Le Pentagone et Lockheed-Martin vont t-ils réussir leur pari avec la Fuerza Aérea Colombiana ? Depuis près d’un an et demi la diplomatie américaine tente par tous les moyens de revendre aux Colombiens un lot de chasseurs General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon à l’aviation colombienne. Il y a deux semaines l’US Air Force a même rempli sa part du marché en déployant dans ce pays des avions de combat pour un exercice international. Le voisin vénézuélien voit d’un très mauvais œil un tel marché qui rebattrait les cartes en Amérique du sud.

Car fondamentalement la Colombie n’est pas ce qu’on pourrait appeler une puissance militaire régionale. Malgré une forte implantation des matériels estampillés OTAN ce pays ne dispose pas d’une puissance de feu considérable. En fait son équipement militaire est à l’image de ses combats depuis quatre décennies : les guérillas marxistes des FARC et les cartels de la drogue.
Actuellement la chasse colombienne se résume à vingt-cinq IAI Kfir C.12/TC.10. Or malgré une modernisation récente de ces avions ils peinent à réellement pouvoir défendre l’espace aérien souverain colombien. En terme d’armement air-air ils sont limités à deux missiles courtes portées, de facture américaine ou israélienne. C’est pourquoi la Colombie entend bien changer d’avions sous peu.

Sauf que là où le bât blesse c’est au niveau des finances de Bogota : elles sont au plus bas. La guerre contre les narcotrafiquants autant que contre les FARC, auquel il convient d’ajouter la crise sanitaire du Covid-19, ont littéralement asséchées l’économie du pays.
La Colombie n’a plus un sou ! Il lui est donc impossible d’envisager d’acquérir des avions de dernière génération comme le Boeing F/A-18E/F Super Hornet ou le Dassault Aviation Rafale. Même pas en rêves.
Et ça le Pentagone l’a bien compris.

D’où le fait que l’administration Trump avait commencé début 2020 à travailler la diplomatie colombienne au cours autour d’une possible vente d’une trentaine de General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon de seconde main. Celle-ci serait issue des stocks de l’US Air Force. Les pourparlers ont été repris par la nouvelle administration américaine qui y a ajouté, avec le concours de Lockheed-Martin, la possibilité de modifier les dits F-16C/D au standard F-16V. L’administration Biden négocie d’ailleurs désormais plutôt sur une quarantaine d’avions, permettant ainsi à la Colombie d’envisager la retraite pour se douze derniers vieux Cessna A-37B Dragonfly d’attaque et d’appui.

Afin de renforcer l’image du célèbre monoréacteur de chasse auprès des Colombiens l’US Air Force a déployé fin juillet quatre de ces chasseurs dans ce pays. Appartenant au 79th Expeditionary Fighter Squadron les trois monoplaces et le biplace ont pu voler de conserve avec les Kfir colombiens durant l’exercice Relampago VI.

De plus en plus le pouvoir vénézuélien se sent visé par ces tentatives d’armement de la Colombie par les États-Unis. Il faut dire que Bogota accuse Caracas de jouer à un dangereux jeu dans la région en fermant les yeux sur les exportations illégales de cocaïne vers l’arc caribéen et les États-Unis. Un laxisme du Venezuela vis-à-vis des marchands de morts qui exaspère l’opinion publique colombienne. Sans compter que les Vénézuéliens sont dans le collimateur des Américains depuis l’administration Obama et que cela ne semble pas vouloir s’arrêter.

Vous l’aurez donc sans doute compris la volonté américaine de vendre à pas cher des F-16 Fighting Falcon à la Colombie est bien plus une partie de billard diplomatique qu’autre chose. Et elle se joue en plusieurs bandes.
Affaire donc à suivre.

Photo © US Air Force.

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4 COMMENTAIRES

  1. En quoi l’achat de F-16 serait un rempart contre le trafic de drogue ? Ca servirait à impressionner le gouvernement colombien ? Bon c’est vrai que plus pourri tu meurs, si je peux me permettre !
    Ce pays a une sacrée histoire mais ma culture s’arrête quasiment au visionnage de la série ‘Narcos’ que je conseille à ceux que ça intéresse ^^

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