Le procédé peut surprendre mais il n’est pas si bête que ça. Le gouvernement américain a annoncé ce mercredi 28 octobre 2020 en après-midi chercher à acquérir un des Boeing E-3D Sentry actuellement en service au Royaume-Uni. Son homologue britannique a deux semaines pour répondre par l’affirmative ou la négative à cette requête officielle, sachant que la RAF a déjà commencé à se séparer de ses AWACS. C’est donc une aubaine pour le ministère britannique de la défense.

C’est au travers de la notice fédérale N00019-21-RFPREQ-PMA-271-0062 que l’information nous est parvenue. Émise par la très sérieuse US General Services Administration pour le compte de l’US Navy elle encadre une procédure visant au rachat d’un avion de surveillance radar Boeing E-3D Sentry. Ceux-ci sont actuellement en fin de carrière et leur remplacement futur a déjà été acté par Londres. L’un d’eux a d’ailleurs déjà quitté le service actif et rejoint un centre de retraitement industriel.

Mais pourquoi la marine américaine s’encombrerait t-elle d’un aussi vieil AWACS quand on sait qu’elle aligne des Grumman E-2C Hawkeye et Northrop-Grumman E-2D Advanced Hawkeye sur l’ensemble de ses porte-avions ? Tout bonnement parce que cet avion ne servirait pas de plateforme de surveillance radar ou de veille aérienne. Il s’agirait d’un avion de transformation opérationnelle dans le cadre du soutien à la flotte des seize actuels postes de commandement aéroporté Boeing E-6B Mercury.

Ces derniers ne seront à priori pas remplacés avant au plus tôt le début de la décennie prochaine. Ils doivent donc encore tenir la distance au moins dix ans. Au passage merci à l’administration Trump pour l’échec du programme NEAT. Or à chaque fois qu’un E-6B Mercury décolle pour réaliser une mission d’entraînement avancé ou de transformation opérationnelle d’un nouvel équipage il fait forcément vieillir la cellule de l’avion. Quand on utilise une machine elle s’use. C’est logique.

C’est en partant de ce constat que l’US Navy a recherché un avion capable d’assurer cette mission. Le cahier des charges prévoyait un Boeing 707-320 doté de réacteurs franco-américains CFM-International CFM56 ravitaillable en vol, et surtout un avion disponible. Aucun ne l’était dans l’arsenal américain et le plus proche était donc l’E-3D, alias Sentry AEW.1 au sein de la Royal Air Force. D’où cette notice fédérale N00019-21-RFPREQ-PMA-271-0062 transmise à l’ambassade britannique de Washington DC.

Ironie de l’histoire si le gouvernement britannique accepte ce drôle de deal ce sera la seconde fois en quelques mois que la Royal Air Force revendra un avion manufacturé aux États-Unis à une force britannique. Le précédent était un Lockheed-Martin Hercules C.5 revendu à l’US Marines Corps. Il s’agit du nouveau Fat Albert, l’avion-cargo de soutien et d’accompagnement des Blue Angels. Selon toutes vraisemblances l’avion devra être modifié avant d’entrer en service dans l’US Navy, la dépose de son rotodôme semble évidente.
Pour mémoire des Boeing 707 ont déjà brièvement été utilisés comme avions d’entraînement sous la désignation de Boeing TC-18E/F mais avec des réacteurs d’ancienne génération cependant.

Photo © UK Ministry of Defence.

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2 COMMENTAIRES

  1. Petite erreur :
    ….la Royal Air Force revendra un avion manufacturé aux États-Unis à une force (britannique) américaine
    Un peu plus à l’Ouest Captain… ;-)))

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