Canada : Opération charme de Dassault Aviation

Canada : Opération charme de Dassault Aviation

Nouvel épisode dans la saga du F-35 au Canada. Rappelons qu’en 2010, le Canada a commandé 65 appareils F-35 Lightning II à l’américain Lockheed Martin pour remplacer ses 78 CF-18 Hornet vieillissants. Sous la pression des critiques, le gouvernement fédéral fut contraint de réaliser un audit indépendant dont les conclusions parues en 2012 sont assez négatives. L’achat et la maintenance des F-35 coûteraient aux contribuables 46 milliards de dollars sur la quarantaine d’années de durée de vie de l’appareil au lieu des 16 milliards de dollars affichés en 2010 par le gouvernement conservateur. À la suite cet audit, Ottawa a demandé des informations à tous les concurrents du groupe américain: Boeing, Saab ainsi que Dassault.

Le 13 mars dernier, le groupe Dassault Aviation s’est dit prêt à assembler son avion de combat Rafale au Canada, si Ottawa porte son choix sur l’appareil français. Déjà éprouvé, le Rafale répond parfaitement aux besoins des forces armées canadiennes et pourrait procurer davantage de retombées économiques que le F-35 de l’américain Lockheed Martin, a estimé Yves Robins, directeur des relations extérieures de Dassault. De plus, «nous proposons de transférer l’intégrité de l’entretien, de la maintenance, de la modernisation de l’avion auprès des industries canadiennes, avec les droits de propriétés intellectuelles et tous les transferts de technologie pour lesquels nous avons l’autorisation du gouvernement français, sans aucune restriction», a insisté Yves Robins.

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Un Rafale avec une livrée basse visibilité de la RCAF

Dassault n’est pas seul sur les rangs, puisque Boeing aimerait bien ravir ce marché en offrant son Super Hornet comme solution de rechange éprouvée et beaucoup moins coûteuse que le F-35. Le F-35 n’a toutefois pas dit son dernier mot non plus, puisque plus de 70 entreprises canadiennes sont déjà impliquées dans le développement de cet appareil et les retombées économiques pour l’économie canadienne seront l’un des facteurs déterminants. En tout état de cause, le processus décisionnel risque d’être long, et un éventuel succès de Dassault serait une véritable révolution dans un marché historiquement tourné vers les avionneurs américains.

Marcel
Fils d’un militaire de l’armée de l’air canadienne (il est tombé dedans quand il était petit…) et biologiste qui adore voler en avion de brousse, ce rédacteur du Québec apprécie partager sa passion de l'aéronautique avec la fraternité francophone d’Avions Légendaires.

7 COMMENTAIRES

  1. En voilà une nouvelle qu’elle est bonne…
    Ne serait-ce pas là, en cas de réalisation, une première entrée dans le marché de l’aviation de combat anglo-saxonne ?
    Avant l’A-400M à suivre…

  2. Un Rafale canadien ça aurait de la gueule. Reste que le gouvernement canadien actuel demeure très inféodé aux Américains, ce qui risque de poser pas mal de problèmes à Dassault. Mais en effet ça serait un beau cadeau à l’industrie hexagonale et le transfert de technologie serait plus qu’intéressant pour le Canada.
    Bel article Marcel, comme d’hab’ ai-je envie de dire.

    • Un rafale au couleurs de la 3e Escadre de Bagotville serait un bon choix. Celui-ci comme le Super Hornet viendrait plus rapidement en service que le problématique F-35. Pour l’achat de matériel militaire, le processus d’acquisition nécessite beaucoup trop de temps et d’argent au Canada; c’est honteux. Les décideurs au niveau politique et militaire excellent dans l’Art de la tergiversation, du niaisage comme nous disons au Québec. La seule exception fut l’achat des avions CC-177 Globemaster III et du remplacement des chars Léopard 1 par des Léopard 2 lors de la participation du Canada en Afghanistan. Les vénérables CH-124 Sea King ne sont pas encore remplacés par le CH-148 Cyclone. Même problématique pour le remplacement des deux ravitailleurs d’escadre. Le gouvernement de Stephen Harper a simplement annoncé le choix des noms que porteront ces navires! Je sympathise avec les membres des Forces armées canadiennes.

  3. Achat de Léopard2 controversé comedab…pourtant les canadiens avaient sauté sur l’occasion de reprendre le surplus des hollandais pour les remettre à niveau ensuite.
    Pourtant
    , que le retrofit ne puisse être fait que par les allemands semble une évidence
    , que certains « dorment dans des hangars » en normal aussi…en attente de rétrofit
    , que 20 doivent être redonnés, après rétrofit, à la RFA suite à l’emprunt afghan, normal aussi
    …bref achat rapide car l’état canadien a sauté sur l’occasion d’avoir des MBT de (presque) dernière génération à moindre coût pour remplacer le Léopard 1 en service
    , et bon achat car en plus continuation de la « ligne Léopard » au niveau des staffs (entretien, formations, pièces, etc…) soit totalement rationalisé.

  4. Bonjour j’ai lu que l’autonomie du rafale est de 1850 km avec bidons qu’en est-il sans bidons et dans les deux configurations pour le gipen et l’eurofigter ?

    • Sans bidons, le Rafale est donné pour 1100 km.
      Pour le Saab Gripen, il est donné avec bidons pour 800 km et 1300 km pour le futur NG.
      Pour l’Eurofighter Typhoon, il est donné pour 1850 km avec bidons.
      Mais cela ne veut pas dire grand chose tant sont différents les profils de mission, et les missions elles-mêmes.
      Avec 6,7 t de bidons possibles (sans compter les CFT), c’est plutôt la durée maximale de vol qui compte (12h).
      De plus du carburant en plus, c’est des charges en moins.

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