C’est une drôle de partie de billard à trois bandes qui se joue actuellement entre Athènes, Kyïv, et Paris. L’Ukraine a un besoin impérieux en avions de combat afin de se défendre contre l’envahisseur russe et lorgne depuis longtemps sur les Mirage 2000-5 de la Grèce. Cette dernière en a encore besoin, le temps que ses premiers F-35A Lightning II ne lui soient livrés mais reconnait que des Rafale F4 feraient parfaitement l’affaire s’ils étaient livrés en urgence afin de compenser les éventuelles livraisons à l’Ukraine. Et la France dans tout ça fait les comptes et essaye de trouver un juste équilibre entre ses deux alliés.
Selon nos différentes sources en Grèce et en Ukraine un accord serait en passe d’être trouvé afin qu’Athènes puisse fournir entre huit et douze Mirage 2000-5 d’ici à l’année prochaine. Ces avions seront d’un standard quasi identique à celui des exemplaires livrés par la France, à un détail près : ils sont nettement plus récents ! Les Mirage 2000-5 grecs ont été produits neufs, de zéro, ce qui n’est pas le cas des Mirage 2000-5 français qui sont d’anciens Mirage 2000C reconstruits par Dassault Aviation à la demande de l’Armée de l’Air.
Pour autant les Grecs n’en démordent pas : ils ne livreront rien sans la garantie de recevoir en échange entre huit et dix Rafale F4. Sauf que le carnet de commandes de l’avionneur français est archi plein, entre les Indonésiens, les Serbes, et peut-être les Indiens. Athènes devra prendre un ticket dans la file d’attente et ne recevra rien en 2027, et sûrement rien avant 2030.
Ça c’est si on conçoit que Français et Grecs en resteront au statu quo actuel. Car il existe deux options qui si elles feraient toutes deux les affaires de la Polemiki Aeroporia ne feront pas du tout celles de l’Armée de l’Air et de l’Espace.
La première, sans doute la plus intéressante pour les Grecs, serait de prélever les dits Rafale F4 sur les chaînes d’assemblage de Dassault Aviation parmi les exemplaires initialement destinés aux Français. Libre ensuite au ministère des Armées de recommander de nouveau les huit à dix avions concernés, au prix de gros retards pour les escadrilles de l’Armée de l’Air et de l’Espace. La seconde option a déjà fait ses preuves, justement avec la Grèce mais aussi avec la Croatie. Il s’agirait tout simplement de ponctionner les huit à dix avions en question dans les rangs des unités de la chasse française, d’en déposer certains équipements trop stratégiques, et ensuite de tout bonnement les refourguer aux Grecs. Avec à la clef un énorme manque à gagner sur le plan capacitaire pour nos aviateurs.

Alors et seulement alors les Grecs conviendront de livrer les huit à douze Mirage 2000-5 aux Ukrainiens. Sur le papier c’est hyper simple. Dans la réalité un tout petit peu moins…
Particularité notable à Kyïv les généraux zieutent aussi sur les Aérospatiale AS.332B Super Puma que la Grèce se prépare à retirer du service et qui seraient forts utiles comme hélicos de recherches et de sauvetages en mer. Y a pas à dire les Ukrainiens aiment le made-in France !
Affaire (évidemment) à suivre.
Photos © Armée de l’Air et de l’Espace et Polemiki Aeroporia
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2 réponses
Mouais… mais ce serait l’occasion de refourguer aux grecs des Rafales F4 issus de l’upgrade de F3R qui ne sont pas transformable en F5, à la différence des F4 produits neufs. Mais est-ce que les grecs seraient d’accord … ça j’en doute
Et un « petit » raccourci, non? Ces Rafale seraient vendus « a prix d’ami » lit-on ici et là… Et si on vendait directement avec ce prix d’ami ces quelques Rafale directement aux ukrainiens? Je suis curieux de voir comment ils les emploieraient… Ce serait un message très fort de solidarité. Et cela pourrait changer le statut du Rafale de « Combat Proven » à « Super Combat Proven-Game Changer » (ou non…). Oui je sais, même pas en rêve…