La diable se cache dans les détails dit l’adage ; si tel est le cas les Indiens sont les champions du monde quand il s’agit de le débusquer et de le tirer par la queue. Après plusieurs mois de négociations intensives tous les voyants sont au vert fluo pour une signature du contrat indien autour des cent quatorze Dassault Aviation Rafale F4. Les dernières pierres d’achoppement, notamment autour de l’avionique et de l’armement, semblent appartenir au passé. Dans le même temps le gouvernement indien veut absolument que tout soit ratifié avant les changements à la tête de la République Française en mai prochain.
Depuis la fin de la semaine dernière les médias indiens spécialisés défense et finance en sont persuadés : la signature du contrat aura bien lieu en 2026. Dans le même temps ils annoncent qu’elle sera plus probablement en décembre qu’en novembre et pourrait même intervenir à l’occasion d’une rencontre entre le Président de la République Française Emmanuel Macron et Premier Ministre de l’Inde Narendra Modi. Les relations entre les deux hommes sont au beau fixe ; la confiance étant essentielle dans ce genre de contrat.
Paris et New Delhi seraient donc tombés d’accord sur les derniers points chauds autour desquels figuraient des dissensions. On parle ici bien entendu des fameux «codes sources» qui permettraient aux Indiens d’accéder directement au radar Thales RBE2, à l’unité de traitement modulaire aussi connue comme MDPU, et surtout à la chaîne de guerre électronique SPECTRA le tout sans avoir dans le futur à demander la permission à Dassault Aviation. L’Indian Air Force pourrait ainsi à sa guise réaliser des mises à jours de ses avions.
Jusque là c’était la chasse gardée de l’avionneur clodoaldien, sur laquelle il refusait toute concession.
Sauf que la situation de Dassault Aviation a changé. Et ça nos partenaires indiens l’ont bien compris. Le constructeur tricolore a impérativement besoin de cette grosse commande pour son avenir et notamment pour le développement de son Avion de Combat du Futur. Sans les milliards d’euros générés par le contrat des cent quatorze Rafale F4 à destination l’Inde le financement de cet avion de combat annoncé de 6ème génération risque d’être beaucoup plus rude. Dassault Aviation doit donc mettre de l’eau dans son vin et céder là où jusqu’à présent ses dirigeants étaient inflexibles. Car une menace rôde : que l’Indian Air Force choisisse d’aller voir ailleurs.
Dans le même temps les médias indiens annoncent que Dassault Aviation aurait déjà cédé autour de la vente des Rafale M : ils pourront emporter et tirer le missile indo-russe BrahMos-NG en lieu et place des dernières évolutions de l’AM-39 Exocet français.
Vous l’aurez compris, au cas où cela n’aurait pas déjà été le cas, les Indiens sont de rudes négociateurs. Là où ils sont intéressants c’est qu’à la fin ils signent. Même si pour cela il faut que les barres aient été mises au T et que les points soient bien tous placés sur les I. Là et alors seulement là ils signent et payent. Et à la fin c’est la France qui gagne. Le contrat des cent quatorze Rafale F4 est annoncé, selon de nombreux économistes, comme capable de faire gagner entre 0,5 et 0,8% de PIB à lui tout seul à notre économie.
Affaire à suivre
Photo © Armée de l’Air et de l’Espace
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