Pour ce nouveau sujet historique nous vous proposons de nous replonger vingt ans en arrière, c’est à dire la préhistoire pour les plus jeunes de nos lecteurs et lectrices et hier seulement pour bien d’autres. Et en cette année 2000 l’Armée de l’Air ressemble un peu à celle que nous connaissons mais avec beaucoup de différences. Des avions qui étaient alors en service ont disparu de l’arsenal et certains que nous connaissons aujourd’hui n’y volaient pas encore. Focus sur l’histoire récente de l’aviation française.

Il est avant tout bon de replacer l’époque dans son contexte. L’an 2000 c’était encore le 20e siècle ! C’est à dire un internet balbutiant : les réseaux sociaux n’existaient pas, personne n’avaient jamais entendu parler de Facebook, Tweeter, ou encore Instagram. AvionsLégendaires d’ailleurs n’avait qu’un an. Le minitel fonctionnait encore, les smartphones n’avaient pas été inventés, et les chaînes d’information en continue apparaissaient timidement en France. Les médiathèques s’appelaient encore des bibliothèques-discothèques et le DVD commençait tout juste à remplacer la cassette VHS. Oui l’an 2000 était loin de ce que la culture pop des années 1970/1980 nous avait vendu.

Et l’Armée de l’Air alors dans tout ça ? Bah force est de constater que si elle étaient déjà une des forces aériennes les plus modernes d’Europe elle avait encore des progrès à faire. C’est pourquoi nous vous invitons à (re)découvrir ce que fut l’aviation militaire française de cette fin de 20e siècle.
Pour une meilleure compréhension nous vous les présentons selon un thème bien précis : les commandements, puis à l’intérieur de chacun les bases, et enfin les unités avec leurs machines. Alors prêts ? Nous enclenchons la machine à voyager dans le temps.

1°) Le CFAS, pour Commandement des Forces Aériennes Stratégiques.
  • Sur la Base Aérienne 105 d’Évreux Fauville, on trouvait l’Escadron Électronique 1/59 Bigorre qui volait alors sur Transall C.160H Astarte.
  • Sur la Base Aérienne 116 de Luxeuil Saint-Sauveur, on trouvait les Escadrons de Chasse 1/4 Dauphiné et 2/4 Lafayette qui volaient sur Dassault Aviation Mirage 2000N et le Centre d’Instruction Tactique 339 qui volait sur Dassault Mystère 20 SNE et sur SEPECAT Jaguar E.
  • Sur la Base Aérienne 118 de Mont-de-Marsan, on trouvait l’Escadron de Reconnaissance Stratégique 1/91 Gascogne qui volait sur Dassault Mirage IVP.
  • Sur la Base Aérienne 125 d’Istres le Tubé, on trouvait l’Escadron de Chasse 3/4 Limousin qui volait sur Dassault Aviation Mirage 2000N et l’Escadron de Ravitaillement en Vol 1/93 Bretagne qui volait sur Boeing C-135FR/KC-135R.
Bien que toujours présent en l’an 2000 le Mirage IVP n’est plus le vecteur de frappes nucléaires de l’Armée de l’Air. C’est devenu un avion-espion.
2°) Le CFAC, pour Commandement de la Force Aérienne de Combat.
  • Sur la Base Aérienne 102 de Dijon Longvic, on trouvait les Escadrons de Chasse 1/2 Cigognes et 2/2 Côte d’Or qui volaient sur Dassault Aviation Mirage 2000-5F.
  • Sur la Base Aérienne 103 de Cambrai Épinoy, on trouvait les Escadrons de Chasse 1/12 Cambrésis et 2/12 Picardie qui volaient sur Dassault Aviation Mirage 2000B/C.
  • Sur la Base Aérienne 112 de Reims Champagne, on trouvait les Escadrons de Reconnaissance 1/33 Belfort et 2/33 Savoie qui volaient sur Dassault Mirage F1-CR et l’Escadron de Chasse 3/33 Lorraine qui volait sur Dassault Mirage F1-B/C.
  • Sur la Base Aérienne 113 de Saint-Dizier Robinson, on trouvait les Escadrons de Chasse 1/7 Provence, 2/7 Argonne, et 3/7 Languedoc qui volaient sur SEPECAT Jaguar A/E.
  • Sur la Base Aérienne 115 d’Orange Caritat, on trouvait les Escadrons de Chasse 1/5 Vendée et 2/5 Île-de-France qui volaient sur Dassault Aviation Mirage 2000B/C.
  • Sur la Base Aérienne 128 de Metz Frescaty, on trouvait l’Escadron Électronique 1/54 Dunkerque qui volait sur Transall C.160G Gabriel.
  • Sur la Base Aérienne 132 de Colmar Meyenheim, on trouvait les Escadrons de Chasse 1/30 Alsace et 2/30 Normandie-Niémen qui volaient sur Dassault Mirage F1-CT.
  • Sur la Base Aérienne 133 de Nancy Ochey, on trouvait les Escadrons de Chasse 1/3 Navarre, 2/3 Champagne, et 3/3 Ardennes qui volaient sur Dassault Aviation Mirage 2000D.
  • Sur la Base Aérienne 188 de Djibouti, on trouvait l’Escadron de Chasse 4/33 Vexin qui volait sur Dassault Mirage F1-C.
Il y a 20 ans l’élite des pilotes de chasse français volait (déjà) sur Mirage 2000-5F. Bon ça n’a pas vraiment changé aujourd’hui…
3°) Le CFAP, pour Commandement de la Force Aérienne de Projection.
En l’an 2000 on trouvait des Transall français aux quatre coins du globe. C’est de moins en moins vrai 20 ans plus tard.
4°) Le CASSIC, pour Commandement Air des Systèmes de Surveillance, d’Informations, et de Communication.
  •  Sur la Base Aérienne 702 d’Avord, on trouvait l’Escadron de Détection et de Contrôle Aéroporté 1/36 Avord qui volait sur Boeing E-3F Sentry.
5°) Le CEAM, pour Centre des Expérimentations Aériennes Militaires.
Si les avions sont les mêmes, l’avionique des AWACS français a évolué depuis l’an 2000.
6°) Le CEAA, pour Commandement des Écoles de l’Armée de l’Air.
En l’an 2000 le Tucano brésilien était encore l’un des principaux avions d’entraînement de l’Armée de l’Air. Il a depuis été retiré du service.

