FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Dornier Do 328
Constructeur : Dornier-Werke GmbH
Désignation : Do 328
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : Do 328 AeroRescue, Do 328 HPT, C-146A Wolfhound.
Mise en service : 1993
Pays d'origine : Allemagne
Catégorie : Avions de transport
Rôle et missions : Avion de lignes régionales, transport tactique, soutien aux opérations spéciales, reconnaissance côtière, sauvetage hauturier.

HISTOIRE

Dornier Do 328 :
Le déclin d'un avionneur mythique”

Peu de constructeurs ont autant marqué l’histoire aéronautique que Dornier. L’entreprise allemande a commencé à construire ses premiers avions durant la Première Guerre mondiale sous la raison sociale de Zeppelin-Lindau. Mais c’est véritablement le conflit planétaire suivant qui le hissa au rang d’avionneur légendaire grâce à des machines comme l’hydravion Do 18, le chasseur de nuit Do 217, ou encore l’intercepteur Do 335. Les années d’après-guerre lui permirent de revenir sur le devant de la scène mais les années 1980-1990 signèrent la fin de son aventure technologique au travers d’un avion bien conçu mais arrivé sur un marché totalement saturé : le Do 328.

C’est en 1987 que l’avionneur Dornier a décidé de se lancer dans le développement d’un avion de ligne régionale prévu pour accueillir trente passagers sur une distance maximale de 1350 kilomètres. Le constructeur compte alors s’appuyer sur l’expérience acquise quelques années plus tôt avec le Do 228 tout en faisant fructifier ses études aéronautiques autours des voilures. Huit ans plus tôt le constructeur avait en effet fait voler son TNT, un banc d’essais permettant de valider le concept Tragflügel Neuer Technologien autour d’une voilure de nouvelle génération.

Comme beaucoup d’autres avionneurs Dornier rêve alors de donner un successeur au Fokker F.27 Friendship néerlandais qui commence sérieusement à dater. Malheureusement pour l’industriel allemand l’avion hollandais à succès est bien plus gros que son projet et a déjà un successeur désigné : le Fokker 50. Sans compter le consortium franco-italien ATR et son ATR 42 qui commence à sérieusement s’implanter sur le marché. Pour autant Dornier poursuit le développement de celui qui désormais s’appelle Do 328 marquant ainsi une véritable filiation avec les Do 28 et Do 228 à succès.

L’assemblage du prototype Do 328 débute chez Dornier en mars 1990. Outre donc la voilure TNT l’avion reprend les grands principes qui ont fait le succès du Do 228 mais en agrandissant l’avion. La motorisation est confiée à Pratt & Whitney Canada au travers de son turbopropulseur PW119A d’une puissance nominale de 1815 chevaux entraînant une hélice en métal et composites à six pales. Se basant sur les principes qui ont fait le succès alors grandissant du programme Airbus l’avionneur allemand a fait fabriquer des éléments comme les portes, des tronçons de fuselage, ou encore une partie de l’empennage à l’étranger via les sociétés italiennes Aermacchi et sud-coréennes Daewoo Heavy Industries.
Le fuselage justement est le fruit de calculs réalisés par ordinateurs, un procédé encore réservé à l’époque aux grands avionneurs. Le résultat est la conception d’une section circulaire appelée NRT, pour Neue Rumpf Technologien. Finalement le prototype début ses essais de roulage en septembre 1991.
C’est sous l’immatriculation civile allemande D-CHIC que le Do 328 réalise son premier vol le 6 décembre 1991.

Les essais en vol de l’avion ne sont pas un long fleuve tranquille. Le 14 décembre 1992 alors que la certification américaine et allemande est attendue un grave incident a lieu en plein vol. La tête du turbopropulseur gauche se détache arrachant les six pales. Deux d’entre-elles viennent déchiqueter une partie du fuselage du Dornier Do 328. Fort heureusement l’équipage réussit à ramener l’avion à bon port sans se crasher. Mais le mal est fait les compagnies aériennes un temps très intéressées par ce nouvel avion commencent à s’en éloigner.
Finalement la certification de l’avion intervient en septembre 1993. Quelques mois plus tôt le 23 janvier 1993 le premier avion de présérie Do 328-100 avait volé à son tour.

Les premiers clients du Dornier Do 328 sont des compagnies aériennes de seconde zone, ou bien les branches régionales de grandes compagnies aériennes. Aux États-Unis la compagnie aérienne Horizon Air spécialisée dans les vols régionaux sur la côte ouest revoit sa commande ferme d’origine de trente-cinq machines à seulement douze. L’épisode de l’incident en vol est passé par là ainsi que l’arrivée de nouveaux avions sur le marché comme le De Havilland Canada Dash 8 bien plus économique.

