C’est un des dossiers brûlants sur le bureau du général (ou Tenente-Brigadeiro en portugais dans le texte) Bermudez, l’actuel chef d’état-major de la Força Aérea Brasileira. Alors qu’elle célèbre cette année ses 80 ans d’existence l’aviation brésilienne est face à un défi de taille : moderniser sa capacité de reconnaissance maritime et de lutte anti-sous-marine. Celle-ci s’appuie actuellement sur une flotte d’une vingtaine d’avions dont la moyenne d’âge atteint 46 ans. Leur remplacement et l’uniformisation de ces moyens est désormais à l’ordre du jour.

À ce jour la Força Aérea Brasileira aligne en effet vingt-et-un avions de patrouille maritime. Huit sont des quadrimoteurs Lockheed P-3AM Orion et les treize autres des bimoteurs Embraer P-95A/B Bandeirulha. Si les premiers ont été importés les seconds sont de conception et de production locale. Dans les deux cas ces avions sont totalement dépassés.
Il faut savoir que les P-3AM sont d’anciens P-3A livrés entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1970 puis modernisés localement au milieu des années 1990. Ce sont donc véritablement des appareils d’un autre âge. Les P-95A sont eux plus récents puisque livrés entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980. Leur chantier de remise à jour a été moins poussé, et réalisé à la toute fin des années 1990.

Or en 2021 il est clair pour le général Antonio Bermudez que la Força Aérea Brasileira doit faire évoluer cette force de patrouille maritime. Et deux options s’offrent à lui. La première consisterait à se dessaisir de cette mission au profit de l’aéronavale brésilienne, la laissant ainsi gérer toute seule le problème. La seconde intègre la nécessité de trouver un successeur commun à ces deux modèles d’avions.
Si l’option de l’Aviação Naval Brasileira a été envisagée il y a quelques temps elle n’est plus à l’ordre du jour, la Força Aérea Brasileira souhaitant conserver la patrouille maritime dans ses attributions. Il faut donc la moderniser !

Bien que le gouvernement brésilien soit favorable à acquérir le plus possible des avions de facture locale le développement d’un successeur au Lockheed P-3 Orion est inenvisageable dans l’état actuel. Reste donc là encore deux options. En premier lieu il s’agirait d’adapter l’avion de transport tactique de nouvelle génération Embraer C-390 Millennium aux missions de reconnaissance maritime et de lutte anti-sous-marine. En second lieu il faudrait avoir recours en l’achat d’un avion de facture étrangère, sans doute américaine ou européenne.

Si une telle option venait à être privilégiée les prétendants ne seraient pas légions. Les Airbus DS C-295MPA Persuader européens et Boeing P-8 Poseidon américains semblent les meilleurs challengers. D’autant que le C-295 est déjà en dotation dans la Força Aérea Brasileira pour des missions de transport tactique et de recherches-sauvetages à long rayon d’action. Pour autant les très bonnes relations diplomatiques nouées depuis une vingtaine d’années entre le Brésil et le Japon pourraient jouer en faveur du Kawasaki P-1, toujours en quête d’une première exportation.

L’état-major brésilien a donc plusieurs mois encore pour décider de l’avenir de sa patrouille maritime. Celle-ci a la particularité notable de réaliser également des missions intérieures au-dessus du bassin amazonien.

Photo © Força Aérea Brasileira.

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3 COMMENTAIRES

    • Ah bon ? Vous êtes sûr de vous sur ce coup là ? Un bimoteur à turbopropulseurs comme le C295MPA et le P-8A Poseidon biréacteur ne sont pas comparables du tout ? Oh bah heureusement que vous êtes là pour rétablir la vérité kolkot…

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