L’information a été révélée ce lundi de Pentecôte par le ministère britannique de la défense. Les industriels britanniques et italiens ont été avisé que le chasseur de 5e génération Tempest serait uniquement un avion de combat à visée terrestre. Il ne sera donc pas décliné en version embarquée à la grosse différence de son concurrent européen conçu par Airbus DS et Dassault Aviation. La Marina Militare et la Royal Navy devront se contenter de leurs actuels Lockheed-Martin F-35B Lightning II et sans doute d’avions sans pilote.

Pour celles et ceux qui croyaient voir un jour des Tempest opérer depuis les ponts d’envol des Cavour, HMS Queen Elizabeth, et HMS Prince of Wales c’est donc une douche froide ! Ce futur chasseur furtif de 5e génération doit être développé par BAE Systems et Leonardo, avec Rolls-Royce, MBDA, et Thales UK comme principaux partenaires. Il servira donc les besoins de l’Aeronautica Militare et de la Royal Air Force à l’horizon 2035-2040 afin de remplacer les Eurofighter EF-2000 Typhoon.
En revanche les Marina Militare et Royal Navy sont donc désormais condamnées à voler sur Lockheed-Martin F-35B Lightning II, des avions américains qui alors accuseront déjà au moins quinze ans de service actif quand entreront en service les premiers Tempest.

Et le risque est là : que les forces aériennes et aéronavales connaissent alors un véritable déséquilibre entre leurs parcs aériens. Aeronautica Militare et Royal Air Force aligneront un des chasseurs alors sans doute parmi les plus évolués du moment tandis que leurs homologues navals voleront sur des avions à la conception alors déjà datée.

En refusant de développer un Tempest navalisé le ministère britannique de la défense ferme la porte à un futur porte-avions CATOBAR, c’est à dire similaire à notre Charles de Gaulle ou à l’USS Gerald R. Ford américain. Le Royaume-Uni devra se contenter de ses STOBAR évolués façon STOVL mais au final encore très limités.

Dire que c’est la consternation outre-Manche est encore très en dessous de la réalité. Les tenants d’un renouveau de la flotte aéronavale britanniques sont donc les dindons de la farce. En filigrane se joue aussi un débat très politicien. Les travaillistes britanniques n’ont jamais caché leur ambition de voir le Tempest développé comme le SCAF européen à la fois en programme terrestre et naval, ce que les conservateurs du premier ministre Boris Johnson ont toujours rejeté. Ces derniers ont toujours été plutôt favorable à l’idée du F-35B Lightning II américain.
Rigolo de voir que ceux qui étaient favorables au Brexit au titre du retour de la souveraineté britannique préfèrent désormais s’inféoder à Lockheed-Martin.

Et les Italiens dans tout ça ? Ils subissent et rongent leur frein.
Il se dit qu’à Rome beaucoup verraient d’un bon œil rejoindre le consortium franco-germano-espagnol dirigé par Airbus DS et Dassault Aviation. Le Tempest deviendrait alors anglo-britannique.

Illustration © UK Ministry of Defence.

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21 COMMENTAIRES

  1. Ouille.
    C’est vrai que c’est un coup dur. Mais la navalisation représente encore un risque important même avec les techniques modernes.
    .
    Pour autant, les catapultes magnétiques seraient moins contraignantes.pour les structures : moins d’études, moins de renforts, moins de poids… Et une mutualisation entre les flotte navales et terrestres.

  2. Bonjour,
    Pour faire un bon appareil navalisé, a la base, il est nécessaire de faire un appareil naval, et ensuite de faire une version terrestre.
    Les exemples de bon appareil naval pensé comme cela des le départ sont là : F4 Phantom, FA 18 Hornet et Super Hornet, et le Rafale …
    Par contre navaliser un avion terrestre, cela à toujours été un échec.
    On ne navalise pas un avion terrestre, on pense des le départ à une version navale que l’on allège pour la version terrestre, mais pas l’inverse.
    sylvain passemar

    • Bonjour Sylvain.
      Permettez-moi de ne pas être d’accord avec vous. Certaines navalisation ont donné naissance à de très bons avions : le Seafire issu du Spitfire ou encore le T-45 Goshawk issu du Hawk. La navalisation est une technique qui marche, à condition bien sûr d’y mettre les moyens. Après je suis d’accord que le Jaguar M n’aurait sans doute pas été à la hauteur du Jaguar A. 😉

      • J’avais lu quelque part que le Seafire était un avion pas vraiment adapté à l’emploi sur porte-avion. Mauvaise visibilité, son train d’atterrissage très étroit le rendait dangereux à l’appontage, et aussi qu’il avait tendance à basculer à l’avant à basse vitesse lors des phases d’approche. Au contraire du Sea Fury qui était excellent dans cette tâche, qui d’ailleurs à remplacé le Seafire.

