C’est un hélicoptère aussi légendaire que l’Aérospatiale SA.321 Super Frelon français. Ce lundi 27 juin 2022 l’Armada Española s’est séparé de ses derniers Sikorsky SH-D Sea King de facture américaine. Acquis en 1966 pour la lutte anti-sous-marine ces gros biturbines n’assuraient plus depuis 1989 que des missions de transport d’assaut et de recherches-sauvetages en mer. Ils intéressent déjà l’Argentine, un des plus importants utilisateurs à ce jour du Sea King dans le monde.

Les navires de guerre espagnoles ne vibreront donc plus au son du fameux bourdonnement sourd des deux turbines du Sea King, un des hélicoptères les plus aisément reconnaissable à l’oreille dans le monde. Presque autant que l’Alouette III. En presque six décennies les Sikorsky SH-3D ont su démontrer de l’autre côté des Pyrénées tout leur potentiel : guerriers des océans puis humbles serviteurs. En Espagne ils ont toujours eu la réputation d’être des hélicoptères rustiques, robustes, et d’un entretien mécanique et hydraulique assez simple, même en pleine mer. C’est là le secret des aéronefs d’exception

Ils ont d’abord été utilisés comme chasseurs de sous-marins soviétiques, jusqu’à la fin des années 1980. À cette époque ils furent remplacés progressivement par de flambants neufs SH-60B Seahawk du même hélicoptériste ; les Sikorsky SH-3D Sea King ont alors perdu leurs détecteurs d’anomalies magnétiques et leurs torpilles. Il fallait leur trouver un rôle nouveau, et il fut évident : la dépose de troupes et la recherche et récupération de naufragés en pleine mer. Deux rôles pour lequel ils étaient taillés sur mesure. Au fil des années les Sea King espagnols se virent dotés d’équipements spécifiques comme deux gundoors, une de chaque côté, ou encore un FLIR. Le VertRep étant une technique bien acquise des pilotes de l’aéronavale espagnole les SH-3D Sea King se muèrent dès le début du 21e siècle en véritable COD pour les porte-aéronefs de l’Armada Española.

Les arrivées entre 2020 et 2021 des Sikorsky SH-60F Sea King rachetés de seconde main auprès de l’US Navy puis des premiers NHIndustries NH-90TTH Caïman neufs ont poussé les derniers SH-3D Sea King vers la retraite. Ces deux nouveaux modèles d’hélicoptères remplissent respectivement les missions de recherches et de sauvetages au combat pour les premiers et de transport d’assaut et soutien aux forces spéciales pour les seconds. Deux modèles pour permettre de remplacer un seul, c’est aussi ça le secret du succès du Sea King : son extrême polyvalence.
Les deux derniers exemplaires encore en service ont donc quitté l’Armada Española hier à l’issue d’une cérémonie qui a ému plus d’un ancien mécano ou pilote.

Le FLIR rajouté est bien visible sur ce SH-3D Sea King espagnol, ici lors d’un exercice d’aérocordage.

D’ores et déjà les Armada Argentina et Fuerza Aérea Argentina négocient avec l’Armada Española le rachat d’une partie des Sikorsky SH-3D Sea King en question. Les trois anciens hélicoptères de veille radar SH-3AEW en sont exclus car intégrant des équipements de détection d’origine britannique ou incluant des composants britanniques. Reste à savoir le potentiel réel de ces vieux hélicoptères qui ont tous servis entre 54 et 56 ans.

Dans tous les cas c’est un hélicoptère véritablement mythique qui a tiré sa révérence chez nos voisins du sud-ouest. Le Sea King demeure une des machines les plus impressionnantes dans l’histoire des voilures tournantes.

Photos © Armada Española

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1 COMMENTAIRE

  1. La version SH-3 AEW, a aussi été retirée du service ?

    Puis normalement, il reste en service, la version H.

    Il y a plus de D d’accord, mais il reste la version H.

    Peut tu m’éclairer Arnaud, merci.

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