Nouveau coup de théâtre dans l’interminable saga du remplacement des vénérables CF-188 Hornet de l’Aviation royale canadienne (ARC). Sous le couvert de l’anonymat, des sources gouvernementales et industrielles indiquent que l’échec de qualification finale du Super Hornet Block III au concours de sélection a été officieusement signifié à Boeing le 24 novembre dernier. Un porte-parole de Boeing a déclaré que la société réserverait ses commentaires en attendant une notification officielle du gouvernement canadien.

CF-188 Hornet

Si avérée, cette nouvelle surprend plusieurs analystes car le Super Hornet était considéré le choix logique pour succéder aux CF-188 Hornet qui ont si bien servis l’ARC. Il s’agit d’un second revers pour Boeing Defense, Space & Security au Canada en moins d’un an. Rappelons la disqualification du KC-46 Pegasus et la pré-sélection du A330 MRTT pour le remplacement des CC-150 Polaris de l’ARC. Parions toutefois que la réaction de Boeing sera mesurée, car d’autres contrats militaires canadiens sont dans la mire de l’entreprise.

Suite à son attaque en règle contre le programme CSeries de Bombardier, avec la complicité de l’administration Trump, Boeing a bien du mal à redorer son image au Canada. Ce différend commercial avait finalement poussé le CSeries dans les bras d’Airbus. Dans le processus d’appels d’offres pour l’acquisition de matériel militaire, le Canada avait ajouté ce que certains nomment la « clause Boeing » qui permet de rejeter la proposition d’entreprises qui ont des pratiques pouvant nuire aux intérêts économiques du Canada. Malgré une offensive de charme de Boeing faisant miroiter d’importantes retombées pour l’industrie aéronautique canadienne advenant la sélection du Super Hornet, on ignore pour l’instant si la « clause Boeing » a jouée en sa défaveur.

Restent donc en lice seulement deux candidats, soit le Lockheed Martin F-35A Lightning II et le Saab JAS 39 Gripen E/F. La décision finale du Canada est attendue en 2022. Advenant qu’à la surprise générale le Gripen remporte le concours, la société Dassault avec son Rafale pourrait bien se mordre les doigts d’avoir abandonné la course dès les premières étapes prétextant que les exigences canadiennes étaient pipés en faveur des rivaux américains. Dans le contexte du NORAD, le pacte canado-américain de défense de l’espace aérien de l’Amérique du Nord, l’interopérabilité des avions de combat canadiens et américains est évidemment un prérequis. Toutefois, la Suède qui n’est pourtant pas membre de l’OTAN, et encore moins du NORAD, semble avoir respecté ce critère puisque le Gripen est toujours dans la course.

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9 COMMENTAIRES

  1. Le JAS 39 Gripen sous couleurs canadiennes ? Impossible mon cher Marcel, tu imagines vraiment Washington vous autoriser à acheter autre chose qu’américain ? Soyons sérieux vous êtes leur chasse gardée !

    • J’étais de ceux qui croyaient que le Super Hornet allait remporter la mise. Force est d’admettre que le F-35 risque fort d’être choisi, malgré les réserves initiales exprimées par le gouvernement Trudeau face à cet avion qui n’a pas encore résolu tous ses problèmes de jeunesse et dont les coûts d’opération sont près du double de ceux du Super Hornet et du Gripen. Face au protectionnisme de l’administration Biden, même à l’égard du Canada, cette annonce a toutes les allures d’un coup de semonce. Je serais agréablement surpris que le Gripen soit choisi, mais ma préférence était des Rafale sous cocarde canadienne ;-).

  2. Arnaud si le grippen est finalement choisi ça aura l’effet d’une bombe sur le f-35 et changera l’idée que le Canada est la chasse gardé des américains. Mais rien n’est joué encore ainsi plusieur vois encore le f-35 comme le choix ultime dont les militaires

  3. Canada égal « five eyes » mais le Grippen est compatible avec les armes US car en cours de programme, les.pultiples dificultés.ont amené les Suédois à quérir l’aide.des anglo saxons.
    Aussi le moteur reste dans la famille des Hornets et le système d’armes est compatible avec les AIM 120.
    Le dernier point est aussi très important : le Grippen Evest assuré d’être suivi dans sa carrière car il passe de mini chasseur à vrai avion, qu’il servira au Brésil et Suède. Le Super Hornet se paye maintenant une réputation de boulet. Il faut dire que pour croire en Boeing, il faut avoir des tripes, et le salon aux EAU montre que peu de monde à de l’estomac.
    Encore une affaire à suivre.

  4. Bonjour,
    on constate que les deux derniers avions en lice sont des bi-moteur qui est, comme nous le savons, tous un gage de sécurité, en particulier pour un paye grand comme le Canada.

  5. Bonjour,
    Vous avez refusé de publier mon dernier message alors que celui ci ne consistait qu’a emetre un avis critique. N’ayant pas d’autre moyen de communiquer j’utilise cette boite de dialogue. Je trouve dommage d’appliquer une moderation si restrictive alors que ce n’etait qu’un avis critique par rapport au F35. Il n’y avait ni animositer personel ni insulte ou quoi que ce soit d’autre dans ce genre contrairement a bien d’autres messages. Pour aller regulierement sur opex360 je sais de quel teneur ils peuvent etre et c’est totalement inaxeptable, vous avez tout mon soutient. Mais sensurer des avis critiques ne me semble pas tres opportun. Certe c’est votre blogue mais l’ambition n’est alle pas justement d’échanger sur tel ou tel sujet ? Je vais reposte rmon message en esperant que vous compreniez mes arguments.
    Bien cordialement
    Quentin

  6. J’étais aussi persuadé que le Super Hornet allait l’emporter. Il parait évident que le choix du Canada ira toujours sur les avions du puissant voisin.
    Mais que l’un des plus grands pays du monde choisisse un mono-réacteur comme principal avion de chasse… là je pense qu’ils font une erreur monumentale. Surtout vu la fragilité du moteur actuel.

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