Des Rafale F3-R de l’Armée de l’Air et de l’Espace sur l’île américaine de Guam.

Habituellement Andersen AFB accueille des Boeing C-17A Globemaster III, des McDonnell-Douglas F-15E Strike Eagle, ou encore des Rockwell B-1B Lancer. Ce mercredi 28 juin 2023 ses visiteurs étaient beaucoup plus exotiques : onze avions français aux couleurs de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Et dans cette partie du Pacifique les Airbus DS A330 MRTT Phénix et A400M Atlas, et encore plus les Dassault Aviation Rafale F3-R ne passent pas inaperçus. Pour beaucoup de militaires de l’US Air Force c’était même la première fois qu’ils en voyaient !

Au cours des trois prochaines semaines les six jets de combat omnirôles, les trois ravitailleurs en vol, et les deux avions cargos vont participer à plusieurs exercices interarmes avec les forces américaines. C’est pourquoi leur présence sur l’île de Guam, et plus particulièrement à Andersen AFB semblait normale.
États-Unis et France sont deux alliés extrêmement fidèles et proches, aussi bien en Europe qu’au Proche/Moyen-Orient. En zone Asie Pacifique ils doivent réapprendre à travailler en commun, y possédant tous deux des intérêts très forts. Si la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie Française, ou encore Wallis-et-Futuna sont des territoires bien connus sous nos latitudes il en est différemment de Guam.

Il est peut-être utile de rappeler son statut international très particulier. À la différence de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie Française, et de Wallis-et-Futuna qui chez nous sont des COM (des Collectivités d’Outre-Mer) régies par l’article 74 de la constitution de 1958 l’île de Guam est un UOT (pour Unincorporated and Organized Territories) n’ayant pas le rang d’état et ne possédant aucun élu parlementaire siégeant à Washington DC. Les UOT ont en fait un statut plus proche de ce qu’étaient les colonies françaises avant 1963. Les États-Unis possèdent quatre UOT différents : l’archipel des Mariannes et Guam dans le Pacifique, et l’archipel des îles vierges et Porto Rico aux Antilles. Avec la montée en puissance de l’expansionnisme chinois mais également les gesticulations nord-coréennes Andersen AFB est actuellement une des bases de déploiement majeures de la politique américaine de défense.

Ce n’est donc pas innocent que les équipages français y soient venus dans le cadre de l’opération Pégase 2023. Les aéronefs américains avec lesquels ils vont s’entraîner au cours des prochaines semaines y seront pour certains basés.

Il est à signaler qu’avant d’impressionner les militaires américains du Pacifique les onze avions français ont déjà connu une visite de choix. De jeunes compatriotes, des élèves du lycée français de Kuala Lumpur, ont pu s’entretenir avec les femmes et les hommes de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Organisée par l’ambassade de France en Malaisie cette visite a été l’occasion pour ces filles et fils d’expatriés de mieux appréhender ce que sont un A330 MRTT, un A400M, et bien évidemment la vedette, le Rafale !

Dans l’espace aérien souverain de Malaisie les onze avions de l’Armée de l’Air et de l’Espace ont eu la possibilité d’évoluer avec des chasseurs de la TUDM, la Tentera Udara Diraja Malaysia. Voler de conserve avec à la fois des McDonnell-Douglas F/A-18D Hornet et des Sukhoi Su-30MKM Flanker-C ne doit pas arriver tous les jours pour des pilotes de Dassault Aviation Rafale F3-R français. Le kif devait d’ailleurs être partagé par leurs homologues malaisiens pour qui évoluer dans leurs propres cieux avec rien moins qu’un des deux meilleurs avions de combat de la planète est exceptionnel.

Chasseurs français et malaisiens évoluant côte à côte.

Vous l’aurez compris Pégase 2023 n’est pas uniquement une démonstration de force de la France à destination de la Chine et de la Corée du Nord. C’est aussi un formidable outil de diplomatie vers nos partenaires asiatiques et notre allié américain. Sur l’aéroport de Kuala Lumpur l’opération française a sans doute aussi été une machine à fabriquer du rêve et des souvenirs pour nos jeunes compatriotes du bout du monde. Et que dire de nos aviateurs qui peuvent voler là où l’Armée de l’Air allait si rarement. Ce que l’Armée de l’Air ne pouvait pas faire au 20e siècle l’Armée de l’Air et de l’Espace le peut au 21e. C’est aussi ça la dualité A330 MRTT et Rafale !

Photos © Ambassade de France en Malaisie & Armée de l’Air et de l’Espace.


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

16 Responses

  1. Bravo. Nos aviateurs et leurs appareils montrent le niveau des compétences de notre Armée de l’air et de l’espace. Avec les Américains, les Anglais, et un peu les Allemands, ont est bien les seuls en Europe occidentale à pouvoir se projeter aussi loin. Ce n’est pas rien.
    Donnons les moyens à nos Armées pour pouvoir continuer à assurer notre sécurité.
    La menace chinoise et russe ne sont pas à prendre à la légère.

  2. Je me pose une question ( je dois pas être le seul …) Quel intérêt d avoir un porte avions si on peut projeter une vingtaines avions ? Je dis ça je dis rien …..

    1. Quand nos 20 aéronefs sont déployés en Asie Pacifique le porte-avions peut patrouiller en Baltique face à la menace russe.
      CQFD.

      1. Absolument. Et quand le PAN est en escale technique à Toulon, la France dispose toujours d’une capacité de projection.
        N’en déplaise à certains grincheux, les pays capables de ce genre d’exercices se comptent sur les doigts d’une main.

