Le moins qu’on puisse dire c’est que depuis quelques mois l’Indian Navy fait souffler le chaud et le froid sur le contrat MRCBF. Or depuis deux jours maintenant les médias spécialisés, principalement anglophones et francophones, s’enthousiasment autour de la candidature du Dassault Aviation Rafale Marine F4. L’avion français surclasserait largement son concurrent américain Boeing F/A-18E/F Super Hornet. Ce sont notamment les essais sur le skyjump, le tremplin de porte-avions qui donneraient l’avantage à l’appareil conçu à Saint-Cloud.

En fait depuis le début de la compétition MRCBF (pour Multi-Role Carrier-Borne Fighter) la plus part des observateurs internationaux avancent que l’avion de Dassault Aviation est plus en phase avec les attentes de l’Indian Navy que celui de Boeing. Quand les médias français, pros ou amateurs, le clament cela passe évidemment pour du chauvinisme. Par contre quand leurs homologues américains, britanniques, et indiens en font de même là force est de constater que le Rafale F4 pourrait bien être supérieur au Super Hornet Block III. Ou tout le moins nettement plus adapté aux besoins indiens.

En fait depuis que l’Indian Navy a décidé de remplacer ses Mikoyan MiG-29K Fulcrum-D par des chasseurs d’origine non russe le programme a pas mal évolué. Initialement axé sur 57 avions il a depuis été ramené à 26 exemplaires suite au développement du TEDBF indigène. Malgré cette drastique baisse le MRCBF est demeuré une des compétitions les plus féroces des dernières années car elle revêt une dimension particulière : vendre des chasseurs embarqués.

Dans les faits, et les engagements et exercices récents l’ont bien démontré, le Rafale M est plus efficace dans la plus part de ses missions que le F/A-18E/F Super Hornet. Plus léger, plus manœuvrant, et disposant d’un rapport poids puissance plus intéressant l’avion français est aussi globalement moins gourmand en carburant que son concurrent américain. Et en ces temps de restriction énergétique c’est un vrai plus.
La puissance des réacteurs Safran M88 du Rafale a notamment fait la différence lors des essais comparatifs sur tremplin.

Alors bien sûr les mauvaises langues diront que la compétition aurait pris une toute autre tournure si Lockheed-Martin avait proposé son F-35C Lightning II face au Dassault Aviation Rafale M. L’avionneur américain ne l’a pas fait, et on ne saura donc jamais si le chasseur de 5e génération aurait ou non emporté le marché. Une chose est cependant quasi assurée : l’Indian Navy volera sur le même modèle de chasseur que l’Indian Air Force. Reste juste à savoir si le contrat sera signé avec la France d’ici la fin de l’année ou plus vraisemblablement en 2023.
Affaire donc à suivre.

Photo © Marine Nationale.

Publicité

20 COMMENTAIRES

  1. Hello Arnaud

    Vu également sur un autre site pour completer tes propos : l’abandon presque sur d’un porte avion catobar ou bénéfice d’un porte avion local stobar comme il existe deja; Egalement le rafale est bien plus petit que le F18 mais surtout que le mig 29 ce qui ne nécessite pas de modifier les ascenseurs des portes avions en service ce jour, Les américains ayant essayé de faire rentrer un carré dans un rond.
    Je me sers ensuite volontier de tes explications sur les données techniques qui font le reste.

    On peut également miser sur une participation hypothetique mais probable des indiens au programme scaf, du moins un client a l’export, Sachant aussi que pour les indiens, acheter du F35 veut dire aucun transfert de technologie, mise a jour des programme de vol fait de maniere confidentiel par lockeed ect ect.

  2. Pour tout contrat wait and see. Très très vrai avec l’inde.

    J’espère que le rafale qui a de nombreux atouts sera le vainqueur sortira gagnant et que le contrat ne sera pas annulé ensuite.

  3. Moi je le sens bien l’interopérabilité du Rafale et les nombreuses opérations auxquels il participe en font un candidat sérieux. Le f35 est trop récent pour l’inde qui va chercher un avion éprouvé aux coûts d’exploitation diminués par le temps.

  4. Le gros avantage du rafale M c’est la logistique et la communauté d’armements et de nacelles avec ceux de l’IAF.

    De plus en cas de mise en place d’une chaîne de production locale c’est un vrai plus en terme de nombre et de possibles technologies.

    Pour le porte avion catobar ce qui bloque de toute façon ce sont les catapultes…
    APart les US personne ne sait faire…

  5. Pourrait-on, en cas de succès, espérer une rallonge pour des Rafale M F4 pour la Marine, au moins pour compenser l’attrition ? Soit une demi-douzaine de machines.
    Ce serait – en cas de succès toujours – la deuxième vente d »appareils à voilure fixe français à l’aéronavale indienne… Il me semble qu’on avait placé des Alizée. Il y a longtemps.
    Et la première vente de chasseurs à réactions destinés à être employés sur porte-avions ? Les super-étendard argentins ayant été mis en œuvre depuis la terre.
    Un très chouette contrat s’il devait se concrétiser.

  6. Pour les catapultes, les chinois savent. Mais bon , entre du made in US avec plus de 50 ans d expériences, et du m……. in China, avec rien comme expérience, le choix est vite fait.

  7. Ça a clairement du sens d’un point logistique de continuer à miser sur le Rafale plutôt que de devoir gérer deux micro-flottes.
    Après, ce sont les US et leur gentille pression diplomatique alors tant que rien n’est signé…

  8. Du coup, puisque ça décolle STOBAR un Rafale (et à fortiori un SCAF du même constructeur) qu’est-ce qu’on se prend la tête avec un PANG Catobar dont chaque catapulte coute plus cher que le programme Griffon tout entier ?

    • Une catapulte permet de lancer un avion avec une masse beaucoup plus importante que s’il décollait avec ses propres moteurs,
      D’autre part, c’est trop tôt pour savoir si le NGF, l’avion du SCAF est STOBAR capable

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom