Le retour à San Diego du porte-avions américain USS Carl Vinson a permis de tirer les premiers enseignements des nouveaux équipements se trouvant à son bord. Si la plus part avait les yeux tournés vers les chasseurs embarqués Lockheed-Martin F-35C Lightning II il ne s’agissait pas là des seuls aéronefs expérimentés en grandeur nature à cette occasion. Les convertiplanes de transport Bell-Boeing CMV-22 Osprey étaient eux aussi du voyage. Et visiblement l’US Navy est conquise par ce nouvel avion.

Pour mémoire le CMV-22B est une version à mi-chemin des CV-22B Osprey de l’US Air Force et des MV-22B de l’US Marines Corps destinée à remplir les missions de Carrier Onboard Delivery à bord des porte-avions de l’US Navy. Il doit donc d’ici quelques mois à quelques années totalement remplacer le mythique Grumman C-2A(R) Greyhound hérité de la guerre froide. Et cette première mission opérationnelle à bord de l’USS Carl Vinson était primordiale pour lui. Le convertiplane devait prouver sa valeur, il semble qu’il soit allé au-delà des espérances du Pentagone.

D’abord il a permis aux officiers de l’aéronavale américaine de vérifier qu’il peut parfaitement apponter et redécoller du porte-avions par à peu près tous les temps, sauf par très mauvaise mer. Un détail sans doute sauf quand on sait que l’appontage par gros temps est depuis une trentaine d’année l’apanage des équipages de C-2A Greyhound. À tel point même qu’ils assurent la formation avancée de leurs collègues évoluant sur Grumman E-2C Hawkeye / Northrop-Grumman E-2D Advanced Hawkeye. Malheureusement pour lui cette option ne semble pas compatible avec son appontage / décollage aux moyens de son rotor basculant. À ce niveau là donc l’US Navy est dans une impasse. Fort heureusement pour elle il s’agit de missions extrêmement rares car dans de telles conditions météos dégradées les vols sont la plus part du temps annulés.

Le CMV-22B Osprey a aussi démontré qu’il pouvait enlever sous élingue une charge marchande bien supérieure à celle des hélicoptères Sikorsky MH-60S Knighthawk. Le Vertrep est en effet une de ses missions secondaires, notamment à moyen rayon d’action.
Surtout l’US Navy a pu s’assurer que son nouveau COD était parfaitement adapté aux missions d’évacuation sanitaire, une des principales actuellement dédiées aux C-2A(R) Greyhound à bord de ses porte-avions. Et il s’en est acquitté de la meilleure des manières : suite à un crash à l’appontage avec blessés sur le pont d’envol. Celui d’un F-35C Lightning II. À cette occasion le CMV-22B Osprey a permis l’évacuation médicalisée en urgence des blessés les plus durement touchés, ceux ne pouvant pas être soigné à bord.

L’avenir proche du transport aérien embarqué américain.

Bien sûr le Pentagone a encore quelques réglages à faire avant de déployer le plus massivement possible ses Bell-Boeing CMV-22B Osprey mais l’essentiel semble atteint : le convertiplane s’est montré apte au remplacement plein et entier du Greyhound.
Une telle machine pourrait ouvrir des possibilités d’export auprès de pays comme la France ou l’Inde, à condition bien sûr qu’ils en fassent la demande.

Photos © US Navy

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5 COMMENTAIRES

  1. Merci Arnaud pour ce très bon article, comme d’habitude.

    Cet appareil me fascine. Quel réussite !!.
    Les Américains en possèdent combien au total, toutes versions confondues ?

    Oui, il nous en faudrait aussi pour le futur porte-avions NG.

    Quand nous sommes loin d’une côte ou d’un port, cela nous rendrait service.

    Les hélicoptères ont les pattes un peu courtes pour ce genre de mission et la capacité d’emport n’est pas la même.

    La prochaine LPM, devrait y songer rapidement.

  2. Bonjour !
    Article tres interessant !

    Il y a quelques temps l’us navy avait suggere dans une etude sur le futur des portes avions (suite aux derives budgetaires de la classe ford) une option porte avion leger (peu ou prou sur le model de l’uss america utilise par les marines) avec des F35B. Un des points problematique etait l’abscence d’avion awacs, les helico awacs n’etant pas des plus performants. Une des options envisagee etait un EV22, un V22 AWACS. Quelqu’un saurait ou en est le projet car il n’y a a ma connaissance pas eut de projet « concret » (debut de financement ou appel d’offre etc) pour une telle appareil ?

  3. Moi ,je me pose une autre question. on sait qu il peut être ravitaillé en vol . Mais peut il être un bon ravitailleur ? Sur un porte avion , ça serait vraiment l idéal. Et sur des portes avions STOBAR, alors la ça serait jackpot , vu que les avions doivent décoller soit avec peut de pétrole, ou pas le plein de munitions. Maintenant, vu la taille de ses rotors / hélices , je me doute que cela risque d ‘être rock and roll, Mais les pilotes de la Navy ou de la royale sont les meilleurs aux mondes , enfin , il parait 😉

  4. Si ses performances en terme de transport ne font aucun doute, je serais plus dubitatif quant au problème de l’appontage par gros temps… car il a quand même 30% d’autonomie en moins que le Greyhound : 3200/4800km (les 2 sont ravitaillables en vol)…

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