C’est un évènement au sein de la communauté aéronautique française. En cette fin novembre 2021 la Direction de la Sécurité Civile et de la Gestion de Crise a réceptionné un nouvel hélicoptère de sauvetage. L’Airbus Helicopter H145 en question est arrivé en vol d’Allemagne où il est né. Il fait partie intégrante des machines en partie subventionnées par le plan de relance économique du gouvernement français.

Jusqu’à l’arrivée de cet exemplaire l’ensemble des hélicoptères en dotation au sein de la Sécurité Civile était composée d’Eurocopter EC-145 entrés en service voici dix-neuf ans. Des hélicoptères connus en France sous leur indicatif radio Dragon et omniprésents aux quatre coins de la métropole, autant qu’en outre-mer. Du sauvetage en mer et en montagne à l’évacuation sanitaire d’accidentés de la route en passant par la sécurisation des manifestations de voie publique ou encore le transport héliporté des femmes et des hommes de la Force d’Intervention de la Police Nationale ils savent tout faire.
Sauf que depuis 2002 cinq appareils ont été perdus, souvent dans des accidents particulièrement dramatiques.

Arrivée à Nîmes du « petit nouveau ».

Le besoin en nouveaux Dragon était donc criant ! Et pour se faire, afin de jouer la carte de la continuité la Sécurité Civile s’est tournée vers Airbus Helicopters et son H145 D3, le descendant direct de l’EC-145 lui même dérivant du M.B.B. / Kawasaki BK 117 germano-japonais. Sauf qu’entre les deux machines, les deux générations, il y a quelques (grosses) différences. Celles qui se voient au premier coup d’œil et les autres.

La première, la plus rapidement identifiable sans doute, est l’abandon du rotor anti-couple classique au profit du célèbre Fenestron. Véritable marque de fabrique d’Airbus Helicopters depuis Aérospatiale cet équipement très sécurisé équipe également les H130, H135, ou encore l’ultra-moderne H160. Et donc désormais le H145, jusque dans sa version défense H145M comme l’ont récemment remarqué les militaires américains.
La deuxième est moins évidente à repérer, surtout quand l’hélicoptère vole : son rotor a changé. Désormais ce ne sont plus quatre pales qui le composent mais cinq. Là encore cela permet de gagner en sécurité mais aussi en discrétion. Un vrai plus quand on sait que les Dragon opèrent fréquemment en zone urbaine et péri-urbaine, à l’image du mythique Dragon 75.
La troisième est liée en fait aux deux précédentes et ne peut cette fois être découverte que par des professionnels ou des passionnées (comme vous et moi) puisqu’elle concerne les stabilisateurs horizontaux au niveau de la queue de l’hélicoptère. Ils ont été redessiné et n’ont désormais plus d’empennages verticaux.
La quatrième est totalement invisible de l’extérieur et complètement impossible à observer pour quiconque n’est pas un minimum versé dans l’aéronautique. C’est l’avionique et notamment la planche de bord de l’aéronef qui ont été totalement repensés afin d’intégrer les dernières évolutions technologiques et ergonomiques, à l’image du glass-cockpit.

Outre les systèmes de flottabilité sur les patins vous remarquerez que l’hélicoptère arbore le drapeau et l’immatriculation temporaires d’Allemagne.

Vous l’aurez compris ce nouveau modèle de Dragon est tout à la fois unique tout en demeurant très proche de son prédécesseur. Cela faisait plusieurs années que la Sécurité Civile n’avait plus aligné autre chose qu’un seul modèle d’hélicoptère. À une époque, pas si lointaine, elle disposait encore d’Aérospatiale SA.316B Alouette III et SA.365C Dauphin 2 qui voisinaient avec les tout premiers Eurocopter EC-145. On pouvait même, avec un peu de chance, apercevoir un rare Aérospatiale AS.350B Écureuil.
Désormais donc ce sera EC-145 et H145, les temps changent.

Photos © Amicale du Groupement d’Hélicoptères de la Sécurité Civile.

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