      2. À examiner en fonction des zones de tensions. Pour autant, le porte avions en Baltique n’a pas beaucoup de sens (plein de bases alliés à proximité) Dans l’océan indien en revanche…
        Le vrai avantage du porte-avions est que l’on peut aller où on veut, pas besoin d’autorisation de survol, pas besoin de partenaires prêt à nous accueillir ou non.
        Dans les années qui viennent, ce paramètre va être critique. Nos alliés sur la route de l’Asie pourraient subir des pressions telles que l’accueil de nos avions soit impossible. (Ex: Qatar, EAU, Djibouti). D’autres puissances étendent une toile très forte, avec des moyens militaires effarants, des effectifs sérieux et un narratif pas vraiment en notre faveur. Mieux vaudrait prévoir plusieurs routes, voire plusieurs PA.

      3. Envoyer le CDG en Baltique, dans le cadre d’une opération contre la Russie, n’est pas l’idée du siècle :
        1 – La Baltique est une mer très resserrée, peu adaptée à l’emploi d’un PAN et de son escorte (surface et SNA). Et même si les russes sont capables de rater la proverbiale vache dans un couloir, le risque est trop important.
        2 – A moins que nous soyons en solo sur ce genre d’opération (ce qui serait de la folie), pourquoi se priver des bases de la bonne demi-douzaine de pays alliés bordant la baltique ?

        1. Sans rire vous vous croyez au bistrot en bas de chez vous pour nous pondre un tel com’ ? Merci d’éviter ce genre de sorties inutiles si vous ne voulez pas à l’avenir être strictement modéré.
          Premier et dernier avertissement, vous n’êtes pas ici sur un forum.

      4. Effectivement il nous faut un 2ème porte-avions pour défendre nos îles du Pacifique. Pas si fique que ça d’ailleurs. Si tu veux la paix…. mon pti gars . On a déjà pris trop de retard. ( lady vit dents de lape’ ). Ness.

        1. Serait ce possible madame ou monsieur Gougelin que vous évitiez les commentaires niveau comptoir de bistrot ? D’avance merci.

  3. Une belle démonstration de force .
    Et surtout une belle démonstration de notre capacité de projection à très longue distance .
    Les Chinois vont regarder ça de très près .
    Les Russes également.
    Ça suffit à me rendre fier .

  4. Je ne suis pas français, mais juste un voisin de votre pays passionné par l’aviation, et dont nos deux pays ont des accords aériens très important militairement. Il y a une chose qui m’a toujours choqué. Vous avez des territoires Outre-mer dans les caraïbes, dans l’océan indien et pacifique, entre autre. Mais il n’y a jamais d’appareils de combats prêt à défendre ces territoires en permanence sur place, hormis un deux appareils de transport et hélicoptères. Savez-vous pourquoi est-ce ainsi?

    1. Le temps de la puissance française avec des avions en masse sur ses lointains territoires ultra-marins est derrière nous ! (je pense à l’époque des années 60 ou l’on mettait le paquet avec des tas de chasseurs différents sur les bases du ¨Pacifique Sud des TOM, le temps ou l’armée française était de plus de 500 000 hommes)

      Les dividendes de la Paix des années 90 ont fait fondre tout cela, la menace n’existait plus le modèle Occidental semblait avoir triomphé, donc il devenait inutile d’entretenir ces bases lointaines. Il fallait aussi faire des économies …
      Les anglais faisaient pareils jusqu’à l’invasion des Malouines …ils y ont maintenant des Typhoons basés à nouveau en permanence !
      Pour la France il suffirait d’une menace sur un DOM ou TOM lointain pour à nouveau ré occuper les lieux de façon sérieuse …

  5. Oui, d’accord. Il en faudrait un 2eme. Sauf qu’il faut trouver le financement.
    Or, le ministre de la défense, Sébastien Lecornu, à bien insisté sur le fait que nous n’avons pas les moyens de nous le payer.
    Sauf, si nous options, pour la propulsion classique Diesel Électrique. Ça n’est pas dans l’air du temps ( pollution, autonomie réduite et nombreux ravitaillements à la mer).
    Bien sûr cela coûterait moins cher que la propulsion nucléaire.
    Ce qu’il faudrait surtout, ce sont des frégates FDI, de lutte anti-sous marine, de défense aérienne et ça Naval Group sait très bien le faire et en France en plus. Et, si nous avions un 4eme Porte Hélicoptère Amphibie, type Mistral, basé à Nouméa ou Papetee cela apporterait de la crédibilité, à un prix moindre qu’un 2 ème PA.
    On pourrait embarquer des hélicoptères, des éléments du COS de l’armée de terre avec leurs véhicules Scorpion, Griffon etc etc… Un couteau Suisse.

    Je crois plus à cette solution, facile d’emploi, avec des maintenances moins lourdes et longues qu’un PA.

  6. Petite remaque qui a sont importance, pour 6 Rafale projetés presque autant d’aéronef de soutiens pour les suivres, qui plus est des Rafale probablement en conf de convoyage, pour partir en exercice c’est très bien, mais pour partir au combat? Projeter des avions en trois jours, pourquoi pas, projeter des avions armés les entretenirs sur une base support equipée prends certainement plus de temps avec des bases « perdues » à l’issue d’un conflit.
    La ou le PA peux déployer 20 Rafale plus ou moins, 2 Hawkeye + le SAR (soutenu par l’AAE ) et les Pedro, certe le convoyage est plus long et le nombre de batiments suiveurs est consequent, en revanche les missions armées peuvent y être déclenchées plus rapidement. Pour moi les 2 entités sont complementaires.
    Les US la Chine et d’autres pays sont dotés ou seront dotés de GAN à l’avenir il y a certainement une raison à ça sinon pourquoi continuer a développer des PA?
    Historiquement parlant les PA ont été de tous les conflits ou presque depuis la seconde guerre, et oui idealement il faudrait 2 GAN mais ca c’est une autres histoire.

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