En matière de communication on appelle cela une erreur de casting. Ce samedi 11 septembre 2021 un exercice de ravitaillement en vol en présence de hautes autorités civiles a tourné au fiasco pour l’Armée de l’Air et de l’Espace. Non seulement les avions en questions volaient sans doute un peu bas mais en outre faire suivre un ravitailleur en vol par un chasseur au-dessus d’une zone fortement urbanisée à cette date c’est évidemment créer un sentiment de peur chez les témoins. Et ce qui devait arriver arriva : le standard des appels 17 fut saturé dans le sud francilien.

Un Dassault Aviation Rafale qui vient se ravitailler sur un Airbus DS A330 MRTT Phénix un samedi après-midi à priori ça n’a rien d’étonnant. Sauf si par erreur la mission est prise pour tout à fait autre chose par des milliers de nos concitoyens. Et tout d’un coup cela devient une belle bourde de la part de l’Armée de l’Air et de l’Espace.

Pour comprendre il faut remettre les choses en perspective. L’avion de combat suit depuis quelques minutes l’avion ravitailleur à moyenne altitude dans le sud de la région parisienne. En ce samedi après-midi des milliers de Franciliens sont dans leurs jardins, dans les squares, dans les rues :  ils vivent leur vie en quelque sorte ! Sauf que ce n’est pas un samedi tout à fait comme les autres : nous sommes le 11 septembre 2021. Vingt ans plus tôt quatre avions de ligne détournés par des pirates de l’air d’Al Qaïda ont causé l’attaque terroriste la plus meurtrière et la plus médiatisée de l’Histoire.
Et depuis quelques jours les chaînes de télévision retracent minute par minute cette triste journée de début de siècle.

Aussi quand les gens voient ce Rafale voler très près de cet A330 MRTT Phénix c’est la panique général. Un avion de chasse pour n’importe qui c’est un avion de chasse, un ravitailleur en vol pour le plus grand nombre c’est un avion de ligne. Et un avion de ligne suivi par un chasseur c’est forcément inquiétant.
La question qu’on peut aisément se poser c’est de savoir pourquoi le ravitailleur en vol a été suivi par le chasseur même après la manœuvre de transfert de carburant ? Tout simplement parce que le Phénix transportait des passagers de marques.

À bord de l’Airbus A330 MRTT se trouvaient en effet madame Florence Parly, ministre des Armées, et monsieur Jean Castex, premier ministre. Il était prévu de longue date qu’ils assistent à cette manœuvre afin de se familiariser avec cette procédure très régulière chez nos pilotes. Histoire d’en rajouter un peu le Rafale a breaké la formation au-dessus de Corbeil-Essonne et a rejoint sa base d’origine en franchissant le mur du son. Selon l’Agence France Presse le bruit du bang supersonique a été l’élément déclencheur des appels téléphoniques aux services de gendarmerie et de police. De nombreux Franciliens ont alors cru à une explosion de l’Airbus A330.

Concomitance de la date symbolique du 11 septembre, d’une zone urbanisée très peuplée, et du procès des attentats de novembre 2015 : pas de doute l’Armée de l’Air et de l’Espace n’a pas été des plus judicieuses quand elle a planifié cet exercice. Dans le même temps les services de Balard et de Matignon auraient aussi pu relevé à priori et non à posteriori comme ils l’ont fait que la date choisie n’était pas la meilleure.
Voilà un simple fait divers qui risque d’enquiquiner quelque peu le nouveau CEMAAE.

Photo © Armée de l’Air et de l’Espace.

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4 COMMENTAIRES

  1. Un passage du mur du son et c’est la panique ! Quel peuple de guerriers !
    La date n’a pas d’importance. Les français sont totalement déconnectés de la chose militaire.

    • Pourquoi voudriez vous que les Français soient « des guerriers » ? Notre pays est en paix et n’a pas connu de guerre sur son territoire depuis plus de deux générations. Il faut aussi respecter un peu la réaction du plus grand nombre.

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