Les Forces Armées Maliennes, ainsi que leurs supplétifs russes du groupe privé Wagner, sont dans la tourmente. Plusieurs ONG internationales et locales, dont la célèbre Human Right Watch, accusent depuis ce mercredi 6 avril 2022 l’Armée de l’Air du Mali d’avoir mitraillé depuis deux hélicoptères de combat Mil Mi-24/Mi-35 Hind des civils innocents qui s’affairaient sur un marché. De son côté la junte militaire au pouvoir dans ce pays du Sahel parle d’une opération antiterroriste menée par ses hélicoptères et des troupes d’élite. Bamako refuse actuellement l’accès à la zone aux femmes et aux hommes de la MINUSMA, donc de l’ONU.

C’est ce dimanche 27 mars 2022 que le drame a eu lieu. Il s’agissait du dernier marché dominical avant le début du mois du Ramadan, particulièrement suivi dans cette région du Sahel à forte population musulmane. Le marché de Moura était donc bondé.
En fin de matinée les témoins ont déclaré à plusieurs médias internationaux, dont France 24 et RFI, que le marché avait été survolé par plusieurs hélicoptères. On parle d’au moins deux Mil Mi-24/Mi-35 Hind et vraisemblablement d’un Eurocopter AS.332 Super Puma. C’est ce dernier qui acheminait le gros des mercenaires russes.

Les deux hélicoptères de combat se sont alors placés au-dessus du marché et ont enclenché leurs mitrailleuses afin de littéralement rafaler les populations civiles de Moura. Au sol les troupes maliennes et leur renforts russes sont accusés par les ONG d’avoir abattu dans le dos des mères de famille et des enfants qui tentaient de fuir la zone.
Human Right Watch annonce au moins 300 morts lors de ce qui commence à ressembler non pas à une bavure mais à un véritable crime de guerre.

De son côté la junte militaire qui au Mali a renversé le pouvoir démocratique parle de 203 morts, principalement des combattants djihadistes, et de 51 interpellations de civils soupçonnés d’avoir apportés une aide logistique. Sur le papier il est vrai que Moura accueille depuis plusieurs mois des groupes terroristes armés affiliés à AQMI. Pourtant les ONG rappellent que ceux-ci ne se mêlent que très rarement aux populations sur les marchés, hormis pour les rançonner.

Faute de compétences suffisantes des équipages les Mi-24/Mi-35 Hind maliens n’emportent jamais de missiles antichars.

Surtout ce qui choque c’est la méthode. Viser délibérément un marché bondé un dimanche matin cela implique que les équipages de l’Armée de l’Air du Mali savaient qu’ils allaient tuer des civils innocents en même temps que leurs cibles terroristes. Et cela est déjà constitutif, au titre du droit international, du crime de guerre.
Là où cela ne s’arrange pas pour la junte militaire malienne c’est qu’on sait qu’elle refuse l’accès de Moura à la MINUSMA, même dix jours après les faits. Les militaires maliens et leurs alliés russes auraient quelque chose à cacher ils ne s’y prendraient pas autrement.
L’affaire de Moura est désormais prise très au sérieux par le communauté internationale.

Photos © ministère malien de la défense.

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5 COMMENTAIRES

  1. Peut-être une volonté de la junte militaire malienne de « terroriser les terroristes », quitte à accepter cyniquement ce type de dommages collateraux ? De la part du groupe de mercenaires russes Wagner, est-ce aussi une manière de detourner l’attention du monde entier par rapport aux événements (aussi similaires et identiques qu’analogues) perpétrés en Ukraine ?
    Venant des Russes qui sont des professionnels du billard à trois bandes, cela ne n’etonnerait pas,

    • Donc s’inféoder à la Russie et à ses mercenaires c’est obtenir selon vous une indépendance militaire ? Ça ne va pas mieux dans la tête de Mimir.

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