C’est une grande première pour le groupe européen Airbus ! Sa branche voilure tournante a remporté ce mercredi 29 janvier 2020 un contrat, certes modeste mais emblématique, avec l’administration américaine. Airbus Helicopters fournira en effet entre cette année et l’année prochaine trois hélicoptères biturbines H135 destinés à la prestigieuse NASA*, l’agence spatiale des États-Unis. Ces hélicoptères seront basés au centre spatial Wallops dans le comté d’Accomack en Virginie.

L’heure de la retraite a donc sonné par les quatre Bell UH-1H Iroquois encore en dotation dans les rangs de la NASA. C’est eux que les trois Airbus Helicopters H135 remplaceront. Les deux premiers seront livrés cet été tandis que le troisième arrivera en unité en début d’année prochaine.
Et la succession des Huey ne sera pas évidente pour ces trois machines européennes. Car les fameux hélicoptères monoturbines blancs et bleus ont largement marqué l’histoire aéronautique autant que l’aventure spatiale américaine.

Ils sont en service depuis près de cinquante ans, étant entrés en service en septembre 1970. Et contrairement à une idée reçue ce ne sont pas de vrais hélicoptères militaires, la preuve ils ont une immatriculation civile. Ils ont été achetés au départ comme des Bell 205, c’est à dire la version civile de l’Iroquois alors largement en service dans l’US Army. Ce n’est qu’au gré de leurs modernisations successives qu’ils se sont mués en Bell UH-1H. Au point d’être aujourd’hui bien plus évolués que la majorité des Huey monoturbines en service dans le monde. Ils disposent notamment d’un FLIR couplé à une caméra thermique, d’un poste de tir (amovible) pour tireur d’élite, d’un radar cartographique, ou encore d’une capacité de vol sous jumelles à vision nocturne.

Il faut dire que leurs missions sont multiples. On pourrait presque voir en eux des couteaux suisses volants. Ils assurent bien évidemment les liaisons aériennes pour les personnels de la NASA mais également les évacuations sanitaires. Les Huey sécurisent également les lancements de fusées ou les vols d’essais d’avions expérimentaux, emportant alors un voire deux snipers à leur bord. Ils peuvent également soutenir les actions antiterroristes à l’intérieur des enceintes de leur administration.
Historiquement les Bell UH-1H Iroquois y avaient remplacé les trois Sikorsky H-19 Chickasaw achetés de seconde main auprès du Pentagone en 1952.

Si administrativement les trois futurs Airbus Helicopters H135 seront basés à Wallops en Virginie ils se partageront dans la réalité des faits l’activité entre ce site et le centre spatial Kennedy de Merritt Island en Floride. Ce sont les deux principales bases de la NASA sur la côte est des États-Unis.

C’est donc toute une époque qui va se terminer pour le mythique hélicoptère d’assaut américain avec sa retraite de la NASA. Gageons que les pilotes sauront se consoler avec le très haut niveau technologique de leurs remplaçants. Passer de l’UH-1H au H135 c’est tout de même un sacré bond en avant. Le choc risque d’être rude.

*Pour mémoire l’acronyme NASA signifie National Aeronautics and Space Administration.

Photo © NASA.

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