Cette fin septembre et ce début octobre 2020 pourraient apporter son lot de réjouissance pour les ingénieurs et techniciens de Boeing œuvrant sur le programme 737 Max. Plusieurs signaux sont au vert pour un éventuel retour à la normale de l’avion de ligne monocouloir américain d’ici les fêtes de fin d’année. Et le fait que le patron de l’aviation civile américaine ait volé à bord de l’appareil n’est sans doute pas étranger à ce regain de confiance. Dans le même temps le transporteur irlandais Ryanair lui renouvelle sa confiance.

Un an et demi que les Boeing 737 Max sont tous cloués au sol dans le monde, y compris dans les pays les moins regardant en matière de sécurité aérienne. C’est historique. Et c’est surtout dramatique pour l’emploi dans le secteur aéronautique des États-Unis. Car jusque là ce biréacteur monocouloir était le best-seller du constructeur de Seattle, l’héritier d’une lignée née en 1967 avec feu le 737-100 et dont le succès ne s’est jamais démenti malgré bien entendu quelques drames. Mais ça c’était avant Lion Air et Ethiopian Airlines, et surtout avant le scandale du logiciel MCAS. Et depuis les ennuis se sont accumulés, au point même que plusieurs compagnies ont annulés leurs commandes se tournant finalement vers Airbus.

Pourtant ce mercredi 30 septembre 2020 l’optimisme semble être revenu chez Boeing. En effet le 737 Max 7 alloué aux essais en vol destinés à la requalification américaine de l’avion a décollé avec un pilote pas comme les autres dans le cockpit : Steve Dickson. Inconnu, ou quasi inconnu chez nous, il s’agit du régulateur de la Federal Aviation Administration. Dickson est donc ni plus ni moins que le patron de l’aviation civile des États-Unis. Excusez du peu. Et cet ancien pilote de ligne que l’on dit assez méfiant de nature est ressorti plutôt confiant de son vol. Pour autant il confirme que selon lui les équipes de Boeing ont encore quelques petits réglages à réaliser avant que l’avion ne puisse revenir dans le ciel américain.

En cela Steve Dickson s’aligne donc sur les déclarations réalisées il y a quelques jours par son homologue européen : Patrick Ky. Le polytechnicien et pilote français, actuel numéro 1 de l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne, avait annoncé qu’une remise en service du 737 Max au dernier trimestre 2020 était tout à fait envisageable. L’AESA et la FAA sont donc visiblement sur la même ligne de conduite vis à vis du monocouloir américain. Et ça c’est tant mieux pour Boeing. Car le monde entier scrute de près les décisions des deux administrations régulatrices de l’aviation civile.

Pour autant pas question de sortir les serpentins et cotillons ou de déboucher le champagne (forcément avec modération) du côté de chez Boeing. On sait bien que le retour du 737 Max ne se fera pas à la normale mais avec l’épée de Damoclès du coronavirus. Suite à la crise sanitaire pandémique du Covid19 les disparitions de compagnies aériennes sont devenues une réalité palpable. Airbus et Boeing perdent ainsi des clientes souvent fidèles. Pour autant l’embellie pourrait venir d’Irlande et plus particulièrement du transporteur à bas coût Ryanair. Il annonce son intention d’acquérir environ deux cents 737 Max, dont un certain nombre d’exemplaires du Max 10. Pour mémoire il s’agit de la dernière version, non encore entrée en service. La compagnie aérienne très célèbre en Europe lui donnerait alors un sacré coup de pouce.

Photo © Boeing Company.

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3 COMMENTAIRES

  1. La grande question qui reste en suspens est si la clientèle acceptera de monter à nouveau dans les 737 Max car sa réputation est entachée par les deux accidents .

    • À mon avis cela se posera surtout pour les clients des grandes compagnies aériennes car pour ceux des low-costs ce n’est pas la sécurité qui prime mais le prix du billet. Notamment pour les jeunes Européens.

  2. Quelle déchéance pour Boeing j’en reste encore baba…. La logique financière s’est généralisée de partout mais dans l’aéronautique c’est jouer littéralement à la roulette russe !. C’est un exemple tonitruant pour tous !
    Par contre ce sont les chinois qui vont en profiter.. Et ce ne sont pas des tendres.

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