L’information a été révélée cette semaine mais l’accord a été signé fin décembre 2019. L’US Department of Defense a passé une double commande pour un peu plus de soixante-dix avions de la famille Super Hercules auprès de Lockheed-Martin. Il s’agit de machines destinées autant à l’US Air Force qu’à l’US Marines Corps ou encore à l’US Coast Guard. Le marché est estimé aux alentours d’un milliard et demi de dollars américains.

Le contrat se découpe donc en deux commandes distinctes.
La première concerne de manière ferme vingt-et-un Lockheed-Martin C-130J Super Hercules de transport tactique. Cinq d’entre-eux d’ailleurs sont des C-130J-30 à fuselage rallongé. Ils sont tous destinés à l’US Air Force.
La seconde est beaucoup plus complexe. Elle concerne quarante-quatre avions fermes et une option pour six autres. Les premiers représentent vingt-quatre avions pour l’US Air Force et vingt autres pour l’US Marines Corps. Dans le premier cas ce sont aussi bien des HC-130J Combat King II que des MC-130J Commando II, deux types d’avions clairement dévolus au soutien aux opérations spéciales. Dans le second cas ce sont ravitailleurs en vol KC-130J Hercules.
Enfin l’option concerne six HC-130J Hercules qui pourraient rejoindre les rangs de l’US Coast Guard prochainement. La décision devant être prise au cours de ce premier semestre 2020.

Pour autant, et contrairement à ce que certains médias sensationnalistes ont pu écrire depuis deux-trois jours cette commande n’a rien d’un méga-contrat. Et surtout elle était attendue. En fait donc comme le Pentagone l’a reconnu le contrat a été signé le vendredi 27 décembre 2019 avec Lockheed-Martin, une sorte de cadeau de Noël avec un peu de retard. Mais surtout il respecte les clauses d’un contrat de livraison indéfini signé entre ces deux parties il y a trois ans et demi, en août 2016. Ces futurs avions n’auront comme rôle que de remplacer des appareils vieillissants, devenant peu à peu obsolètes.

Dans le cas des C-130J/C-130J-30 Super Hercules pour l’US Air Force ils devront rejoindre les rangs de l’Air Mobility Command bien entendu mais également de l’Air Education & Training Command ou encore de l’Air National Guard. C’est cette dernière d’ailleurs qui prendra en compte les avions à fuselage rallongé. Ils remplaceront globalement des C-130H Hercules datant tous de la guerre froide. Les HC-130J Combat King II et MC-130J Commando II seront quant à eux dispatchés entre des unités évidemment de l’Air Force Special Command mais également des Pacific Air Forces et de l’Air Education & Training Command. Ce dernier commandement devrait d’ailleurs recevoir au moins deux exemplaires de chacun des trois modèles.
Les livraisons à l’US Air Force s’étaleront de cette année à 2025 inclus.

L’avenir des Lockheed-Martin KC-130J Super Hercules dans l’US Marines Corps est pour le coup bien plus évident : ils remplaceront les derniers KC-130T d’ancienne génération encore en dotation. Mais surtout ils permettront de compenser les KC-130J versés il y a trois ans à l’US Navy, au profit des unités de soutien aux essais en vol VX-20 et VX-30.
Il est à signaler que ces vingt futurs avions seront livrés au standard Harvest Hawk, autorisant leur emploi en soutien aux opérations spéciales.

Vient enfin le cas du parent pauvre de la défense américaine : l’US Coast Guard. Le cas de ses six Lockheed-Martin HC-130J Hercules de reconnaissance lointaine et de sauvetage hauturier sera examiné dans les prochaines semaines. Une décision de transformation ferme ou de rejet de l’option devrait être prise avant le 30 juin 2020. Là encore ces avions serviront à remplacer d’actuels HC-130H Hercules vieillissants. Sauf qu’il y a un hic. L’administration Trump souligne la présence dans l’arsenal de la garde-côtière américaine des actuels bimoteurs Alenia HC-27J Spartan II de facture italienne qui peuvent parfaitement remplir ce rôle, à moindre coût. Ce que les décideurs de l’USCG réfutent catégoriquement. Jusqu’à la fin du printemps ce sont donc d’âpres négociations qui auront lieu.

Quoiqu’il en soit ce marché montre bien l’excellente santé du plus célèbre des avions de transport tactique post-1945. Plus de 65 ans après le premier vol de son prototype l’avion continue de satisfaire aux exigences de soutien des forces américaines. Qui aurait pu imaginer alors une telle longévité. On la doit sans doute à la simplicité de cet avion, mais également à sa capacité sans cesse prouvée de s’adapter à toutes les nécessités.
N’oublions pas par ailleurs que le Super Hercules est également un franc succès à l’export comme le fut le Hercules en son temps.

Photo © US Navy.

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5 COMMENTAIRES

  1. Excellent article Arnaud, comme d’hab ! Que des bonnes nouvelles pour Lockheed Martin. C’est très complet et détaillé.
    Profitons du fait que le Super Hercules qui est en pleine production, pour que la France passe des commandes supplémentaires . Je sais qu’à notre niveau nous ne pouvons pas faire grand chose, mais à force de le dire à nos députés, on obtiendra peut-être ce qu’il faut pour nos armées. Il nous manque des avions de transport c’est indéniable et des hélicoptères lourds.

  2. Le C130 a été conçu et a volé au début des années 50 et n’a cessé d’évoluer pour s’adapter aux besoins de l’ USAF. Il a les capacités pour remplir pratiquement toutes les missions dévolues a une armée de l’air. Il s’intègre parfaitement dans la gamme des aéronefs multi-rôles US. L’Europe dispose du C295 limité par ses capacités et de l’A400 disproportionné pour certaines missions. N’y aurait aurait-il pas la place pour un nouvel avion intermédiaire qui semble indispensable aux européens ?

    • Très bon jugement Elyo. Je suis d’accord avec vous. L’A 400 M est trop gros pour certaines missions. Le Transall était un avion bien adapté pour faire du « brouettage  » et le C130 aussi.

    • Cet avion est « amorti » depuis longtemps……
      C’est un sacré avion, j’ai aimé en sauter lors de mon petit séjour chez les bérets rouge.

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