    • @Sylvain,
      Le Rafale Air n’a pas été conçu à partir du M, la preuve le 1er prototype était le C01 et la série n’est pas très différente structurellement.
      En fait la conception a été faite en tenant compte des contraintes de la version navale dans les parties communes des 2 versions, et ce grâce à la CAO
      Un exemple similaire est le programme F-35
      Il y a eu une tentative dans le passé avec le F-111 mais la version navale n’a pas été produite en série
      En revanche, il n’y a pas de version terrestre du Phantom, du Hornet, du Super Hornet, ainsi que du Tomcat, etc…

  3. Cela semble une évidence puisque le Tempest doit remplacer l’Eurofighter non navalisé, un appareil pour la suprématie aérienne . Donc rien de nouveau ! Par contre je suis certain que l’ Italie via ses industries du secteur sera présente pour le SCAF car ses industries ont technologie et savoir faire comme la France et l’Allemagne (l’Espagne n’est présente que par Airbus , celle ci n’a pas de technologies ou savoir faire que les autres pays n’ont pas.)

  4. « Le Tempest deviendrait alors anglo-britannique ». Quelle chance, on aimerait bien que le SCAF soit franco-français… Une source concernant le basculement de l’Italie dans le SCAF déjà surpeuplé ? Curieux de voir Dassault développer un appareil capable de décoller d’un porte-hélicoptères, le SCAF ne sera vraisemblablement pas davantage en mesure de servir dans les marines espagnole et italienne que le Tempest.

    • C’est dingue l’article concerne à 90% le Tempest et à 10% seulement le SCAF mais nous avons pleins de commentaires de gens qui habituellement ne se manifestent pas pour parler uniquement de l’avion européen dans lequel la France est membre. Étrange…

        • Je ne compare nullement ces deux avions puisqu’ils n’existent pas encore. Ce sont les programmes de développement que je compare. Quand à l’inexactitude et le non fondement de ma conclusion cela n’engage que vous Alex et votre lecture de la chose. C’est tout.

  5. Rien d’étonnant, la GB n’a plus conçu et fabriqué un avion embarqué depuis des décennies, l’Italie encore moins, donc c’est normal qu’ils ne veulent pas prendre de risques

  6. Je ne pense pas que ce soit une surprise coté anglais ! Ils ont décidé de travailler avec le F-35 comme beaucoup d’autres pays de l’OTAN. Vos remarques sont liées à une vision typiquement française d’indépendance militaire que les anglais ni les italiens ne partagent . Comme vous le savez, l’OTAN exige que 2% du PIB des pays membres soient consacré à la défense. En regardant ce qu’il y a sur le marché, beaucoup ont fait le choix du F-35 au grand dam de Paris et de son Rafale. Maintenant, qu’est ce qui ne vous dit pas que le NGAD n’aura pas une version navalisée ? Enfin, permettez-moi de vous dire que travailler avec des partenaires dans le cadre d’une alliance qui existe depuis 60 ans, n’a rien d’une trahison vous savez ! Les ambiguïté françaises sont très spécifiques et absolument pas partagées par les autres pays OTAN.

    • Ça va quand même être compliqué pour le F35. L’US air force réduit ses commandes et l’US Marine n’en veut pas.
      La position du Royaume Uni ne montre pas une grande confiance en ses industriels. Ça se comprend, l’habitude de concevoir un avion de combat seul à été perdue depuis bien longtemps en Grande Bretagne. Mais tout de même… le deux porte-avions sont provisoirement transformés en porte drones ou porte hélicoptère, sans alternative venant des planches à dessin Britanniques. Pas non plus de solutions intermédiaires avec des configurations hybrides comme le Racer ou le v22 et descendants pour donner une illusion. Le besoin est pourtant à très brève échéance (15 ans). S’il n’y avait pas la rivalité avec le Scaf, celui-ci représentait la seule alternative crédible. Après l’expérience du match Eurofighter / Rafales, que le Rafale est en train de gagner en nombre de clients exports, le second round ne s’annonce pas très bien pour l’équipe britannique.
      Eux et les Italiens ont déjà le trou capacitaire F35 à gérer (dispo 7% aux USA, pas sûr que les partenaires fassent mieux).

      • @Math
        S’agit il de bruits entendus ou d’informations vérifiées ? Sinon, envoyez nous vos sources chiffrées qu’on puisse apprécier ce que vous dites svp. Et évitez les petites phrases qui disent tout et son contraire dans la bouche de tel ou tel svp. Le F-35 est le projet militaire le plus cher jamais engagé dans l’histoire US et vous pensez que les ricains vont y mettre un terme parce-qu’il y a difficultés ? C’est bien mal les connaitre !

  7. N’y-a-t’il pas également la Suède dans le projet du Tempest ?? Si oui, le programme sera anglo-suédois en cas de retrait des Italiens (ce qui n’est pas encore fait).

    • Il me semble aussi que la Suède participe au programme Tempest avec son constructeur aéronautique SAAB. Pour l’Italie c’est Leonardo.

    • La Suède y participe mais ils n’ont pas pour ambition d’équiper leurs forces aériennes du Tempest. Le but est d’utiliser des briques technologiques pour le remplacement du Gripen.

  8. Il y a 1 ou 2 ans j’avais émis une problématique. Est-ce que l’Allemagne et l’Espagne seront d’accord pour participer aux frais du surcoût du développement de la version marine du SCAF sachant qu’elle ne concernera que la France ?

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