Alors que l’époque serait plutôt aux ultramodernes avions sans pilote les décideurs américains ont fait le choix d’envoyer sur place un de leurs derniers reliquats de la guerre froide. Ce vendredi 12 avril 2019 un avion-espion Lockheed U-2S a quitté les États-Unis afin de rejoindre le territoire japonais et participer aux recherches du pilote de F-35A Lightning II perdus dans le Pacifique. Le vénérable monoréacteur doit surtout permettre de repérer les plus petits débris de l’avion furtif. Il s’agit d’une véritable course contre la montre, le Pentagone voyant d’un mauvais œil que Chinois ou Russes puissent récupérer des éléments de cet avion dernier cri.

Déjà l’US Navy avait déployé ce mercredi 10 avril un navire de guerre, le destroyer USS Stethem embarquant deux hélicoptères Sikorsky MH-60R Seahawk, ainsi qu’un avion de patrouille maritime Boeing P-8A Poseidon. Ils prêtent main forte aux gardes-côtes et militaires nippons. La récupération du F-35A japonais perdu en mer et de son pilote est une véritable priorité pour les autorités fédérales américaines.
Il faut dire que la menace que tout ou partie de l’avion furtif de dernière génération ne tombe entre les mains des forces chinoises et/ou russes n’est pas du tout prise à la légère. Même fortement endommagé ou partiellement détruit un tel avion serait une aubaine pour les industries aéronautiques de ces deux pays.

Or aujourd’hui les chances de retrouver vivant le major Akinori Hosomi sont quasi nulles. Quatre jours après le drame il n’existe presque aucune possibilité que le pilote du Lockheed-Martin F-35A Lightning II ait survécu et ne soit pas décédé depuis. L’urgence de l’opération est donc désormais de repérer et si possible de récupérer les débris de l’avion. Et pour cela on peut dire que les Américains ont mis les petits plats dans les grands en déployant rien moins que leur meilleur et sans doute leur plus redoutable avion-espion : le Lockheed U-2S Dragon Lady.

Ce véritable reliquat de la guerre froide survolait jadis quotidiennement l’URSS au nez et à la barbe des militaires ennemis. Jusqu’à ce funèbre 1er mai 1960 où Gary Powers fut descendu par un missile anti-aérien puis capturé et torturé par les forces soviétiques. Il fut ensuite échangé contre un espion capturé par le FBI. On aurait alors pu croire à la fin de carrière de ce gros monoréacteur.
Près de soixante ans plus tard il continue de jouer sa partition favorite : tenter d’empêcher les Chinois et Russes de nuire aux intérêts américains. Et donc le Lockheed U-2 en question sillonnent les cieux du Pacifique nord à la recherche de morceaux de l’avion furtifs. Beaucoup sont censés flotter entre deux eaux.

C’est sur la base japonaise de Misawa, la plus proche de la zone présumé où le F-35A Lightning II s’est abîmé, que l’avion-espion a été déployé. Ses vols de reconnaissance doivent avoir lieu autant de jour que de nuit. Une équipe de soutien l’a suivi à bord d’un avion-cargo Boeing C-17A Globemaster III. Il est vraisemblable que plusieurs pilotes aient fait le déplacement jusqu’au Japon.

Photo © US Air Force.

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6 COMMENTAIRES

  1. A propos de la guerre froide et du U2, voir ou revoir l’excellent film : Le pont des espions.
    (James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.)

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