On va finir par penser qu’il s’agit là de leur nouveau pré carré. Depuis une dizaine de jours maintenant le porte-aéronefs USS America est entré sur les eaux de la Mer de Chine Méridionale afin d’y mener une série de patrouilles et de manœuvres. L’occasion aussi pour l’US Navy de rassurer ses alliés de la région au moment où la marine chinoise se fait de plus en plus pressante autour de deux archipels. Au total ce sont 36 avions et hélicoptères parmi les plus modernes au monde qui se trouvent à bord.

Le porte-aéronefs USS America.

C’est  donc ce lundi 13 avril 2020 que le porte-aéronefs américain est entré en Mer de Chine Méridionale. Il n’était pas seul. Sa flottille d’accompagnement se composait du destroyer lance-missiles USS Barry et du croiseur lance-missiles USS Bunker Hill. Cinq jours plus tard ils ont tous trois été rejoints par la frégate australienne HMAS Parramatta.
Durant quatre jours les marines américaines et australiennes ont réalisé une série de manœuvres navales et aériennes visant notamment à la destruction de cibles navales. Puis le bâtiment australien s’en est allé.

Pour autant les trois navires américains ont continué leur mission dite de souveraineté. Entendez par là que l’US Navy maintient une capacité opérationnelle réelle à proximité d’alliés comme les Philippines, Singapour, et surtout Taïwan face aux menaces constantes de la Chine. Car à l’intérieur des trois millions et demi de kilomètres-carrés de la Mer de Chine Méridionale se trouvent deux des territoires les plus âprement disputés de la planète. Le premier est l’archipel Paracels revendiqué par les Chinois, les Taïwanais, et les Vietnamiens. Le second est formé des îles Spratleys revendiqué par les trois même peuples auxquels il faut ajouter les Malaisiens et les Philippins. Parfois le sultan de Bruneï y ajoute même son grain de sel.

Une partie des avions de l’escadron VMFA-121 Green Knights déployés à bord.

Tout en demeurant sur les eaux internationales l’USS America et ses deux navires d’accompagnement tentent ainsi de jouer aux arbitres. Pas franchement neutres sur ce coup là puisque la diplomatie américaine reconnaissez assez fréquemment l’appartenance de ces deux archipels aux Taïwanais.
Pour tenter d’enrayer un peu la mécanique expansionniste chinoise dans la région rien de mieux que de disposer d’avions de combat. Et pour cela l’US Navy s’appuie sur les six Lockheed-Martin F-35B Lightning II appartenant à l’escadron VMFA-121 Green Knights de l’US Marines Corps déployés en permanence sur le porte-aéronefs. Ces chasseurs furtifs opèrent de jour comme de nuit dans des patrouilles à deux ou trois avions, toujours dans l’espace aérien international ou dans celui d’un pays allié.

Même si leur furtivité est dégradée par la présence de points d’emport de voilures, les F-35B Lightning II représentent une menace claire et concrète pour les forces chinoises. Ces dernières ont l’habitude de réaliser des coups de force en débarquant des troupes ou en réalisant des missions héliportées sur les îles et ilots des Paracels et Spratleys. La présence de l’USS America et de ses avions et hélicoptères pourrait bien les dissuader temporairement de le faire. Aux chasseurs furtifs s’ajoutent en effet douze avions de transport tactique Bell-Boeing MV-22B Osprey, quatre hélicoptères de combat Bell AH-1Z Viper, quatre hélicoptères d’assaut et de manœuvre Bell UH-1Y Venom, et enfin quatre hélicoptères de transport lourd Sikorsky CH-53E Super Stallion.
Il est à noter que si l’USS Bunker Hill embarque deux hélicoptères de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk l’USS Barry de son côté n’en a aucun à son bord.

Osprey et Super Stallion : les moyens de transport aéroporté de l’USS America.

De manière assez étrange aucun navire de guerre chinois ne s’est approché de l’USS America depuis son entrée dans la zone. Ce qui n’est pas le cas pourtant quand il patrouille dans d’autres mers que les Chinois considèrent comme leurs. Pour autant les missions continuent de s’enchaîner afin de ne pas relâcher la pression aéronavale de Washington sur Pékin.
Après tout c’est de bonne guerre.

Photos © US Navy.

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8 COMMENTAIRES

  1. Le titre de l’article à lui seul résume bien le niveau d’opérationnabilité des patauds Lockheed-Martin F-35B Lightning II qui sont condamnés à faire de la figuration, à défaut d’être une menace réelle pour les aviateurs chinois. Autant les gros bras de l’US Navy montent la garde en mode costaud face à l’Iran, ici, force est de constater qu’à part multiplier les décollages courts et atterrissages verticaux, le porte-aéronef de corvée ressemble fortement à un couteau similaire à ceux que l’on peut gagner aux stands de tir des fêtes foraines. En résume, un couteau vachement impressionnant mais qui ne coupe pas des masses.

    • Ah encore un specialiste du F35 bashing … ca faisait un bout de temps !! Pour montrer aux Ricains que leur F35 est en carton, on pourrait envoyer le CDG et ses Rafales … ah ben non, toute notre puissance aeronavale est a quai a cause d’un virus …. oh !

  2. Je pense que le réalisme n’est pas du bashing, et je ne puis que vous inviter à réviser vos grimoires de géo-stratégie. Le gentil Charles de Gaulle et ses matelots n’ont que faire d’aller jouer à « La Croisière s’amuse » en bordures chinoises, l’US Navy est un coûteux chien de garde que la Maison Blanche, auprès duquel elle a intérêt à trouver une quelconque utilité pour en justifier l’existence. Le F35 est un sympathique démonstrateur du complexe militaro-industriel US mais certainement pas une menace crédible pour les aviateurs chinois. Et le porte-aéronef USS America demeure un navire d’assaut amphibie plus qu’un outil réel de dissuasion du calibre d’un Carl Vinson. Un peu comme ne pas confondre gendarmes municipaux en VTT et membres du GIGN avec la panoplie complète.

    • Votre dernière phrase démontre que vous méconnaissez totalement le monde de la sécurité. Les gendarmes comme les policiers du quotidien prennent généralement bien plus de risques que leurs collègues d’élite du GIGN et/ou du RAID. Car ces derniers arrivent généralement sur des zones déjà sécurisées et figées alors que les primo-intervenants ne savent quasiment jamais sur quoi ils vont tomber. Du coup avec un tel parallèle on se demande Salim si finalement celui que vous avez fait entre l’USS America et ses F-35B face aux porte-avions et à leurs F/A-18E/F n’est pas lui aussi totalement à côté de la plaque. Perso c’est mon avis.

    • Pas de censure juste de la modération. Et uniquement parce que votre commentaire était dans l’invective et dans une certaine mesure dans l’insulte déguisée. Ne vous surestimez pas monsieur Zein, vous n’êtes pas encore au niveau d’être censuré. Et ce n’est pas la vérité qui a été modérée mais votre vérité, la nuance est énorme.

  3. 《Le F35 est un sympathique démonstrateur du complexe militaro-industriel US mais certainement pas une menace crédible pour les aviateurs chinois》 … en attendant les USA peuvent se permettre le luxe de patrouiller en mer de Chine sans aucune crainte et malgré les cris d’orfraies des autorités chinoises dresser une barrière infranchissable avec Taïwan. Quand la flotte chinoise croisera au large de Los Angeles faites nous le savoir Salim Zein

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