Nous sommes à pile-poil deux mois de l’ouverture au public de la grand-messe hexagonale de l’industrie aéronautique. Et désormais une question semble sur les lèvres de beaucoup d’aérophiles : quel avion sera mis en vedette ? Entre les habitués et les nouveaux venus c’est une édition 2019 qui devra aussi composer avec les questionnements que de la société se posent actuellement sur l’aviation. Et forcément l’ombre du scandale des Boeing 737 Max ne sera pas loin.

Car depuis quelques semaines maintenant les politiques français, mais avant eux plusieurs dizaines d’associations de défense de l’environnement et même le mouvement de contestation des gilets jaunes, se sont saisis d’une question particulière liée à l’aviation civile : la taxation des carburants pour aéronefs. Beaucoup y voient une manne qui permettrait de financer en partie la transition énergétique, alors que depuis 1945 les carburants-aviations et notamment le carburéacteur sont défiscalisés. À n’en pas douter le sujet sera souvent débattu dans les allées du salon, et parfois avec force de convictions, d’arguments, et parfois sans doute de mauvaise foi.

Pour autant la majorité des passionnés d’aviation se posent une question essentielle : quel avion volera la vedette aux autres ? Alors nous le savons depuis quelques semaines et la présentation de l’affiche officielle le GIFAS va encore mettre en avant son très cher Dassault Aviation Rafale. Mais le biréacteur pensé à Saint-Cloud et construit à Mérignac sera tout sauf inattendu, tant il est commun sur le tarmac et dans le ciel du Bourget.
Du coup passons en revue deux types d’aéronefs : les avions de combat et les avions de ligne. L’aviation de tourisme, les drones, et les hélicoptères sont volontairement laissés de côtés car ils n’ont jamais réussi à apporter «la» vedette d’une seule édition.

Niveau avion de combat nous pourrions bien découvrir les prémices d’un combat commercial tournant autour de la furtivité. D’un côté du ring les Américains et de l’autre les Russes avec respectivement le Lockheed-Martin F-35 Lightning II et le Sukhoi Su-57. Si la venue du premier, présent dans le ciel mais pas en statique il y a deux ans, est assurée à 95% celle du second ressemble beaucoup à une rumeur… des plus insistantes. Et à n’en pas douter les deux pays sauront mettre dans le poste de pilotage leurs meilleurs éléments.
Une présentation au sol et dans les airs permettrait à coup sûr de rafraichir un peu l’image de ces deux avions si souvent ternie par leurs retards respectifs. Et à ce petit jeu l’avion russe n’a rien à envier à son homologue américain.

Quasiment aucune chance en revanche de voir le prototype d’un avion de combat furtif chinois, ils n’ont déjà pas l’habitude d’amener leurs appareils lorsqu’ils sont opérationnels alors en cours de développement, n’en parlons pas. Quand à l’Eurofighter Typhoon il souffrira du même mal que le Rafale : une très grosse impression d’une énième rediffusion du même épisode !

Concernant l’aviation commerciale bien entendu Boeing ne risque pas d’être en vedette, mais plutôt sous le feu des critiques. Et pas forcément des plus fondées. À l’heure des réseaux sociaux et de la multiplication des «experts aéronautiques» en tous genres chacun ira de son avis, forcément meilleur et plus éclairé que celui du voisin, pour dégommer l’avionneur de Seattle et son 737. En oubliant ou en ignorant tout ce que ce biréacteur a su apporter par le passé à l’aviation commerciale et qui n’a rien à voir avec les deux drames récents.

Alors le combat sera plutôt à chercher entre Airbus et Embraer. Le premier présentera son presque nouvel A220 tandis que le second alignera forcément son E195-E2. Une bataille autour des petits biréacteurs court-moyen courrier qui permettra peut-être de faire oublier le fiasco de l’A380. Les avionneurs russes et ukrainiens pourraient bien eux-aussi essayer de leur voler la vedette mais sans grand succès à mon avis.

Nous aurons le temps d’ici deux mois d’y revenir mais à coup sûr ce ne sera pas le Salon du Bourget le plus flamboyant de tous les temps. Le monde aéronautique est dans la tourmente, et notamment en Europe. Et depuis longtemps le Bourget n’est plus un fête mais un grand marché avant-tout réservé aux professionnels et éventuellement à la fin ouvert au grand public, à condition que celui-ci paye le prix fort. Il n’y a pas de petits profits après tout pour les financiers du GIFAS.

Photo © US Navy.

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3 COMMENTAIRES

  1. Le SU-57 au Bourget je sais pas pourquoi mais j’y crois pas une seule seconde. Les russes vont encore se débiner ou bien l’avion sera parti après les journées professionnelles.

    • Les avions « partis » avant la fin du salon c’est autre chose, mais c’est en effet plus fréquent que les organisateurs n’aimeraient le reconnaître.

  2. Peut-être qu’ils se débineront on verra. Si le Su-57 fait une démo comme ici au MAKS 2015 https://www.youtube.com/watch?v=47YW7IMl9Og ce sera intéressant d’avoir l’avis des experts. Je trouve qu’on a tort de pousser les russes dans les bras des chinois. Ils pourraient finir par développer et produire des réactions d’avions modernes dignes de ce nom, sans parler du reste.

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