Nous vous avions déjà présenté ce contrat lorsque les pourparlers furent lancés à l’automne dernier. Ce mercredi 30 juin 2021 l’US Department of Defense a annoncé avoir trouvé un accord avec son homologue britannique autour du rachat d’un Boeing E-3D, alias Sentry AEW.1 quand il servait dans la Royal Air Force. L’avion de guet aérien radar est destiné à l’US Navy et doit désormais être modifié afin de remplir ses nouvelles missions. C’est Northrop-Grumman qui va se charger de ce chantier depuis ses usines de Lake Charles en Louisiane.

Comme nous vous l’avions expliqué en octobre dernier il n’est nullement question pour l’US Navy de se doter d’un nouvel AWACS, ses machines actuellement en dotation lui suffisent largement. D’autant qu’il serait assez stupide de racheter un avion de seconde main.
Mais alors pourquoi donc le Pentagone a t-il décidé de débourser quinze millions de dollars pour un avion-radar sommes toutes obsolète ? Tout bonnement pour en faire un avion d’entraînement avancé et de transformation opérationnelle.

Et c’est cela que les équipes de Northrop-Grumman vont devoir faire entre ce début juillet et la mi-septembre, soit deux mois et demi assez chargés. Modifier un AWACS afin d’en faire un avion permettant d’entraîner et de transformer les équipages du plus gros aéronef de l’arsenal de l’US Navy : le Boeing E-6B Mercury.
Cela ne va pas se limiter à la seule dépose du rotodôme et de ses deux mâts de fixation ni à la repeinte du fuselage et des ailes. Une bonne partie de l’avionique sera démontée et remplacée par celle dédiée à la formation des équipages aux procédures C3 (pour Command, Control & Communication) qui sont l’essence même de l’existence des E-6B Mercury. Il est à souligner que les Britanniques ont d’ores et déjà ôté tous les équipements sensibles liés à leur défense et dont ils voulaient masquer la réalité aux Américains.

Les premières projections donnent une espérance de vie d’au moins dix ans pour cet unique avion. Il permettra donc d’éviter aux Boeing E-6B Mercury de décoller pour de simples vols d’entraînement.
On remarquera que devant l’importance du dossier les Américains ont préféré un achat par le Pentagone lui-même plutôt que par un de ses contractors. Quinze millions de dollars US pour un tel dérivé du Boeing 707-320 c’est un prix très raisonnable.
On ignore encore actuellement quelle sera la désignation de l’avion lors de son entrée en service en septembre prochain : réponse dans deux mois et demi.

Photo © Royal Air Force.

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