Ce serpent de mer là n’a rien à voir avec celui qui hanterait les eaux du Loch Ness mais serait plutôt un proche cousin de celui qui concerne l’achat par l’Algérie du Su-57 Felon. Les parlementaires irlandais reviennent à la charge sur la question de la renaissance d’une aviation de chasse dans leur pays. Maintes fois repoussées, souvent pour des questions autant budgétaires que purement politiques, cette hypothèse d’un achat d’avions de combat est de retour en raison de l’actualité diplomatique avec le Royaume-Uni. Le Brexit pourrait finalement permettre cette petit révolution au pays des shamrocks.

En fait une fois de temps en temps depuis environ trois ans et demi les parlementaires irlandais, travaillistes comme conservateurs remettent sur la table cette question de la chasse au sein de l’Irish Air Corps. Elle n’existe pas. En dehors de quelques nacelles de mitrailleuses et de paniers à roquettes air-sol sur Pilatus PC-9 (voir photo ci-dessus) elle ne dispose d’aucun arsenal digne de ce nom. Ce n’est pas ainsi qu’elle va protéger son espace aérien souverain.

Dans la réalité des faits cette mission revient aux Eurofighter Typhoon FGR.4 de la RAF, en raison d’un accord de défense signé en 1978 puis réactualisé en 1997 et 2012. Sauf que celui ci s’inscrivait au cours des deux dernières décennies dans un partenariat Irish Air CorpsRoyal Air Force lié à l’Union Européenne. Le Royaume-Uni l’ayant quitté, avec pertes et fracas, suite à la périlleuse politique du Brexit, l’accord semble remis en question.
Et déjà à Dublin certains parlementaires, globalement travaillistes et très pro-UE, veulent dénoncé l’accord et en finir avec les survols d’avions de combat et de ravitailleurs britanniques. S’ouvrirait alors deux options : signer un nouvel accord avec un autre pays européens ou bien lancer un programme d’acquisition d’avions de combat.

C’est cette option que veulent relancer les dits parlementaires travaillistes, soutenus en cela par quelques-uns de leurs collègues conservateurs. L’Irlande s’orienterait alors, aux vues de la taille de son territoire vers un avion monoréacteur. Et là encore la politique n’est pas loin puisque si les conservateurs entendent ne pas fermer la porte à une proposition américaine les travaillistes de leur côté y sont totalement opposés, ne souhaitant qu’une solution en provenance d’un pays européen. On pense alors évidemment en premier lieu aux Aero L-159ALCA tchèques et Saab JAS 39E/F Gripen. Ce dernier serait sans doute même l’avion idéal.

Avant de tirer des plans sur la comètes il faut cependant savoir que sans un accord parlementaire à hauteur de deux tiers des deux chambres et l’adhésion du gouvernement rien ne pourra se faire. Autant dire que le chemin va encore être long avant de voir des jets de combat frappés de la cocarde irlandaise.
Les Pilatus PC-9 ont donc encore de beaux jours devant eux dans ce rôle de défense qui leur est, il faut bien l’avouer, peu adapté.

Photo © Irish Air Corps.

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3 COMMENTAIRES

  1. Signer des accords avec un pays tiers serait déjà un premier pas en échange d’un défraiement.
    Je ne sais pas si la police du ciel des pays baltes est remboursée…

    • Comme c’est fait dans le cadre des mesures de réassurance de l’OTAN, je ne suis même pas sûr que les Pays Baltes payent autre chose que les bases sur lesquelles le personnel est stationné.

  2. Des petits Saab aux couleurs irlandaises avec un énorme trèfle sur la dérive, ça aurait de la gueule !! Bon je peux toujours rêver en attendant ^^

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