Cette commande était dans les cartons du ministère de la défense depuis plusieurs mois déjà. L’avionneur suisse Pilatus l’a officialisée en annonçant une commande pour dix-sept monoturbopropulseur d’entraînement PC-21 à destination de l’Armée de l’Air. C’est cependant une commande légèrement inférieure à celle attendue, puisqu’il était envisagé une commande de vingt à vingt-cinq exemplaires.

Pourtant les décideurs et ingénieurs helvètes n’ont pas de raison de bouder leur plaisir. Cette commande est avant tout une réussite. En effet le Pilatus PC-21 va pouvoir permettre de renforcer les moyens de formation des futurs pilotes français qui peinaient depuis longtemps. En effet il n’existait plus d’avion intermédiaire entre les SOCATA TB-30 Epsilon et Grob G.120 d’entraînement élémentaire et les Dassault-Breguet / Dornier Alpha Jet E et Embraer Emb-121 Xingu d’entraînement avancé de l’autre. L’avion suisse viendra donc s’intercaler dans ce schéma, tout du moins au début.

Car il faut reconnaitre que les Epsilon et les Alpha Jet sont des avions vieillissants qu’il faudra bientôt remplacer. De quoi laisser espérer une seconde commande pour Pilatus. Et pourtant le choix d’un monoturbopropulseur n’était pas évident de prime abord. Les aviateurs français, et notamment les généraux, ne gardaient pas forcément un souvenir impérissable du précédent avion de ce genre, l’Embraer Emb-312 Tucano brésilien. À l’instar de l’Alpha Jet avant lui, il servit de successeur désigné au légendaire Fouga CM-170 Magister quand il devint évident que ce dernier n’était plus apte à remplir les missions d’entraînement intermédiaire.

La France devient donc le septième utilisateur à l’export du Pilatus PC-21, après l’Arabie-Saoudite, l’Australie, les Émirats Arabes Unis, la Jordanie, le Qatar, et Singapour. Avec la Suisse elle sera donc la seule utilisatrice européenne de cet avion ultramoderne.

Mais ce contrat n’est pas sans arrière pensée pour les Français qui espèrent en contre-partie fournir aux Suisses des avions de combat Dassault Rafale, après le récent rejet local du Saab Gripen suédois. Pour mémoire l’avion clodoaldien avait les faveurs des militaires helvètes.
Mais ça c’est une autre histoire.

Photo © Wikimédia Commons.

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16 COMMENTAIRES

    • Beaucoup de patrouille volent ou ont volé sur « hélices ». Vous ne pouvez pas nier par exemple que les Marocains avaient de la classe quand ils volaient dans les années 1990-2000 sur CAP 231 par exemple. Peut-être faudra t-il repenser toute cette question à l’aune des questions économiques et écologiques.

    • Ça viendra, mais les mises à jour prennent du temps. Nous sommes une petite équipe bénévole Christian, avec nos vies professionnelles et personnelles à côté. 🙂

  1. C’est certes un choix dictée par des considérations budgétaires, cela dit : j’observe que la plupart des forces aériennes utilisant du turboprop continuent néanmoins d’utiliser du réacteur en entrainement avancé. Donc, l’expérience ne semble pas entièrement satisfaisante.
    Et en effet, un réacteur ne se comporte pas comme un turboprop (puissance, régime, poussée, vitesse, sensation).
    Un pilote doit aussi acquérir « une culture réacteur ».
    Mais ce n’est que mon sentiment.

  2. Merci pour cet article. J’aimerais toutefois apporter un bémol au fait que les aviateurs suisses auraient donné leur préférence au Gripen. Mon petit doigt me dit que c’est surtout les politiciens et en particulier le conseiller fédéral populiste Maurer qui avaient une préférence pour l’avion du nord. Il avait l’avantage de ‘faire’ moderne et de coûter nettement moins cher que le Rafale. Demandez aux aviateurs et vous verrez que leur préférence va certainement à la machine de Dassault.

    Pour ma part, il n’y a pas photo. Le Rafale est clairement largement supérieur en tout et, même si le développement n’est pas terminé, dépasse déjà les caractéristiques d’un avion de papier. Du reste le peuple ne s’y est pas trompé et a renvoyé le projet à son auteur lors de la votation du 18 mai 2014.

    Du coup, après le Mirage IIIS, j’espère vivement voir voler le Rafale en Suisse. Cela nous changera du F/A18 qui fait beaucoup de bruit mais dont on peut se demander s’il est efficace comme tout ce qui vient de l’oncle Sam d’ailleurs.

    • On peut penser ce qu’on veut des avions américains, rien n’enlève que le Hornet est un des jets de combat les plus aboutis des 30 dernières années. En mer ou à terre. Après est-il adapté à un petit pays montagneux comme la Suisse, ça c’est une autre question.

  3. pilatus c’est très sérieux, c’est un choix judicieux pour l’armée de l’air, cela est sûr il faut changer les aéronefs, il est même grand temps!!!!! notre armée de l’air actuellement se trouve dans une spirale concernant tout les aéronefs pour l’entretien de maintenance, pour manque d’argent, il ne faut pas se voiler la face!!!!!

  4. Je lis partout que le PC-21 doit remplacer l’alpha-jet. Rassurez-moi et dites moi qu’il manque une étape car la marche est sacrément haute entre un PC-21 et un Rafale.

    • C’est bien peu connaître les caractéristiques de vol et d’entraînement du PC21 que d’avancer une telle critique ! Les pilotes de l’armée Suisse transitent directement du Pilatus au Hornet. Mais il faut plutôt en parler directement avec eux…
      Comme beaucoup d’autres Pays, la France a fait un choix effectivement très judicieux entre capacités d’entraînement et coût d’entretien.
      Après, la philosophie meeting entre gouvernes soufflées ou pas ou la position de la chaudière, ça peut se discuter. Je pense que les démonstrations de la PAF sont plus adaptées au type de vol du PC21.
      Ce qui ne remet nullement en cause les extraordinaires capacités du Rafale.

  5. ne pas oublier que le pc-21 avec turbo à hélice procure aussi de vive sensation!!!!! c’est une montre suisse!!! ne pas confondre le PC 21 et le rafale!!!!! ceci dit chacun à son avis sur le sujet!!!!!!

  6. Selon les « chiffres-clés de la Défense – 2016 » restent en ligne 33 Epsilon et 75 Alphajet (hors PAF) , comment 17 Pilatus PC21 vont-ils remplacer 108 appareils? (même avec une éventuelle commande supplémentaire et même si nous allons avoir besoin de moins de pilotes, le Rafale ne remplaçant pas les autres avions nombre pour nombre)

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