C’est depuis l’usine Boeing de Saint-Louis dans l’état du Missouri que ce vol inaugural eut lieu. Ce mardi 15 août 2006 le nouvel avion de guerre électronique active de l’US Navy, le Boeing EA-18G Growler, réalisait son premier vol. À la différence de son prédécesseur, le mythique Grumman EA-6B Prowler, celui-ci s’est vendu à l’export : la Royal Australian Air Force en possède douze exemplaires. Retour sur un avion pas tout à fait comme les autres.
Le Boeing EA-18G Growler c’est un peu le «Canada Dry» de l’avion de chasse. Il ressemble comme deux gouttes d’eau à un avion de chasse, il vole aussi vite qu’un avion de chasse, il emporte des missiles comme un avion de chasse, il se ravitaille en vol comme un avion de chasse, il se pilote comme un avion de chasse ; mais ce n’est pas un avion de chasse. C’est un avion de guerre électronique embarquée, et plus particulièrement de guerre électronique active.
Pour mémoire celle-ci, à la différence de la guerre électronique passive, ne se limite pas au brouillage des émissions ennemies et dispose d’un armement permettant la destruction des moyens de repérage adverses. Son arme principale est le missile AGM-88 HARM dont il emporte généralement deux exemplaires sous voilures.

Et depuis ce vol inaugural il y a 20 ans il en a fait des choses ce cher Boeing EA-18G Growler. Il a intercepté les conversations téléphoniques des terroriste talibans et de leurs supplétifs d’Al-Qaïda en Afghanistan, il a brouillé et détruits les radars libyens du dictateur Khadafi, il a de nouveau intercepté des communications de GSM islamistes mais cette fois en zone Irak Syrie contre Daech, il s’est même payé le luxe d’abattre un hélicoptère Mil Mi-8 Hip de terroristes Houthis au Yémen, ou encore de couvrir l’intervention américaine au Venezuela avant d’en faire de même au-dessus de l’Iran. Ces deux derniers cas c’était cette année.

Le Boeing EA-18G Growler est de ces avions de combat dont l’Amérique ne peut pas se passer. Moins médiatisé que le F/A-18F Super Hornet dont il dérive directement il est pourtant omniprésent au sein des opérations menées par le Pentagone depuis son entrée en service en septembre 2009.
Pas mal pour un avion qui n’a que 20 ans.
Photos © US Navy
En savoir plus sur avionslegendaires.net
Subscribe to get the latest posts sent to your email.












