La situation a favorablement évolué pour Djakarta durant l’été. Désormais le ministère autrichien de la défense entend engager les pourparlers avec son homologue indonésien en vue de la vente de ses quinze actuels chasseurs Eurofighter EF-2000 Typhoon. Un marché qui pourrait cependant se heurter à l’hostilité des constructeurs Airbus DS, BAE Systems, et Leonardo capables d’y apposer leur véto. Ce qui n’arrangerait pas les affaires de Vienne.

Depuis maintenant un mois et demi on sait que l’Indonésie se dit totalement prête à racheter les quinze avions en service en Autriche. Pour mémoire ces Eurofighter EF-2000 Typhoon sont au standard Tranche 1, c’est à dire le plus basique possible.
On pourrait alors se dire que l’Indonésie se ferait arnaquer mais ce n’est pas le cas car le pays asiatique cherche avant tout des chasseurs et non des avions polyvalents. Son besoin concerne en effet la défense aérienne et l’interception vis à vis d’une aviation chinoise de plus en plus oppressante dans la région.

Côté Autrichien le rachat par l’Indonésie de ces quinze EF-2000 Typhoon que beaucoup pensaient invendables car trop peu évolués serait une véritable aubaine. Depuis le scandale sur le prix d’achat d’origine de ces avions les militaires autrichiens ont démontré qu’en outre ils leur étaient surdimensionnés.
Depuis plusieurs mois l’Autriche ne cache plus son intérêt pour le Gripen suédois jugé plus modeste et donc plus adapté à ses besoins. Restera à savoir ensuite s’il s’agira d’une version JAS 39C/D classique ou JAS 39 E/F plus avancée et polyvalente.

Les experts actuels estiment le marché pour Vienne avec Djakarta autour des 600 millions d’euros. Une manne financière qui serait largement la bienvenue pour aider à financer le projet d’achat des Gripen auprès de Saab. D’autant que de l’avis de beaucoup l’Indonésie est un pays sûr économiquement quand il s’agit de contrat d’armement.

Mais tout ça c’est dans un monde idéal.
Car dans la réalité des faits il existe un gros frein à cette commercialisation austro-indonésienne : le consortium Eurofighter GmbH. Ou plus exactement les trois avionneurs européens qui le composent : Airbus Defense & Space, BAE Systems, et Leonardo. Tous trois peuvent largement s’opposer légalement à la revente, et le premier d’entre eux à même toutes latitudes pour le faire. C’est en effet Airbus DS qui négocie depuis plusieurs mois avec le gouvernement autrichien sur l’histoire du prix d’origine. En représailles l’avionneur pourrait parfaitement dire non à un contrat vers Djakarta.

Cependant un véto de l’un des trois constructeurs n’irait pas dans le sens de l’avion de combat européen. En effet l’affaire autrichienne est souvent vu comme un concept à mi-chemin de l’épine dans le pied et du sparadrap du Capitaine Haddock. Dès que le Typhoon se plante dans une compétition contre un de ses habituels concurrents beaucoup ressortent alors l’Autriche. Mais si cette dernière venait à liquider sa flotte vers un pays qui se dit très favorable à cette machine malgré ses limites tout le monde y trouverait son compte.
Un dernier écueil existe encore : l’Amérique. Environ 20% de l’avionique du Typhoon Tranche 1 vient des États-Unis. Or Donald Trump a régulièrement pointé du doigt le régime indonésien pour X ou Y raisons, souvent assez nébuleuses et sans réels fondements si ce n’est purement idéologiques.

Donc oui il est possible que l’Autriche commence à voir le bout du tunnel dans cette histoire des EF-2000 Typhoon Tranche 1, mais rien n’est encore joué. Les négociations risquent de s’avérer musclées, et de ressembler à une partie de billard… à trois bandes.

Photo © Ministère autrichien de la défense.

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