S’il est bien un moyen d’expression qui a toujours su donner sa pleine place à l’aviation c’est bien le 9e art : la bande-dessinée. Et récemment est apparu dans les bacs des libraires français une petite pépite mêlant habilement aviation, fantastique, et aventure : «The Kong Crew». Ne vous fiez pas à son titre anglophone il s’agit bien d’une œuvre française, dont l’action se déroule dans une New York totalement uchronique. Le graphisme et la couleur révèlent des inspirations multiples à son auteur, à la fois dessinateur, dialoguiste, et scénariste.

Aviation et fantastique ça va rarement ensemble. Aviation et science-fiction à la rigueur oui, «Black et Mortimer» en BD ou encore «Nimitz, retour vers l’Enfer» au cinéma l’ont prouvé. Mais alors quand carrément vous mélangez du fantastique totalement jouissif avec une pure aventure façon «Allan Quatermain» ou «Indiana Jones» à de l’aviation et de l’uchronie vous obtenez le génial «The Kong Crew». Son papa, le Français Éric Hérenguel n’a pas seulement créé une bande-dessinée, il a aussi ramené le lecteur dans son monde merveilleux… et un peu beaucoup effrayant.

Car disons-le clairement «The Kong Crew» n’est pas exactement une BD pour enfants. D’abord parce que les personnages féminins, aussi forts soient t-ils, ont tout de même tout ou presque de la pin-up la plus sexy possible. Ensuite parce que les planches peuvent franchement vous faire sursauter. Et enfin parce que le scénario est assez complexe, suffisamment pour éveiller le lecteur ou la lectrice parmi les plus bédéphiles.

Sans vous révéler l’intrigue, et surtout sans vous la spoiler bêtement ou vous le divulgâcher comme aiment à le dire nos amis canadiens francophones, «The Kong Crew» tourne autour d’un concept simple : King Kong n’a pas été tué par les chasseurs biplans Berliner-Joyce P-16 et Curtiss P-6 de l’US Army Air Corps comme Hollywood nous l’a appris. Il a gagné et a vaincu l’aviation. C’est là que le récit devient uchronique. Car King Kong est un personnage fictif tellement universel que l’histoire de sa mort tragique au sommet de l’Empire State Building à New York fait partie de la culture populaire.
Le pitch de cette saga en déjà deux tomes tourne donc autour de la Kong’s Crew, une unité d’élite de l’US Air Force, qui en 1947 a pour mission de survoler une île de Manhattan totalement évacuée de ses habitants depuis quatorze ans. Ses pilotes ont pour mission d’interdire l’espace aérien de la Big Apple à tout aéronef. Car à New York le gorille géant a recréé l’environnement de sa fameuse île du Crane.
Je n’en dis pas plus, ce sera à vous de le découvrir.

Niveau occupation du ciel vous allez croiser du beau : Boeing P-26 Peashooter, Consolidated PBY Catalina, North American B-25 Mitchell et P-51 Mustang. Mais pas que… là encore ce sera à vous de vous faire votre idée. Le graphisme est à la hauteur du scénario avec des inspirations clairement américaines, à tel point même que «The Kong Crew» a tout d’un comics français, mais également fortement belges et japonaises. Le trait rappelle fréquemment la ligne claire si chère à Hergé et à son ami Edgar P. Jacobs tandis que la colorisation fait penser à certaines œuvres mangas.

Le tome 1 titré «Manhattan Jungle» est sorti à l’automne 2019, c’est à dire quelques mois seulement avant le grand confinement du printemps 2020. Sa suite «Hudson Mégalodon» est paru plus récemment, peu avant Noël 2021. Espérons que des tomes 3, 4, 5, 6, et ainsi de suite arriveront plus tard car vraiment «The Kong Crew» est une belle œuvre.
Si vous voulez les acheter il vous faudra débourser une quinzaine d’euros par exemplaire, c’est le prix moyen observé aussi bien chez Cultura, qu’à la FNAC, au Furet du Nord, ou encore chez Gibert Joseph. Et franchement aux vues des qualités de cette BD ce n’est pas cher du tout.

Comme nous le faisons parfois avec des bouquins ou des films nous aimons bien vous proposer de temps en temps des articles sur des BD qui nous ont vraiment fait plaisir. Et ce «The Kong Crew» a été une énorme kif. J’espère qu’il en sera de même pour vous toutes et tous.

Photo © auteur.

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3 COMMENTAIRES

  1. bonjour à tous, ça me fait penser à un animé « sky crawler »,ou , du point de vus technologique, les appareils mis en scène, semble aller de 2em GM au début des années 60

  2. pour ceux qui ne connaitraient pas, « sky crawler », un anime ou les appareils mis en scène semblent issus d’une technologie qui vas de la 2em guerre mondial aux année 60

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