L’information est à prendre avec des pincettes mais semble vraiment fiable. Ce mardi 8 février 2022 en fin d’après-midi le journal économique français La Tribune a annoncé que Dassault Aviation avait signé avec le gouvernement indonésien un premier contrat pour six avions de combat omnirôles Rafale F4. Celui-ci intervient quelques semaines seulement après la méga-commande émiratie. Pour autant il est envisageable que ce contrat soit très rapidement suivi d’un second, passablement plus conséquent.

Si La Tribune seule en avait parlé nous ne lui aurions sans doute pas emboité le pas. Seulement voilà plusieurs médias indonésiens ont eux aussi annoncé ce mini-contrat ô combien symbolique de six avions de combat français. Une première pour Dassault Aviation qui n’avait jusque là jamais réussi à percer au sein de cette chasse gardée américano-russe qu’est l’Indonésie. Mais pourquoi si peu d’avions au final ?
Parce qu’entre les volontés affichées de modernisation de la Tentara Nasional Indonesia Angkatan Udara et cette commande d’avions français il y a la réalité économique du pays. L’Indonésie a été très durement touchée par la crise du Covid-19 et ne possède plus forcément les finances nécessaires pour ses ambitions. D’autant que Jakarta veut conserver un peu de moyens pour deux autres programmes aéronautiques, l’un à court terme et le second à plus ou moins long terme. Le premier c’est le chasseur américain de supériorité aérienne Boeing F-15EX Eagle II et le second c’est le chasseur sud-coréen de 5e génération KAI KF-21 Boramæ actuellement en cours de développement.

Or ce mercredi 9 février 2022 la ministre des Armées, madame Florence Parly, s’envole pour l’Indonésie. Une visite officielle qui doit durer deux jours et avait été déjà ajournée pour cause de crise sanitaire et d’actualité internationale en Europe orientale. Non pas qu’elle vienne signer le contrat, en tous cas pas celui-ci, mais plutôt qu’elle essaye d’en conquérir un second. Il est désormais question de quinze à trente avions supplémentaires, livrables moins rapidement que ces six qui seraient disponibles dès 2025. L’Indonésie aura t-elle ses Rafale F4 avant la France ? C’est fort possible.
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NDLR : Dimanche 13 février 2022, 9h 55.
Comme vous avez pu vous en rendre compte l’article a été fortement remanié. L’autocensure n’étant pas le genre de ce site, connu pour sa liberté de ton, il était préférable que nous nous en expliquions à nos lectrices et lecteurs. C’est une question de respect.
Nous avons reçu deux messages de la part d’un communicant de la société Dassault Aviation qui souhaitait revenir sur l’aspect social de l’article. Le premier mercredi dernier sur la boite mail du site et le second hier soir sous la forme d’un commentaire à cet article C’est pour cette raison que nous avons décidé d’ôter ce dimanche matin la partie dite sociale de l’article. Le communicant en question exposait des chiffres et déclarait, sans réellement dire le mot, que nous mentions ! Il réclamait un droit de réponse. Je lui aurais personnellement accordé si nous avions également reçu celui de chaque syndicat représentant du personnel de l’entreprise. N’ayant que la réponse de ce monsieur qui représentait donc la direction de sa société nous avons préféré reprendre l’article et ainsi nous censurer nous-même. Nous n’allions pas privilégier la direction au détriment des syndicats, ça n’aurait pas été du tout équitable.
Ne souhaitant pas fragiliser le dialogue social ni l’image d’un avionneur français auprès des passionnés d’aviation nous n’interviendrons donc plus sur cette question.
Nous prions nos lectrices et lecteurs de nous pardonner pour la gène occasionnée.

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15 COMMENTAIRES

  1. Au contraire, je pense que ce contrat est bienvenu comme n’importe quel autre contrat d’ailleurs, cela pourrait débloquer la situation dans les usines, aussi bien côté direction que syndicats manifestants.
    Il me semble que les syndicats qui ont signé ne sont pas minoritaires puisque cela a validé les NAO
    D’autre part, côté participation, les salariés de Dassault-Aviation sont toujours bien « gâtés » par rapport aux autres entreprises, enfin je crois.
    Donc n’avançons pas trop quand on n’a pas tous les éléments, jusqu’à présent, seuls ces syndicats manifestants se sont exprimés

    • Justement nous avons les éléments concernant les syndicats. Seuls l’UNSA et la CFE-CGC (minoritaires) ont signé. CFDT, CGT, et Sud (les deux premiers sont majoritaires) ont refusé.

