L’avionneur français a choisi la période du salon de Farnborough pour donner ses orientations et ses bons résultats. Et ce que l’on peut avant tout relever c’est que le futur Rafale F5 est le programme numéro 1 de Dassault Aviation. Dans le même temps le constructeur indique avoir 208 avions de combat dans son carnet de commandes, aussi bien lié au marché intérieur de l’Armée de l’Air et de l’Espace et de la Marine Nationale qu’aux contrats signés à l’export avec par exemple l’Indonésie ou bien la Serbie. Il faut savoir que la future super commande indienne n’est évidemment pas intégrée puisqu’aucune signature n’a jusque là eu lieu.
Un chiffre d’affaire de 4,16 milliards d’euros pour le premier semestre de l’année 2026, ce sont de très bons chiffres, Il faut bien le reconnaître. Dassault Aviation a besoin de rassurer à la fois ses actionnaires mais aussi son principal client : le ministère des Armées. Alors l’avionneur annonce une progression de 46% vis-à-vis des 2,85 milliards d’euros engrangés à la même période l’an dernier. Il faut dire qu’entre le premier semestre 2025 et le premier semestre 2026 une commande historique est arrivée : celle de l’Indian Navy pour vingt-six Rafale M et B.
Mais au fait pourquoi les rassurer ? Simplement parce que le divorce Airbus Defence / Dassault Aviation et l’échec le mois dernier du programme européen SCAF est un des plus gros ratages aéronautiques des 30 dernières années. L’image des deux avionneurs a forcément été écornée par le fait qu’ils soient l’un et l’autre totalement incapables de travailler en équipe. Dassault Aviation devait donc rassurer. Pari réussi ? Possiblement oui…
D’abord outre les très bons chiffres Eric Trappier, numéro 1 du groupe Dassault, a indiqué que le successeur français du SCAF devrait voler sous la forme d’un démonstrateur technologique d’ici à 2031-2032. Ça semble très ambitieux mais s’il donne une telle échéance c’est qu’il a des billes pour cela. D’ailleurs l’homme d’affaire ne ferme pas la porte à une coopération internationale avec un pays tiers ayant de réelles capacités industrielles. Alors Inde ou Suède ? On le saura sans doute tôt ou tard.
Mais surtout il a insisté sur le fait que le futur Rafale F5 aura une architecture des plus fermées, inutile d’espérer qu’un quelconque client veuille y ajouter dans les premières années d’exploitation tel ou tel système indigène. Certains y voient clairement une pique adressée aux Indiens et à leur volonté d’obtenir l’accès à certains éléments névralgiques du Rafale F4 dans le cadre de leur futur super contrat. Au côtés du Rafale F5 Dassault Aviation travaille aussi sur un drone collaboratif, représentant lui aussi une urgence industrielle et commerciale.
Donc entre ce Rafale F5 purement franco-français, l’échec du financement émirati est encore dans toutes les têtes, et cet avion de combat de 6ème génération en plein développement que certains appellent «Super Rafale» l’avionneur a l’air très occupé. On pourrait aussi considéré que, malgré les belles paroles autour d’une possible ouverture à un partenaire, Dassault Aviation se recroqueville un peu sur lui-même. Est-il possible que l’échec de la version de patrouille maritime du Falcon 10X ait laissé plus de traces que prévu dans les têtes des décideurs clodoaldiens ? Comme une forme de rancœur forte envers tout ce qui n’est pas franco-français…
Affaire à suivre
Photo © OTAN
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