Ce nouveau jet d’entraînement avait été dévoilé en septembre dernier. Ce mercredi 10 juin 2020 l’avionneur taïwanais a fait voler pour la première fois le prototype du T-5 Brave Eagle. Un vol inaugural d’une durée d’un peu plus d’une heure qui a été suivi en permanence par deux avions de combat. Les premiers exemplaires de série doivent entrer en service actif d’ici six ans.

Pour Taïwan ce premier vol est avant tout un succès industriel incontestable. Il démontre les capacités de la république de Chine a concevoir et produire des avions aux standards nord-américains et européens. Ce nouvel AIDC T-5 Brave Eagle n’est pas un simple jet d’entraînement avancé, c’est ce que l’on appelle un LIFT. Sous cet acronyme anglophone on entend les Lead-In Fighter Trainers. Il s’agit d’avion permettant de fournir une formation au pilotage d’avion de combat de nouvelle génération de la manière la plus fidèle. Les LIFT sont d’ailleurs aptes aux missions de chasse légère ou encore d’appui tactique rapproché.
Il entre donc en concurrence direct avec des avions comme le M-346 Master italien ou encore le T-50 Golden Eagle sud-coréen.

Un peu plus d’une heure de vol durant lequel l’avion a permis aux ingénieurs de vérifier qu’il ne souffrait d’aucun défaut majeur. Il était revêtu d’une livrée spéciale des plus élégantes. Ce prototype T-5 Brave Eagle portait les marquages de nationalité de la république de Chine et le numéro de série 11001/08-9001. Il a décollé du tarmac de Ching Chuan Kang AB, où d’ailleurs il est évidemment revenu se poser à l’issu de ce vol historique.

Durant tout ce premier vol le prototype du T-5 Brave Eagle a été suivi par deux chasseurs F-CK-1 Ching-Kuo appartenant aux forces aériennes taïwanaises. L’ironie veut que le nouvel avion soit un (lointain) dérivé de ce type d’avion de combat. Il y avait donc une forme de passage de flambeau entre les deux appareils même si le nouveau n’est pas destiné à succéder à l’ancien.
Car le rôle du T-5 Brave Eagle sera de remplacer deux modèles différents d’aéronefs : l’AT-3 Tsu Chiang également conçu par AIDC et dédié à l’entraînement intermédiaire et avancé mais également une partie des Northrop F-5/F Tiger II de chasse. À terme la ROCAF doit aligner soixante-six exemplaires de ce nouvel avion.

Ce premier vol intervient au meilleur moment pour Taïwan. D’abord parce qu’il permet donc de démontrer les capacités industriels du pays au moment ou la puissante Chine voisine en remet une couche sur les menaces vis à vis de Formose. Ensuite car depuis son dévoilement l’an dernier AIDC n’a jamais caché son intention d’exporter ce nouvel avion. Or il y a quelques jours l’Australie a fait savoir qu’elle cherchait un remplaçant pour ses actuels Hawk Mk-127. Le T-5 Brave Eagle pourrait sans doute faire l’affaire.
Avec un peu de chances nous pourrions bien l’admirer l’année prochaine au Bourget.

Photos © AIDC.

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