Le Bell MV-75 est officiellement baptisé Cheyenne II.

Il y a quelques mois ce convertiplane de nouvelle génération recevait sa désignation militaire de MV-75. Depuis ce mercredi 15 avril 2026 on sait que celui qu’on appelait jusque là Bell V-280 Valor portera le patronyme de Cheyenne II. L’US Army maintient ainsi la tradition des noms de tribus amérindiennes, celles des natifs présents en Amérique avant l’arrivée des colons européens. Cheyenne II est aussi un clin d’œil à un hélicoptère de combat… n’ayant jamais été construit en série.

Le convertiplane Bell MV-75 Cheyenne II aura une fonction particulière dans l’US Army : remplacer le mythique hélicoptère Sikorsky UH-60 Blackhawk. Ce n’est pas rien. Les premiers exemplaires sont attendus en unités au tout début de la décennie prochaine, avec une montée en puissance progressive durant quinze ans. C’est donc l’avenir proche de l’aéromobilité américaine.

Qui étaient les Cheyennes ? Nation amérindienne des Grandes Prairies (en gros au milieu des actuels Canada et USA) les Cheyennes sont aussi connus sous le nom de Tsitsistas, celui qu’ils portaient dans leur langue d’origine. Ils figurent parmi les tribus les plus célèbres au monde, notamment grâce au film que John Ford réalisa à Hollywood en 1964 autour de leur exode.

Cheyenne II indique qu’il a existé un Cheyenne comme le Globemaster III a succédé aux Globemaster et Globemaster II ou encore le Thunderbolt II au Thunderbolt. C’est là encore une tradition assez répandue au sein des forces américaines. Mais quel aéronef était ce Cheyenne ? Un convertiplane ? Un hélicoptère de transport d’assaut ? Même pas. Le Lockheed YAH-56 Cheyenne était un prototype de très ambitieux, trop sans doute, hélicoptère de combat apparu durant la guerre du Vietnam. Son échec conduisit quelques années plus tard au programme Advanced Attack Helicopter qui vit s’opposer les Bell YAH-63 King Cobra et Hughes YAH-64 Apache… la suite appartient à l’Histoire.

On remarquera le risque pris par l’US Army de nommer son futur (et premier) convertiplane opérationnel en filiation d’un hélicoptère raté. Ce n’est pas anodin. Habituellement les Américains choisissent plutôt un patronyme plus positif. On aurait pu imaginer qu’il s’appelle Iroquois II, comme un certain Iroquois également pensé et construit par Bell.

Photo © Bell Helicopter


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

4 réponses

  1. Au Canada, il serait impensable de désigner un aéronef avec un nom amérindien. Pour la secte woke, il s’agirait d’une appropriation culturelle et d’une insulte. Plusieurs équipes sportives nord-américaines, dont le nom fait référence aux amérindiens, sont d’ailleurs sous pression pour réparer cet « affront ». Personnellement, je trouve que c’est plutôt une reconnaissance honorifique à l’égard de nos concitoyens des Premières Nations. Mais bon, qui suis-je pour me prononcer, moi qui n’est qu’un boomer blanc hétérosexuel, ce qui me disqualifie d’emblée chez les wokes. Les forces armées américaines semblent plutôt du même avis que moi. Longue vie au Cheyenne !

  2. Bonjour Marcel et Arnaud, je suis wokiste intersectionnaliste quoique mâle blanc boomer cisgenre et j’aime bien Cheyenne ! Mais suis pas Canadien il est vrai, je respecterai donc la sensibilité de chacun.
    Au-delà de son nom -et, effectivement, avec ce bémol de succéder dans sa dénomination à un appareil mort-né-, et pour revenir à un point de vue plus aéronautique, je le trouve d’une magnifique élégance si je le compare au V-22. OK rien à voir en taille et en définition de mission entre les deux convertiplanes, mais je forme des voeux pour que sa fiabilité et disponibilité soient Bell et bien de meilleur aloi, en espérant vivre assez pour le voir voler – au Bourget 2027…2029…2031 ?
    Amitié aéronautique à la Communauté Avions Légendaires, continuez à nous régaler !

  3. Le Lockheed YAH-56 Cheyenne était un prototype si ambitieux, qu’il se dit que l’US Air Force, à l’époque, en a pris ombrage et n’a pas été si malheureuse de voir le projet arrêté.

    Le « message » de l’US Army est peut-être une réponse à cela.

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