Maintenant vous en savez un peu plus sur la composition de notre belle Armée de l’Air… il y a 20 ans. À l’époque pas d’Airbus DS A400M Atlas, de Dassault Aviation Rafale C, de General Atomics MQ-9 Reaper, de Grob G.120, encore de Lockheed-Martin KC-130J Super Hercules pour ne citer qu’eux. Ces machines étaient soit inconnues de nos militaires soit pas encore en dotation. L’année 2000 était encore calme, le 11 septembre et l’entrée des grandes nations dans les guerres contre le djihadisme n’avaient pas encore eu lieu. C’était vraiment un autre temps.

Photos © ministère des armées et service historique de la défense.

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12 COMMENTAIRES

  1. Merci pour ce flash back, en 2000 je faisais mon service militaire sur la BA114 General Andrier d’Aix les Milles… Les classes étaient à Luxeuil…

    • Et oui un jour vous êtes enfant, le lendemain jeune adulte et le surlendemain à l’aube de la retraite. Le temps passe, le monde change continuellement avec lui et pas dans le meilleur sens.

  2. Je rajouterais : aujourd’hui 12 mai, a lieu le dernier vol de nuit d’Alphajet à la BA705, qui déménage ses mythiques appareils dans les prochains mois. Au revoir Alphajet, au revoir Tours, bonjour Cognac et le PC-21.

  3. Nostalgie voire mélancolie. En 2000 j’avais…6 ans. Mon oncle était militaire sur la base aérienne de Francazal avec ses nombreux C-130 USAF. C’est grâce à lui que depuis mon plus jeune âge je suis devenu passionné de ses machines volantes. Il me ramenait souvent les magazines « airs actualités » et ses posters dont je tapissais les murs de ma chambre.

  4. Souvenir de Dijon où les 2000-5 et MS Paris (qui faisaient des liaisons) démarraient leur moteur devant la fenêtre de mon bureau.

    Et de Mont-de-Marsan, je crois n’avoir jamais rien entendu de plus bruyant qu’un Mirage IV au décollage. Fasciné, je m’étais approché des pistes pour les voir d’encore plus près avant de me faire tomber dessus par les FusCo…

    C’était effectivement une autre époque : je n’ai pratiquement aucune photo de ces expériences. Aujourd’hui j’aurais passé mes journées à photographier en douce avec mon iPhone.

  5. Je me souviens de la hantise du bogue de l’an 2000. Bien des gens craignaient que les systèmes informatiques se planteraient lors du passage du 99 au 00. Le contrôle aérien deviendrait cahotique et les avions tomberaient du ciel. Qui aurait prédit que 20 ans plus tard que c’est plutôt un vrai virus qui a pratiquement cloué au sol l’aviation civile…

    • La différence c’est que la première menace a été anticipé et prise au sérieux et l’autre non:

      La bataille contre le bogue de l’an 2000 a été gagnée avant qu’elle ne commence.

      • La hantise, venait de certain journalistes en quête de buz (enfin, d’audience on disait à l’époque), mais ils étaient en retard d’une guerre.

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