C’est un accord historique qui a été signé dans le cadre du développement du futur avion de combat conçu par Airbus DS et Dassault Aviation. Le consortium qui créera et fabriquera le moteur du futur avion de combat européen aura son siège à Munich en Allemagne. La décision a été prise après que les motoristes ITP Aero, MTU Aero Engines, et Safran Aircraft Engines aient trouvé un accord commun. Cette structure s’appellera donc EUMET GmbH.

Allemands, Espagnols, et Français sont donc tombés d’accord. Et déjà ce n’est pas rien ! Le consortium European Military Engine Team, la véritable raison sociale d’EUMET GmbH, permettra de travailler sereinement au profit d’Airbus Defence & Space et de Dassault Aviation.
Même si le motoriste espagnol ITP Aero sera un membre à part entière du consortium c’est bien sur les terres allemandes de MTU Aero Engines qu’EUMET GmbH aura son siège social. Le CEO de l’entreprise par contre sera nommé par le conseil d’administration du motoriste français Safran Aircraft Engines. C’est d’ailleurs ce dernier qui fournira d’ici cinq ans le réacteur M88 destiné au démonstrateur technologique du SCAF. Cette décision a officiellement été prise lors de la naissance du consortium.

Pourquoi au fait le démonstrateur technologique du successeur des Dassault Aviation Rafale français et Eurofighter EF-2000 Typhoon allemands et espagnols volera avec le réacteur du même Rafale ? Simplement parce que d’ici 2026 il est impossible humainement et technologiquement qu’EUMET GmbH ait développé son moteur. Et ce démonstrateur technologique doit voler, sinon il n’a pas de raison d’être.

L’accord européen autour de la naissance de ce nouveau motoriste est une vraie avancée dans le domaine aéronautique. Allemands, Espagnols, et Français s’accordent sur l’avenir de leurs forces aériennes et sur la défense européenne. Et ça c’est top.
Comme aimait à le répéter Maurice Schuman : «On est toujours plus fort ensembles que seuls».

Photo © Dassault Aviation.

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9 COMMENTAIRES

  1. Le moteur du SCAF: immense intrication techno économique.
    Déjà il y a trois partenaires au lieu des deux prévus. Ensuite les Allemands de MTU cède leur part de développement à la filiale Espagnole de Rolls-Royce, alors que les Allemands et les Espagnols voulaient encore récemment fructifier leurs acquis sur l’Eurojet de l’Eurofighter, MTU reculant au point de se réserver la seule MCO… Qui sera critique dans un éventuel temps très incertain et éloigné : une flotte européenne de NGF…
    Mais il sera le seul à possède l’entière industrialisation d’un moteur développé d’un secret technologique tricolore…
    .
    Au vu de la vitesse d’avancement du drône géant d’Airbus DS, des problème politiques s’ajoutent aux problématiques légales et industrielles.
    Si ce programme arrive à terme, ce sera à l’issue de psychodrames et tractations permanents… On tient le nouveau feuilleton après le Brexit !

    • Et nous assisterons, avec surprise, aux errements techniques, industriels et surtout financiers pour finir sur un triplement du budget et des retards sans fin… Mais que ne ferrions nous pas au nom de l’UE!

      • C’est marrant Loïc on pourrait presque croire que vous avez lu tout cela dans votre boule de cristal. Enfin si bien sûr on croit à ce genre de choses.

    • Avec le Rafale, la france a fait mieux que le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne regroupés dans le consortium Eurofighter. C’est dire si ça fonctionne…

  2. Salut Arnaud,
    Certains pourront être surpris de la localisation du siège de cette nouvelle entité à Munich, alors qu’initialement le motoriste SAFRAN était désigné chef de file du programme moteur du SCAF. Il aurait été logique que le siège soit implanté en FRANCE, mais il y a fort à parier, même si nous ne connaissons pas vraiment les détails et les contours de cet accord entre motoristes européens, que ce choix de localisation dans la capitale bavaroise, soit une compensation accordée à la partie allemande, sachant que notre motoriste français a réussi à conserver, semble t-il, le rang de chef de file de ce programme et les pouvoirs qui en découlent. (par ex : nomination par SAFRAN du CEO  » Chief executive officer « , en somme le Pdg, choix du moteur français M88 pour le démonstrateur, responsabilité du développement des parties « chaudes du moteur », les plus complexes donc les plus chères, et les plus stratégiques,….. ).
    Nous espérons tous, que cet accord entre motoristes européens , à fortiori pour le programme global SCAF ( il faut encore qu’il soit validé par les gouvernements et parlements des états participants, FRANCE, ALLEMAGNE, ESPAGNE !! ) soit profitable à tous, tout en étant d’abord basé sur les compétences et non pas sur le plus petit dénominateur commun, ou autres considérations politiques et financières; et c’est évidemment là que le bas blesse et que les doutes subsistent…!
    Le pire des scenarii serait un montage tel quel le programme EUROFIGTHER 2000 ou A400M, qui ont cumulé les difficultés techniques, et financières, malgré les qualités reconnues de ces avions, du fait de la complexité du montage liées essentiellement à des considérations politiques et de dominance.
    L’avenir nous le dira, et les surprises sont encore possibles, bonnes et….mauvaises…..!

    • Totalement d’accord avec votre analyse Rafaletiger.
      Même si rien ne le prouve et c’est pourquoi ce n’est pas dans l’article il y a fort à parier qu’Allemands et Français sauront intégrer la notion d’éco-responsabilité dans ce futur moteur de SCAF.

  3. J’espère pour Safran que ce nouveau programme va plutot se dérouler comme celui du M88 que celui du Silvercrest.
    Le retard de se programme ayant entrainé l’arrêt du programme falcon 5X chez Dassault et la suspension du cesna hemisphere,

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