Il est indéniable qu’à l’instar de la Mer de Barents la Russie considère désormais la Mer Baltique comme sa mare nostrum. Ce lundi 26 octobre 2020 un avion de reconnaissance stratégique Lockheed U-2S Dragon Lady appartenant à l’US Air Force a été intercepté dans l’espace aérien international par la chasse russe. Au moins un avion de combat Sukhoi Su-27 a rejoint l’appareil américain et l’a escorté jusqu’aux limites de la Baltique. Une interception qui a été suivi quelques minutes plus tard par une opération similaire vis à vis d’un avion allemand de patrouille maritime.

Selon le Pentagone le Lockheed U-2S Dragon Lady en question évoluait en Mer Baltique dans le cadre d’une mission de l’OTAN. Il appartient au détachement britannique du 99th Reconnaissance Squadron. De ce fait il est stationné à RAF Fairford dans le sud-ouest de l’Angleterre.
Le célèbre avion-espion évoluait en Mer Baltique, dans l’espace aérien international, quand pour une raison inconnue un chasseur russe Sukhoi Su-27 est apparu. L’avion semblait avoir décollé de l’oblast de Kaliningrad. Le Lockheed U-2S n’évoluant pas à son altitude maximale de mission il a pu être rejoint par le chasseur russe. Son pilote a signifié, par un battement d’ailes, que le pilote américain devait le suivre. Ce qu’il a fait. Il faut dire que le pilote russe semble avoir clairement montré ses missiles air-air, une manœuvre très agressive et totalement inutile contre un avion de reconnaissance stratégique. Pour mémoire l’U-2S Dragon Lady n’est pas armé et ne peut donc pas se défendre face à un avion de la classe du Flanker. Les deux avions ont ainsi volé avec une proximité réelle jusqu’au plus loin que le Su-27 pouvait aller avant de trop se rapprocher de l’espace aérien de l’OTAN.

Quelques minutes plus tard le même Sukhoi Su-27 a été repéré interceptant un avion de patrouille maritime Lockheed P-3C Orion appartenant au Marineflieger. L’Allemagne ayant un important littoral sur la Baltique la présence d’un tel avion n’a rien de surprenante. Sauf que là encore la chasse russe ne l’a pas entendu de cette oreille et a décidé de repousser le quadrimoteur à turbopropulseurs. L’équipage allemand afin d’éviter tout accrochage avec la chasse ennemie a préféré faire demi-tour et mettre fin à sa mission de patrouille anti-sous-marine. Là encore le P-3C Orion a été escorté jusqu’aux limites de l’espace aérien atlantiste.

Côté russe on insiste sur le fait que le Lockheed U-2S volait trop près de l’espace aérien russe et qu’un tel avion n’avait rien à faire en Mer Baltique, les États-Unis n’en étant pas frontaliers. Quand à l’avion allemand Moscou estime qu’il représentait une menace claire contre le trafic maritime commercial autour de l’enclave de Kaliningrad.
Des explications alambiquées qui ne convainquent personne !

Photo © US Air Force.

NDLR : La photo d’illustration ne reflète pas la mission ici relatée. Il s’agit juste d’un cliché d’un Lockheed U-2S en vol.

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7 COMMENTAIRES

  1. Sur la présence de l’avion US (U2), je donne partiellement raison à la Russie. Les USA n’ayant aucune frontière dans le secteur, la présence de cet avion peut être dérangeante, surtout quand ont sait de quoi il est capable. Mais comme il est resté dans l’espace aérien international, les russes aurait due le suivre, sans plus.

    Pour l’interception du P-3 allemand, la Russie est vraiment à coté de la plaque.

    Au final, je me demande pourquoi l’OTAN n’envoie pas de chasseur d’escorte lors de ce genre de mission. Ce serait bien des F-22A ou des F-35 dans le secteur d’opération du U2, ou des typhoon volant en formation avec les P3…

    • Bonjour, si vous donnez raison à la Russie sur l’U-2 en question comment analysez-vous la présence régulière d’avions stratégiques russes au large des côtes écossaises ? La Russie n’en est pourtant pas frontalière.

      • Et si l’on ne donne pas raison aux russes, que faisait ce U2 ?

        La réponse elle est simple : que ce soit russe où américains, ils n’ont rien à faire à fouiner ailleurs.

        • C’est une vision extrêmement simpliste. Depuis que l’homme fait la guerre il a eu besoin de se renseigner sur son ennemi. Des premiers éclaireurs et espions de l’antiquité aux satellites actuels, en passant donc par les avions-espions comme ce U-2S américain ou les Tu-95/Tu-142 russes. Fouiner est une bonne manière de connaître son adversaire, et ainsi anticiper ses actions.

  2. De la même façon. Et comme j’ai dit, je ne donne que partiellement raison aux russes. Américains et russes aime joué avec le feu. Je ne connait pas les capacités de reconnaissance russe, mais je connait celles des américains. Et sans être aussi performant que les EC-135, le U2 à de tres bonne capacité d’écoute des signaux électroniques. J’imagine que c’est la raison pour laquelle les russes l’ont repoussé. Il en va de même pour le P3 allemand.

    • En effet, c’est le détail qui m’a intrigué dans l’article de Mr Arnaud ! La meilleure protection de cet avion est l’altitude même si Gary Powers s’est fait dégommé par un missile en 1960.

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