  2. Chez Dassault Il y avait le patriarche, Marcel qui suite à sa déportation avait un rapport particulier avec les communistes et la CGT. Pour lui le « confort » du personnel était une priorité. Serge avait hérité ce coté social et billet de banque de son père. dans une moindre mesure Olivier était sur la même ligne.
    Il n’a échappé à personne que ces trois personnages ne sont plus de ce monde.
    Dassault est devenu une entreprise standard dont le coté social n’est plus une priorité. C’est dur à vivre pour les salariés, d’autant qu’il y a eu une réorganisation de l’entreprise avec des transferts d’activité d’un site à l’autre.
    Le problème de salaire est sérieux. Dans une phase de montée en charge du carnet de commande, Dassault ne peut pas se permettre des départs en nombre. Mais au delà des salaires il y a aussi tout les petits avantages comme l’aide à l’aéroclub qui ont aussi tendance à baisser.
    Il est certain qu’il va falloir rapidement trouver un nouvel équilibre pour rester crédible auprès des clients actuels ou futurs.

  3. Bonjour. Le cours de l’action Dassault dénote par rapport au reste du secteur industriel français.
    Le site Boursorama avait annoncé une tempête boursière à cause du COVID et les fonds d’investissement et banques en rajoutent un couche en se désengageant des finances des groupes juges non éthiques et polluants.
    .
    En conséquence, les moyens de financement des entreprises s’émoussent ou fondent: et elle finiront par perdre en capacité d’innovation.
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    Et ce sera le décrochage.
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    Grâce au Rafale, la France offre une alternative politique et matérielle face aux géants du secteur. On peut s’en réjouir car la situation est polarisée à l’extrême et personne, à l’exception des clients, ne veut faire de la publicité pour le Rafale. Donc les USA ne condamneront pas, la Chine et la Russie ne relèveront pas, et le client s’offre un appareil capable.
    Quant à la commande, bravo, car il n’y a pas de petite commande.
    Belgique, Suisse et Finlande montrent qu’une fois qu’un pays fournisseur est dans la place, il est difficile de s’en détourner.
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    Concernant le conflit, aucune réussite, aucun pas en avant n’est à négliger. Mon opinion étant que cette commande allonge la durée de production de plusieurs mois.
    On sait que ous ici à quel point la concurrence est féroce, et malgré les contrats signés, rien n’est sûr.
    Souvenons nous du parachutiste en chute libre dont la voile ne s’est pas ouverte… Il aurait dit « jusque là, tout va bien ».

  4. Ce contrat est une très bonne nouvelle !
    Pour compléter le tableau social des ouvriers et employés de chez Dassault, il ne faut pas oublier les conséquentes primes d’ intéressement, qui présentent plusieurs mois de salaire en fin d’ année.
    La générosité de l’ entreprise n’ est plus ce qu’ elle était, mais cela reste une très bonne boite.

  5. Au total le contrat d’armement prévu sera pour 42 Rafale et 2 sous-marins Scorpène.
    C’est du bonus pour notre balance commerciale future.
    Le compteur Rafale est maintenant loin devant le Typhoon en ce qui concerne les exportations.

    Pour avoir eu des relations comme clients avec plusieurs constructeurs aéronautiques, Dassault n’est pas le plus à plaindre et j’y étais au moment où aucun Rafale ne se vendait à l’export et la vente de Falcon était stagnante. Je suis sûr que le management de Dassault trouvera un compromis avec les syndicats. Ils ne peuvent pas se permettre en ce moment une ambiance dégradée qui nuirait à la productivité.

  6. Entre les 15 jours de congés ponctionnés pour Covid a certains employés, des augmentations peau de chagrin depuis une dizaine d années, 2 ans de discussion pour arrivé à un jour de télétravail sous des conditions rigides et sans matériel, quand on regarde dans le détail les avantages chez Dassault c est pas la fête, mais on diras que l intéressement et la participation rattrape tout, sauf en cas de crise et de mauvaise année.
    Mais il semble que cela ne suffise plus pour attirer les talents et les garder. Du coup il embauchent à la sortie des écoles au moins cher ça c est nouveau.
    Sans parler d une vraie cassure mise en place entre cadre et non cadre sans augmentation dans les usines parfois pendant plusieurs années.
    C est clair Dassault est devenu une entreprise comme les autres tout simplement. Dommage.
    Du coup il ne reste plus que L’Oréal et LVMH en France.

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