Le programme européen aura duré moins d’une décennie. «Lancé en grande pompe en 2018 abandonné en catimini en 2026» tel pourra être l’épitaphe du Système de Combat Aérien du Futur. Le Chancelier d’Allemagne Friedrich Merz et le Président de la République Française Emmanuel Macron ont convenu ce lundi 8 juin 2026 de la mort de ce programme de chasseur de 6ème génération. Énorme raté pour Airbus Defence autant que pour Dassault Aviation qui ont toute deux perdu un temps considérable en recherches et développement.
La faute à qui ?
À mon sens kif-kif, 50/50, et pas besoin d’appel à un ami. Airbus Defence et Dassault Aviation seront demeurées toutes deux arc-boutées sur leurs positions, chacune refusant la main tendue de l’autre ou bien de partager avec son partenaire tel ou tel savoir. D’un côté du Rhin on dira que c’est de la faute des Allemands, pardon dans ce cas des Boches voire des Fridolins les Français n’étant jamais à court d’insultes liées à la guerre pour parler de leurs voisins. De l’autre côté du Rhin les Français, également appelés Franzmann ou Käsefresser, vont s’en prendre plein la poire. 50/50 comme je disais. Un point partout balle au centre. Le grand perdant dans l’Histoire ? L’Europe.
Et maintenant ?
Airbus Defence va certainement se chercher de nouveaux partenariats, à moins que ce soit déjà fait, avec les Britanniques et les Italiens. Le programme GCAP va gagner en épaisseur. L’Eurofighter EF-2000 Typhoon aura droit à un petit frère sans technologie française.
Dassault Aviation de son côté a désormais les mains libres pour son plan B. Mais si vous savez ce «Super Rafale» dont on nous rebat les oreilles depuis des mois et que la majorité des actionnaires de l’avionneur français appelait de leurs vœux. Le successeur du futur Rafale F5 sera donc franco-français. À moins que l’Inde ne s’en mêle et rejoigne la France avec ses milliards et milliards de roupies et sa puissance industrielle émergente.
Lancer un programme en 2026 pour la France ou le rejoindre pour l’Allemagne c’est de toutes manières un énorme gâchis. Huit années ont été perdues par les industries aéronautiques de nos deux pays, presque une décennie durant laquelle les travaux aurait pu permettre de voir émerger une machine fantastique, un avion de combat capable de damer le pion à Boeing ou Lockheed-Martin. Mais non les Allemands et les Français ont été trop cons pour ça. Oui j’ai bien écrit cons, j’assume le terme. Et je le trouve d’ailleurs très en dessous de la réalité.
Là j’ai aussi une pensée pour les Belges et les Espagnols qui ont chacun cru au SCAF et se révèlent désormais être les dindons de la farce. Mauvaise blague d’ailleurs.
Alors oui je suis en colère ? Ni spécifiquement contre Airbus Defence ou Dassault Aviation. Ou contre Macron ou Merz. Ou même l’Armée de l’Air et de l’Espace, la Marine Nationale, et la Luftwaffe. Non contre eux tous !!! Ils ont globalement été inaptes à mener à bien le programme SCAF et font désormais passer l’Allemagne et la France pour deux pays incapables de travailler sainement et sereinement ensemble.
Illustration © Airbus Defence
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17 réponses
Bonjour Arnaud, je vous sens amère dans cet article, mais sincèrement je vous comprend et je partage. Quel gâchis, que de temps perdu, que d’espoirs déçus ! Tout le monde dans cette histoire lamentable rate un acte historique !! Décidemment notre défense européenne, tant nécessaire voir même indispensable, a du plomb dans l’aille !
Bonjour Arnaud
Oui, il y a de quoi être amer. Maintenant que c’est dit, on fait quoi ? D’autres projets autour du SCAF avancent favorablement. L’idée de collaborer avec l’Inde est pertinente, à condition d’accepter là -aussi un partage des savoirs et compétences. L’Inde peut être comparée à la France en termes de besoins aéronautiques, excepté la composante nucléaire. Enfin, la construction de chaînes de production locale peut favoriser les contrats export.
En revanche, ce nouvel avion doit disposer, si j’ai bien compris, d’un cloud de combat collaboratif européen.
Du coup, qu’en serait-il en cas de partenariat avec l’Inde ? Les consequences de ce dossier sont bien plus lourdes encore que ce que nous imaginons.
Bonjour, je n’avais pas compris cette troisième tentative de faire cet appareil ensemble, avec l’Allemagne ou l’Angleterre. Cela avait déjà échoué avec le Tornado, le Typhoon. Nous n’avons pas les mêmes contraintes (porte-avions…) que pouvait-on espérer.
Ce n’est pas qu’une question de « pouvoir » sur la réalisation de l’appareil.
Mais d’utilisation, nous avons bien plus de territoires marins que nos partenaires, donc une version navale obligatoire.
Espérons qu’il y aura quelques retombées positives sur l’environnement prévu du SCAF.
C’est peut etre un mal pour un bien .
Les appareils fabriques en collaboration sont toujours des compromis et coutent souvent toujour splus chers (multiplicite des bureaux d’etudes, des sites de production….,divergences politiques pour les exportations etc …..
donc finalement Dassault peut refaire le coup du Rafale ..et notre industrie en profitera . à condition que la volonté politique suive derriere.
donc le roi est mort mais vive le roi !!!
