Le Sukhoi Su-75 Checkmate en quête… d’acheteurs.

Alors que son premier vol est toujours annoncé pour les prochaines semaines le chasseur léger de 5ème génération peine toujours à convaincre de potentiels pays utilisateurs. Et ce début d’année 2026 n’a vraiment pas arrangé les choses, fermant la porte du Venezuela jusque là client annoncé de ce Sukhoi Su-75 Checkmate. La Russie tente donc de se recentrer sur ses clients traditionnels comme l’Algérie, l’Inde, et l’Iran ; ce qui est actuellement loin d’être gagné pour ce dernier. Sauf que voilà la concurrence est rude…

En 2026 peut-être plus encore que les années précédentes le marché des avions de combat est hyper tendu.
En quelques mois la politique néo-impérialiste de Donald Trump a largement rebattu les cartes pour l’avionneur Sukhoi qui en début d’année a perdu le Venezuela et ne peut plus compter sur l’Iran à courte ou moyenne échéance.
Le pays d’Amérique du Sud, client traditionnel du constructeur russe, a accepté les désidératas trumpiens visant à les sortir de la sphère d’influence de Moscou, par la force ! Maduro déposé et enchaîné aux USA la présidente intérimaire vénézuélienne sait qu’elle n’a pas intérêt à acheter du matériel russe. D’autant que son pétrole est désormais aux mains des États-Unis. Le Su-75 Checkmate a donc perdu un de ses clients initiaux.

Est-ce vraiment mieux du côté de l’Iran ? Théoriquement cela aurait dû être le cas. Sauf que le pays est désormais empêtré dans un conflit ouvert avec les États-Unis autours à la fois de son stock d’uranium enrichi mais aussi depuis quelques semaines maintenant de sa capacité à fermer le robinet d’arrivée de l’or noir en verrouillant le très stratégique détroit d’Ormuz. La majorité des infrastructures militaires majeures en Iran ont été bombardées par les Américains et les Israéliens depuis la fin février. De nombreuses bases aériennes ont été détruites et les stocks de missiles balistiques et de munitions rodeuses de la république islamique ont fondu comme neige au soleil. Là encore le Su-75 Checkmate n’est plus du tout une priorité pour les Iraniens qui ont besoin d’équipement existant réellement.

Alors bien sûr il reste l’Algérie ! C’est le client le plus fidèle de la Russie de Vladimir Poutine. Celui qui ne lui fera jamais défaut. Sauf que sur ce coup là c’est loin d’être assuré. Car si les généraux algériens ne tarissent pas d’éloges aux Su-34 Fullback et Su-57 Felon, dont ils sont le client export de lancement, ils savent être nettement plus prudents vis-à-vis de ce Su-75 Checkmate dont on ne sait pas grand-chose en réalité. L’Algérie ne s’est d’ailleurs pas placé, que ce soit officiellement ou officieusement, comme cliente potentielle de ce nouveau chasseur furtif.

Souhaitant sans doute ménager la chèvre et le chou les Émirats Arabes Unis avaient annoncé fin 2024 s’intéresser de près à lui. Une manière pour les Émiratis en se mettant la Russie dans la poche de garder l’encombrant voisin iranien à bonne distance. Sauf que durant plus d’un mois le pays s’est pris en pleine poire les Shahed 136 et autres missiles tirés par la république islamique et n’a d’un seul coup plus du tout envie de la satisfaire. Aux EAU le Su-75 Checkmate est même devenu le symbole d’une politique diplomatique parfois jugée trop timorée vis-à-vis de l’Iran via la Russie.

Oui en ce mois d’avril 2026 les clients potentiels du Sukhoi Su-75 Checkmate ne se bousculent plus au portillon. Officiellement Moscou croit en les chances de son avion furtif auprès de l’Inde. Cependant cette dernière n’a jamais caché lui préférer le Dassault Aviation Rafale F4 français tout en continuant de développer son AMCA, l’Advanced Medium Combat Aircraft indigène. Un AMCA qui est clairement annoncé comme concurrent direct du Su-75 Checkmate et pour lequel les Indiens ont signé des partenariats industriels avec… la France.

Surtout le Sukhoi Su-75 Checkmate doit désormais jouer sur un marché où la concurrence est rude. On passera outre le champion incontesté des avions furtifs, j’ai nommé le Lockheed-Martin F-35A/B Lightning II américain, pour se concentrer sur le KAI KF-21 Boramae sud-coréen et le TAI TF Kaan turc. Même les Chinois ne comptent pas faire tapisserie avec leur ambitieux Shenyang J-35. Ces trois avions comptent bien pourrir le marché au Su-75 Checkmate, notamment auprès des clients non alignés.
Bon sinon Vladimir Poutine pourra toujours compté sur son très très fidèle allié, le «général» Assimi Goïta au Mali…

Affaire à suivre.

Photo © UAC


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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