En jargon aéronautique cet avion sera un LIFT, pour Lead-In Fighter Trainer. Baptisé Hürjet ce monoréacteur devra à terme assurer les missions d’entraînement avancé et d’appui tactique léger au sein de la Türk Hava Kuvvetleri. Il aura aussi comme fonction d’être la monture des Turkish Stars, la patrouille de présentation officielle turque qui évolue aujourd’hui sur Canadair NF-5A Freedom Fighter. Le premier vol de ce prototype désormais donc en phase d’assemblage est d’ores et déjà planifié pour le 18 mars 2023.

Programme phare de Turkish Aerospace Industries le Hürjet a pourtant bien failli ne jamais voir le jour. Non pas que l’avionneur turc ait eu des soucis avec le motoriste américain General Electric qui lui fournit le turboréacteur F404-GE-102, qui dérive de celui équipant déjà le chasseur-bombardier McDonnell-Douglas F/A-18 Hornet. En fait c’est l’exclusion de la Turquie du programme Joint Strike Fighter décidée par Donald Trump qui était à deux doigts de lui coûter son existence.

En effet le Hürjet fut pensé avant tout comme un avion d’entraînement avancé permettant aux jeunes pilotes turcs de se préparer au mieux à leur transformation opérationnelle sur monoplaces Lockheed-Martin F-35A Lightning II. La Turquie n’ayant guère plus de chances de réintégrer le programme on peut se demander la pertinence de lancer ainsi le développement d’un avion aussi ambitieux que le Hürjet.

Cela réside dans le fait que le cursus de formation aérienne avancé repose en Turquie sur deux modèles d’avions vieillissants : le Northrop T-38 Talon et le Canadair NF-5B Freedom Fighter. Ce dernier, à hauteur de quatre exemplaires, assurent la transformation opérationnelle des pilotes avant leur passage sur avion d’arme.
En tant qu’avion d’appui tactique rapproché le Hürjet devra remplacer en partie les monoplaces de combat General Dynamics F-16C Fighting Falcon employés comme tels.

La Türk Hava Kuvvetleri espère pouvoir faire entrer en service les premiers exemplaires de cet avion, ceux destinés à l’entraînement avancé, à l’horizon du second semestre 2025. De son côté le constructeur TAI entend pouvoir exporter sa machine qui entrera alors en compétition avec notamment le M-346 Master italien, le T-7A Red Hawk américano-suédois, ou encore le T-50 Golden Eagle sud-coréen. Comme ces trois avions l’appareil turc sera forcément compatible avec les normes de l’OTAN.
Il est à remarquer que le programme Hürjet rappelle fortement celui du T-5 Brave Eagle taïwanais actuellement en cours de développement.
Affaire à suivre.

Illustration © Turkish Aerospace Industries.

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6 COMMENTAIRES

    • L’avion auquel vous faites référence c’est l’AFJT, l’Airbus Future Jet Trainer. Il doit à terme remplacer l’Aviojet et pourquoi pas l’Alpha Jet.

  1. Le hurjet et dans la continuité du Hurkus déjà livré à l’armée turque et sera comme le dit bien l’article un avion multi-role léger avec une avionique moderne !
    Le coût de revient faible et les prestations de qualité du fabriquant TAI ne sont plus a prouvé …
    A terme le Hurjet sera sûrement un succès au même titre que la technologie de drones de la Turquie qui fait grincer des dents…

  2. Bravo et merci Arnaud pour ce 1er article en Français sur le Hürjet de Turkish Aerospace. TAI est en train d’assembler 4 prototypes pour faire les essais en vols assez rapidement en fin d’année. Le calendrier est très soutenu. On espère le voir voler en fin d’année. 1 jolie machine de plus qui sera proposée par TAI, surtout pour ses besoins propre en formation.

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