Mais surtout Dornier peine à vendre son avion sur le marché étatique. La Luftwaffe refuse de le commander, préférant conserver ses Let L-410UVP d’origine est-allemande. Des approches sont faites avec l’Autriche, la France, le Royaume-Uni. Elles se révèlent toutes totalement infructueuses. En 1995 l’aviation civile allemande récupère le Do 328-100 de présérie pour des essais en vol.
À la même époque Dornier développe une version de reconnaissance côtière et de sauvetage hauturier sous la désignation Do 328 AeroRescue.

Finalement en 2000 quand la production s’arrête le Dornier Do 328 n’a été produit qu’à 105 exemplaires de série et six prototypes et avions de préséries. L’un d’entre-eux est le très ambitieux Do 328 HPT, pour Hydrogen Power Testbed. Il a été initié en 1996 avec l’aide du groupe DASA. N’ayant malheureusement jamais volé il s’agit d’un avion construit spécialement pour tester une motorisation dans lequel le carburant traditionnel est remplacé par de l’hydrogène. Le Do 328 HPT est finalement retransformé en avion standard et livré à DASA comme avion de servitude en 1998.

En 1996 Dornier fait une première percée dans le domaine militaire en livrant six Do 328-120 au ministère colombien de la défense. Ces avions sont alors optimisés avec des capacités accrues de décollages et d’atterrissages courts. Pour autant ils ne sont pas livrés aux formes aériennes ou armées colombiennes mais à la SATENA. Il s’agit d’un transporteur relevant du ministère de la défense et assurant des missions à la fois civiles et militaires, avec une livrée chatoyante digne de n’importe quelle compagnie aérienne.
Par contre ces avions disposent d’un code tactique sous l’empennage.

C’est en 1998 qu’est entré en service le premier véritable Dornier Do 328 militaire. Il a été vendu au Botsawana comme avion de transport tactique et de soutien opérationnel. L’avion conserve une livrée civile rehaussé des marquages de nationalité de ce pays africain. Durant longtemps il aura été le seul Do 328 militaire.
Cependant cela change en 2010 quand la société américaine Sierra Nevada Corporation racheta un total de dix-sept avions auprès de plusieurs compagnies aériennes. Pour le compte du Pentagone elle les révise en profondeur et les transforme pour le soutien aux opérations spéciales et aux missions clandestines.

L’année suivante ces avions entrent en service au sein de l’US Air Force et de l’US Special Opérations Command sous la désignation de Dornier C-146A Wolfhound. Bien plus que de simples avions de transport et de liaisons ce sont aussi des postes de commandement aéroporté, et selon les dires de certains experts ils seraient aptes aux missions de guerre électronique. Par contre pas la moindre livrée militaire à chercher chez eux, les C-146A Wolfhound ressemblent à des avions civils lambdas avec leur élégante livrée blanche aux bandes deux tons de bleus. Seuls les codes tactiques et quelques antennes trahissent leurs missions guerrières. À partir de 2018 ils remplacent les PZL C-145A Skytruck d’origine polonaise. En janvier 2020 un de ces Dornier C-146A a d’ailleurs été perdu dans une attaque terroriste contre une base américaine au Kenya.

Il est à signaler que l’avion de reconnaissance et de sauvetage Do 328 AeroRescue de présérie a été vendu à l’autorité australienne de sécurité maritime en 2005. Par la suite un accord a été trouvé avec le groupe américain Fairchild ayant repris les actifs de Dornier afin que quatre Do 328-100 de seconde main soient modifiés au standard AeroRescue entre 2006 et 2007. Ces avions sont reconnaissables à leur livrée orange et blanche.

Sans être un avion raté le Dornier Do 328 est un appareil pensé sans prendre en compte les réalité d’un marché civil du transport régional pour lequel il n’était pas correctement dimensionner. Trop grand pour concurrencer les avions de 15/20 places et trop petit pour faire face à ceux de 40/50 places, tel était le vrai souci de l’avion. Son échec sur le marché militaire résulte aussi de son incapacité à être adapté aux marchés.
Le Do 328 a donné naissance à un jet de transport léger : le Fairchild 328Jet.
Le Do 328 fut le dernier avion conçu par Dornier !

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Dornier Do 328-120
Envergure : 20.98 m
Longueur : 21.22 m
Hauteur : 7.05 m
Motorisation : 2 turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PW119A-1
Puissance totale : 2 x 2180 ch.
Armement :
Charge utile : 3450kg de fret ou 33 passagers
Poids en charge : 12500 kg
Vitesse max. : 640 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 9450 m
Distance max. : 1550 Km à masse maximale.
Equipage : 3
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Dornier Do 328

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Dornier Do 328

VIDÉO

Démonstration au Bourget du Dornier Do 328 AeroRescue.