Nos amis américains et britanniques innovent totalement pour le coup. Depuis une semaine maintenant le porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth participe à une série d’exercices et d’entraînement en Mer du Nord avec quatorze chasseurs furtifs Lockheed-Martin F-35B Lightning II. Particularité notable dix d’entre-eux appartiennent à l’US Marines Corps tandis que seuls quatre autres portent les marquages de nationalité britannique. Et ces derniers n’appartiennent pas à la Royal Navy mais au N°617 Squadron de la Royal Air Force.

Sous la pluie un F-35B des Dambuster à l’appontage.

Hormis quelques rares échanges ou des touch-and-go ça et là en haute mer un porte-avions est un territoire de souveraineté d’un état. Pourtant depuis quelques années il arrive que des aéronefs étrangers viennent opérer depuis un bâtiment d’un état allié. Américains et Français l’avaient fait il y a deux ans avec l’USS George Bush.
Britanniques et Américains retentent l’aventure mais sur un format assez différent puisque désormais ce sont des avions de l’US Marines Corps qui ont débarqué à bord d’un navire de la Royal Navy. Et pas n’importe lequel : le HMS Queen Elizabeth, le fleuron de la marine de Sa Majesté.

Dix chasseurs furtifs Lockheed-Martin F-35B Lightning II ont donc rejoint le navire de guerre britannique ce lundi 21 septembre 2020, débutant leurs vols de familiarisation dès le lendemain. En fait ils avaient traversé l’Atlantique nord près de trois semaines auparavant. C’est le jeudi 3 septembre 2020 que les Wake Island Avengers de l’escadron VMFA 211 sont arrivés sur le sol britannique. En attendant leur déploiement à bord du HMS Queen Elizabeth les avions américains ont opéré depuis la base de RAF Marham. Passer de l’Arizona où est sise la MCAS Yuma à l’Angleterre ne doit pas être chose aisée, même pour des professionnels aguerris.

Si le porte-avions est britannique tous les avions ne le sont pas.

C’est donc actuellement en Mer du Nord que les dix avions de l’US Marines Corps et les quatre de la Royal Air Force s’exercent. Pas seulement les uns avec les autres, mais aussi les uns et les autres avec les autres composantes de la Royal Navy. En effet à l’instar des porte-avions américains et français le HMS Queen Elizabeth se déplace accompagné. Destroyers, frégates et navires de soutien doivent être à même d’opérer aux côtés des chasseurs furtifs.
Par ailleurs le navire embarque également huit hélicoptères. Il s’agit de cinq AgustaWestland Merlin HM.2 de combat naval et de trois Merlin HC.4 de transport et de recherches-sauvetages en mer. Eux appartiennent tous à la Fleet Air Arm, l’aéronavale britannique.

La présence des dix machines américaines à bord trahit une dure réalité : en 2020 le Royaume-Uni ne possède pas assez de F-35B Lightning II. Elle ne peut en détacher que quatre à bord de son porte-avions et a du donc passer cet étonnant accord avec les Américains. Sans l’aide du Pentagone jamais le HMS Queen Elizabeth aurait pu prendre la mer. Trop peu d’avions à bord et la Royal Navy devenait la risée des grandes marines de guerre. Pour l’US Marines Corps c’est aussi la possibilité d’apprendre à travailler sur un nouveau modèle de bâtiment de guerre, un porte-avions ultramoderne à la pointe de la technologie navale. C’est donc du gagnant-gagnant pour les deux parties en présence.

Comme un seul homme les chiens jaunes américains et britanniques se ruent sur cet avion de la VMFA 211.

Bien que conçu pour trente-six Lightning II le HMS Queen Elizabeth ne devrait pas en accueillir plus de vingt-quatre en croisière normale. Mais cela ne sera pas avant plusieurs années. Avant cela les Américains devraient avoir encore de belles opportunités de naviguer à bord.

Photos © US Navy.

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5 COMMENTAIRES

  1. Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps l’Angleterre avait une industrie aéronautique militaire florissante…..Des vassaux maintenant. J’espère que ce ne sera pas notre avenir……

  2. Au delà de l’intérêt évident pour un exercice conjoint entre appareils de nationalités différentes, il apparaît clairement que les britanniques sont bien obligés de faire face à une réalité cruelle : ils sont devenus (et depuis longtemps) une nation moyenne! La splendeur de l’ère victorienne est bel et bien révolue, ère où l’Angleterre et son empire dominait le monde et où sa « Navy » faisait la pluie et le beau temps aux quatre coins du monde. Le Brexit (avec probablement une rupture brutale style « No Deal ») ne va pas arranger les choses. L’Angleterre sans les USA et à fortiori l’Europe, ne sont pas grand chose sinon une petite île au large des côtes françaises et qui ne représente rien par rapport aux mastodontes que sont les USA, la Russie, la Chine l’inde et dans une certaine mesure l’Europe..Les britanniques ont voulu leur souveraineté, eh bien ils l’ont!!

  3. Et dire qu’ils vont avoir un deuxième porte avion à armer… Avoir tellement pompée le budget de la défense anglaise pour s’offrir 2 beaux portes avions (faut avouer qu’ils ont de la gueule, même si on peut regretter leur configuration STOBAR), et au final ne pas pouvoir mettre d’avions dessus, c’est assez triste quand…

    Certains journalistes évoquait la possibilité de « louer » un des deux portes avions à L’USMC, est-ce que ces exercices vont donner du poids à ces rumeurs ?

    Ceci dit, en embarquant des avions américains, les anglais font coup double : les US sont également obligé de fournir une partie de l’escorte, ce qui ménage la Royal Navy.

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