin qui porte les pourparlers autour de ce contrat mais bien l’US Department of Defense, directement avec le gouvernement d’Athènes. Il faut dire que certains des vingt avions en lice dans ce contrat visiblement déjà très avancé ont déjà été produits. Ironie de l’Histoire ils étaient initialement destinés à la Turquie. C’était juste avant que ce pays ne soit exclu par Donald Trump du programme Joint Strike Fighter.

Ces six premiers Lockheed-Martin F-35 Lightning II initialement destinés à la Turquie devraient donc rejoindre la Polemikí Aeroporía aux alentours de l’été 2022. Le contrat sera selon toutes vraisemblances finalisé entre ce mois de novembre et janvier 2021, des facilités de paiement étant annoncés par Washington. Des médias américains avancent même que les six exemplaires ex-turcs, déjà payés par Ankara, seraient gracieusement offerts à la Grèce. Cette dernière n’aurait donc à payer que les quatorze exemplaires restants.

Vous avez comme une impression de «déjà vue» en lisant ces lignes ? C’est tout à fait normal puisque la méthode employée par le Pentagone ressemble furieusement à celle utilisée par la France et la Grèce sur la récente vente de dix-huit Rafale. À croire que les Grecs viennent d’inventer un concept et qu’ils adorent surfer dessus. En même temps ça semble leur réussir. À Athènes les journaux ont voulu rassurer la France : la force aérienne ne s’écartera pas du Dassault Aviation Rafale F3-R au profit du Lockheed-Martin F-35A Lightning II.

Vingt F-35A Lightning II et dix-huit Rafale F3-R cela va faire de la Polemikí Aeroporía une des forces aériennes les plus modernes du bassin méditerranéen. De quoi sans doute, à l’horizon 2023-2025 calmer les ardeurs expansionniste de Reccep T. Erdogan. Mais surtout ces trente-huit nouveaux jets de combat vont permettre à la Grèce de se séparer d’avions plus anciens comme la cinquantaine de McDonnell-Douglas F-4E Phantom II et Dassault Aviation Mirage 2000EG/BG encore en dotation. Ces derniers pourraient d’ailleurs trouvé preneurs sur le marché d’occasion.
Outre donc ses deux nouveaux modèles la Grèce alignera à la moitié de la décennie des Dassault Aviation Mirage 2000-5 et des General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon. Autant dire un arsenal aérien non négligeable en matière de défense et de combat.

Même si la Turquie risque de vivre cette cession à la Grèce de six avions qu’elle avait commandé comme une provocation des États-Unis il est indéniable que c’est un joli coup. Ils auront été replacés et n’encombreront plus Lockheed-Martin.
Rafale et Lightning II alignés dans une force aérienne européenne, y a pas à dire ça va avoir de la gueule !

Photo © US Air Force.

 

Publicité

11 COMMENTAIRES

  1. Reccep T. Erdogan ne connait surement pas l’exercice et la pratique du boomerang ! je sais cela a très peu de choses à voir avec notre hobby , l’aéronautique, mais cela vole et revient !

    • Il n’est pas encore dit que les S400 soient aussi efficaces que la propagande russe le prétend. Ils n’ont pas servi à descendre grand chose, jusqu’à présent 🙂

  2. Intéressant,
    Des F-35 et des Rafales dans la même armée… Cela pourra enfin permettre des comparaisons plus objectives des mérites et défauts de chaque appareils, ainsi que des doctrines d’emploi envisagées…

    • Ils l’avaient déjà fait dans les années 80/90 autour de F-16A/B destinés au Pakistan. Ça s’est finalement réglé diplomatiquement au début des années 2000. Ça sera sans doute pareil quand la Turquie aura changé de gouvernance.

  3. Que la Grèce n’oublie pas qui la soutient et qui soutient la Turquie.
    Dans cette affaire les usa portent les deux casquettes, c’est pas beau.
    Ils nous diront quel est le meilleur avion au moins.

  4. Un bien bel arsenal pour ce pays dont les pilotes ont une sacrée renommée… Les grecs sont partis les meilleurs « dog-fighters » au monde. Reste à voir si cela calmera quelque peu les ardeurs de l’armée turque…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom