En langage courant on appelle cela avoir des petits bras, manquer d’ambition ! L’US Department of Defense vient d’annoncer que finalement il ne commandera guère plus de dix avions légers d’attaque à turbopropulsion de types A-29B Super Tucano et AT-6B Wolverine. Initialement c’était au moins une centaine de ces deux modèles qui devaient servir dans l’US Air Force afin de soutenir les forces spéciales américaines. Un revirement qui en dit long sur l’état réel de la défense des États-Unis, incapable désormais de se réformer sur le long terme.

Très honnêtement le programme OA-X était sans doute un des dispositifs les plus novateurs de la défense américaine depuis des décennies. L’idée d’avoir recours à des avions légers d’appui aérien rapproché et d’observation tous-temps en complément des drones de combat et des hélicoptères d’attaque était vraiment très intéressante. Elle démontrait un pragmatisme que l’on pensait disparu aux États-Unis depuis les années 1980 et la fin du programme de développement des premiers avions furtifs.

Et là patatras le Pentagone fait volte-face en annonçant à peine une dizaine d’avions. Non pas une dizaine par modèle, mais en tout et pour tout. Peut-être une douzaine, si vraiment les constructeurs insistent. Mais pas plus. Dix à douze avions répartis entre l’Embraer A-29B Super Tucano et le Beechcraft AT-6B Wolverine, ça fait vraiment très très peu ! Surtout on a de quoi être dépité chez les deux avionneurs qui pensaient sans doute avoir touché le jackpot en éliminant logiquement leurs adversaires.

Au plus fort du programme les généraux américains laissaient sous-entendre que les forces spéciales américaines pourraient espérer posséder une centaine d’avions. Des machines que l’on imaginait alors comme des équivalents monomoteurs des On Mark B-26K ou des North American OV-10D pour le 21ème siècle, capables d’opérer par tous les temps en appui des commandos. La réalité sera bien différente.
C’est une douche froide, glaciale même pour les deux avionneurs.

Si le Super Tucano est d’ores et déjà un succès à l’export et n’a donc nullement besoin des Américains pour bien se vendre, il en est différemment de Beechcraft et de son AT-6B Wolverine. Va t-il être développé plus avant ? C’est la grande inconnue.
Seul l’avenir nous le dira.

Photo © Beechcraft.

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