C’est une décision audacieuse de la part de la British Army, peut-être aussi un pari risqué sur l’avenir. L’année prochaine l’Army Air Corps retirera du service ses trente-quatre hélicoptères biturbines de reconnaissance armée et d’escorte Agusta-Westland Wildcat AH.1 après, alors, seulement treize ans de service. Il s’agit là d’un des enseignements de la guerre menée par la Russie contre la souveraineté et la démocratie ukrainiennes dans laquelle les avions sans pilotes ont pris une place prépondérante. Ce sera l’épilogue de 69 ans d’emploi des hélicoptères d’observation et de reconnaissance par cette Army Air Corps.

Fait surprenant la British Army n’a pas annoncé, ce mercredi 1er juillet 2026, quels modèles de drones auront la charge de remplacer les Wildcat AH.1 au sein de l’Army Air Corps. On sait juste qu’ils devraient être deux, et seront livrés à partir de la fin de l’année 2027, soit quelques mois après le retrait du service des derniers hélicoptères de reconnaissance armée et d’escorte. Une fois encore le Ministry Of Defence fait le choix d’une vide d’équipements durant un laps de temps donnés. La Royal Air Force connait bien cela, ici ce sera l’Army Air Corps.
Des avions sans pilotes plutôt que des hélicoptères, c’est dans l’air du temps de la guerre de haute intensité. Un enseignement de la guerre en Ukraine suivi par les militaires britanniques. Ils sont les premiers en Europe à suivre cette voie, et déjà des contestations se font entendre en Grande Bretagne où certains critiquent l’absence de concertation par l’état-major de la British Army. Fin des Wildcat AH.1 en juillet prochain, arrivée des premiers drones à Noël 2027 au plus tôt : c’est sûr c’est audacieux. Ou complètement dingue, c’est l’avenir qui nous le dira.
En attendant donc la British Army, et l’Army Air Corps placée sous son autorité, rompront l’an prochain avec 69 ans d’histoire de l’hélicoptère d’observation et de reconnaissance.
Timidement débuté en 1958 avec le méconnu Saunders-Roe Skeeter AOP Mk-12 bientôt remplacé par les Sud-Est Alouette AH Mk-1 et Westland Scout AH Mk-1 qui lui offrirent ses lettres de noblesse. Au sein des forces européennes de l’OTAN l’Army Air Corps allait alors défricher ce domaine de vol en compagnie d’une certaine Aviation Légère de l’Armée de Terre. Toutes deux allaient employer durant plusieurs décennies le même modèle monoturbine : la Gazelle, connu outre-Manche comme Gazelle AH Mk-1. Un appareil français apprécié des Britanniques, et pour cause, qui allait bientôt voler de conserve avec «the» hélicoptère britannique de reconnaissance et d’observation, celui qui allait intégrer la dimension d’escorte armée : le Westland Lynx AH Mk-1 et ses versions jusqu’au Lynx AH Mk-9. Lequel sera remplacé en 2014 par le Wildcat AH.1 actuel.
Le plus surprenant dans cette histoire c’est que l’Agusta-Westland Wildcat AH.1 n’est même pas un mauvais hélicoptère. Il est plutôt apprécié des Britanniques qui lui reconnaissent d’ailleurs une puissance moteur élevée grâce aux 1360 chevaux de chacune de ses deux turbines anglo-américaines LHTEC CTS800-4N. En outre il a la réputation d’être agréable à piloter et de facilement pardonner les erreurs de débutants. L’Army Air Corps va donc anticiper le retrait du service d’un bon appareil.

D’ores et déjà il se dit que la Royal Navy, qui exploite le Wildcat HMA.2 de combat maritime, pourrait reprendre quatorze des trente-quatre Wildcat AH.1. Ces appareils seraient alors mis en œuvre par les troupes des Royal Marines. Restera alors un lot de vingt hélicoptères disposant encore d’un bon potentiel… sans doute proposé à l’export sur le marché de seconde main.
Après le retrait du service de ces appareils l’Army Air Corps possèdera encore un peu moins de soixante hélcoptères. Cinquante seront des Boeing AH-64E Guardian d’attaque au sol et d’appui aérien rapproché, cinq des Eurocopter AS.365 Dauphin 2 dédiés aux opérations spéciales, et enfin trois Airbus Helicopters Jupiter HC.2 de transport tactique et de recherches / sauvetages ultramarins.
Photos © Army Air Corps
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Une réponse
Un cache misère, en clair ils réduisent encore leurs capacités de transport, cette mission reposera seulement sur les Chinook de la RAF.