Trois ans après, la RAF valide enfin sa commande de Chinook HC.7.

«Tout vient à point à qui sait attendre» dit l’adage populaire. Sûr que l’hélicoptériste américain Boeing Vertol doit bien l’avoir appris avec le ministère britannique de la défense qui vient de lui notifier la commande de quatorze birotors en tandem Chinook HC.7. C’est en effet en avril 2021 que le contrat avait officiellement été signé autour de cette évolution du CH-47F avant que celui ci ne soit dénoncé et rediscuté. Finalement il semble que cette fois soit la bonne.

Le contrat est annoncé à 1.8 milliards de dollars US. Un peu onéreux pour quatorze CH-47F Chinook vous me direz ? C’est normal car les Chinook HC.7 ne sont en fait des CH-47F que sur le papier. Dans la réalité ce sont des hélicoptères à mi-chemin de celui-ci et du très secret MH-47G Chinook si cher aux forces spéciales de l’US Army. Vous l’aurez sans doute compris les trois années de renégociations du contrat ont en fait été des discussions entre Londres et Washington DC afin de s’assurer que la première puisse enfin posséder de vrais hélicoptères dédiés aux opérations spéciales, aux meilleurs standards de l’OTAN.

Il est à signaler qu’en France on n’a pas de Chinook mais nos forces spéciales disposent depuis longtemps de leurs propres Eurocopter EC725 Caracal / Airbus Helicopters H225M. Alors certes ça a moins de gueule mais ça n’est pas moins efficace, bien au contraire. Et c’est sans compter les futurs NHIndustries NH-90TTH Caïman commandés par l’Aviation Légère de l’Armée de Terre aux profits du Commandement des Opérations Spéciales. Fermeture de la parenthèse franchouillarde.

Une parenthèse qui pourtant explique comment la Royal Air Force a voulu en finir avec ses Chinook HC.6A au profit de ces futurs Chinook HC.7. C’est notamment l’expérience du Mali qui a donné naissance à ce nouvel hélicoptère, conçu avec l’aide de conseillers militaires britanniques. Mais au fait comment ces derniers ont pu convaincre l’administration Biden de vendre le MH-47G, même en version allégée ? La fidélité de la RAF à Boeing Vertol n’y est sans doute pas pour rien.

Les premiers Boeing Vertol Chinook HC.7 sont attendus dans la Royal Air Force à partir de la fin de l’année. La pleine dotation devrait avoir lieu fin 2026. Deux ans pour livrer quatorze hélicos aussi pointus c’est pas mal.

Affaire à suivre.

Photo © RAF

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ARTICLE ÉDITÉ PAR
Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

4 réponses

  1. La France n’a pas besoin d’hélicoptères lourds, puisqu’elle n’en fabrique pas. CQFD
    En attendant, nos militaires en opex doivent mendier les moyens lourds des autres nations, ça fait un peu pitié quand même.

    1. Bonjour JL.
      Pourquoi « pitié » ? Non, c’est un échange de bons procédés entre alliés.
      Lorsque, l’année dernière, des ressortissants de pays européens ont été rapatriés du Soudan en plein chaos par des avions de l’AAE, ou quand des militaires français et tchadiens, ensemble ont réussi ces derniers jours à libérer un otage polonais au Tchad, ces pays européens vous ont-ils, là aussi, « fait pitié » ? Vous me permettrez d’en douter.
      Non, ce sont des « coups de mains » normaux, entre partenaires. Et si le partenariat est équitable, sur une période un peu plus longue, cela s’équilibre.
      Et pour ce qui est de votre argument « La France n’a pas besoin d’hélicoptères lourds, puisqu’elle n’en fabrique pas. CQFD », deux exemples aéronautiques suffisent à le contredire. La France ne fabriquait ni Awacs ni Hawkeye. Et pourtant, comme elle en avait besoin, elle en a acheté. Il est donc possible de dire que le pragmatisme entre aussi en considération dans les achats d’armements, pas seulement le patriotisme.
      J’espère que vous ne prendrez pas ma réponse comme une attaque personnelle, mais plutôt comme un échange constructif.
      Bien à vous.

  2. Bonjour, je ne prends pas mal votre réponse, mais je vais développer mon commentaire :
    Je considère qu’il y a une différence entre une entraide pour des opérations ponctuelles urgentes comme celles que vous citez, et une opération militaire s’inscrivant dans la durée (exemple Mali). Il est donc selon moi important d’écouter ceux qui mènent ces opérations, et qui souhaitaient une poignée d’hélicoptères lourds pour gagner en efficacité. Des militaires gradés ont régulièrement fait état de ce besoin, mais Bercy en a décidé autrement. Sans même parler des géguerres entre armées de terre et de l’air qui se disputaient le jouet avant même de le posséder…
    Pour résumer, quand on décide unilatéralement de mener des opérations dans des pays lointains (François H, si tu nous lis ), il faut mettre des moyens adaptés à ces opérations. Les quelques pumas rincés (mais valeureux) et caïmans au compte goutte, avaient bien besoin d’être épaulés d’une poignée de Chinook britannique et Merlins (Danois me semble t-il), qui ont démontrés leur utilité sur ce type de théâtre. En gros, il faut avoir les moyens de ses ambitions, ou sinon rester tranquillement chez soi et s’entraîner à Canjuers ou ailleurs.
    Pour les avions de détection, c’est différent, il était question de protéger le territoire national, donc l’enjeu était stratégique. Contrairement au Mali, où l’enjeu était je dirai différent, avec la fin que l’on connait .
    C’était le sens de mon commentaire.

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