Bonjour
Il faut être réaliste l Allemagne veut construire une industrie aéronautique militaire nationale principalement pour des raisons économiques mais aussi se dessine derrière un nationalisme presque prussien. L argument du nucléaire et du portavions et assez fallacieux quand on achète du F35 et que l on paye le développement des versions stobar et catobar dans le prix d’ achat de l apareil, de plus navaliser le scan était un bon argument à l export. Les allemands comptent sur le militaire pour relancer leur économie ce n est pas une bonne idée ça finit souvent mal
La faute à qui? Pour les allemands, les vilains français qui ne veulent pas céder les compétences qu’ils ont mis des décennies à acquérir. Pour les français les méchants allemands qui ne peuvent accepter d’être cheffés par un français. Et tout le monde aurait en partie raison.
Que de temps perdu! On nous parle de divergences sur le cahier des charges, fixé pourtant au lancement du projet il y a 9 ans!
Non, le clou final dans le cercueil du SCAF est la commande de F-35 par la Luftwaffe. La France s’est retrouvée seule à avoir besoin d’un avion qui doive répondre à des besoins capacitaires et opérationnels dans un futur proche, quand l’Allemagne a maintenant besoin de gagner des compétences et de faire tourner sa machine industrielle et peut patienter jusqu’à 2050 pour trouver un successeur à ses tout neufs F-35 (la future commande de F-47 évidemment). Donc depuis 2022 ça nous fait 4 années perdues avec ce dénouement qui ne surprend personne.
Qui blâmer de cette situation ? Je dirais les politiques allemands qui restent enfermés dans leur vision d’après-guerre : on achète aux États-Unis, il vont nous protéger. Merz : « Amérique d’abord ne veut pas dire Amérique toute seule, ils on besoin de partenaires. S’ils ne savent pas quoi faire de l’Europe, alors qu’ils soient au moins les partenaires de l’Allemagne… » la teneur et le ton de supplique de cette citation se passent de commentaires.
Ajoutez à ça le sentiment de supériorité des Allemands sur nous autres petits Français et vous avez la recette de l’échec du programme. Je parle bien de sentiment de supériorité et non de racisme, le même sentiment qui fait que certains Français considèrent par exemple qu’un médecin né au Maroc ou en Roumanie sera forcément moins bon qu’un né en France, de parents Français (de souche évidemment). Je donne cet exemple pour bien faire comprendre que je ne dis pas que ce sentiment de supériorité est propre aux Allemands, mais il est un facteur essentiel de ce triste gâchis.
Vous allez construire un Rafal XXL avec quel argent…?
La dette allemande est ridicule face à la situation financière de la France.
Qui aurait financé les exigences françaises pour son aviation navale…
De toutes manières ce projet était boiteux. Comment avoir un avion unique avec des besoins différents ? Ensuite le changement des « règles du jeu » en cours de match, opéré par Airbus, en faisant rentrer la division Espagnole, avec le laissez-faire de nos politiques… voilà le résultat !
Vu de l’extérieur de la France, les torts sont éminemment partagés. Les Français accusent les Allemands de tirer la couverture à eux, les Allemands accusent les Français d’être incapables de coopérer…
J’aimerais quand même rappeler que si les allemands ont effectivement acheté des F-35, ils ont également acheté des Typhoons, et que ce n’est pas pour cela qu’ils n’auront pas besoin d’un SCAF ou équivalent, dont les capacités devraient être très nettement supérieures.
Pourquoi 8 années de perdu ? Il doit rester énormément de choses en recherche et développement de ces 8 années, aussi bien chez Dassault que chez Airbus. A part le Sepecat Jaguar, aucun programme en collaboration n’aura été un succès commercial et ils ont toujours coutés très cher, en développement et en fabrication. Comme le dit Fifoune , c’est peut être un mal pour un bien.
Le Canada, la semaine passée, envisageait de se joindre aux Anglais et à leurs amis investisseurs comme le Japon.
Seuls les militaires veulent absolument le F-35.
Ceux qui ont cru au SCAF comme les Belges et les Espagnols, sont les dindons de la farce.
Dassault a un nombril de la taille de l’Hexagone.
De prime abord l’idée proposée par Dassault d’avoir un leadership clair était bonne: ca a très bien marché pour le Neuron, ca a l’air de marcher pour le Vortex, ça marche pour le F-35 (qui a plein d’autres défauts, on est d’accord).
Concernant la taille de Dassault vs Airbus, Il y a d’autres programmes dont la maîtrise d’œuvre a été donnée à plus petit que les sous-traitants (il me semble que Galileo a été attribué à OHB qui n’avait que très peu d’expérience)
Sans absolument renier la maîtrise de Dassault, le Neuron a mené à quoi à part le stade du prototype ? Rien !
@Massimiliano, c’est un autre sujet.
Là, on parle de l’exécution d’un programme d’avion par rapport à un cahier des charges qui a été écrit par les militaires et la DGA à l’époque. Après s’il y a suite ou non, la décision appartient au gouvernement.
Si le F-35 avait respecté son cahier des charges, il n’y aurait pas tous ces randams à son sujet
Tout beau, tout juste et aucun appareil commandé. James si l’appareil aurait suscité un quelconque intérêt de la part des états majors il aurait été commandé.
C’est un démonstrateur technologique et non un prototype, il sert de briques pour la conception d’un autre appareil, Les briques technologiques démontrées étant: la furtivité, la connectivité pour le contrôle de l’appareil, la qualité de vol d’un aille volante de cette dimension, l’emport et le largage de bombe en soute, etc.
Cela a démontré que Dassault et les entreprises partenaires maîtrisent ces briques.
Au temps pour moi James.