Voilà sans doute la réponse d’Airbus DS au T-7A Red Hawk développé conjointement par Boeing et Saab. Ce vendredi 16 octobre 2020 l’avionneur européen a dévoilé son avant-projet de jet d’entraînement de nouvelle génération désigné AFJT, pour Airbus Future Jet Trainer. Destiné initialement à l’Ejercito del Aires et développé en grande partie par des équipes espagnoles ce futur avion pourrait bien à terme intéresser l’Armée de l’Air et de l’Espace et pourquoi pas la Royal Air Force. Il inclura des éléments technologiques le rendant compatible avec le futur SCAF européen.

Comme d’autres en Europe l’Ejercito del Aire est confrontée au dilemme du remplacement de ses jets d’entraînement intermédiaire et avancé. Dans son cas il s’agit du Casa C-101 Aviojet, un aéronef de construction indigène remontant aux années 1970-1980. Aussi bon que soit ce petit avion à réaction il vieillit. Sa succession est donc au cœur des interrogations des militaires espagnols.
Une première solution a été trouvée à l’automne dernier quand le ministère espagnol de la défense a passé commande pour vingt-quatre Pilatus PC-21 à turbopropulsion.

En l’absence d’une réponse européenne à l’obsolescence annoncé d’avions d’entraînement comme son Aviojet mais également l’Alpha Jet franco-allemand ou encore le Hawk britannique l’Espagne n’a pas pu se laisser aller à une commande non européenne. Elle a bien envisagé de se tourner vers Alenia-Aermacchi, branche du géant italien Leonardo, mais finalement s’y résoudre.

Airbus Defence & Space qui a ses locaux industriels en Espagne a bien compris le discret appel du pied des Espagnols. Et très vite ses ingénieurs se sont mis au travail afin de proposer un avant-projet sous la forme de cet Airbus Future Jet Trainer. D’ailleurs dans sa conception initiale ce futur avion d’entraînement prend également en compte la dimension supersonique, permettant ainsi à l’Ejercito del Aire d’envisager sereinement le remplacement de ses antiques mais ô combien utiles Northrop SF-5B Freedom Fighter utilisés pour la formation avancée et l’entraînement dissimilaire.
Selon l’avionneur européen le marché espagnol est estimé dans une fourchette allant de cinquante à soixante machines pour l’horizon 2025-2030.

Une telle échelle de données ne permet normalement pas à Airbus DS de se lancer dans la production d’un avion de cette importance. Sauf que le Pilatus PC-21 aussi moderne et polyvalent soit t-il ne pourra jamais tout faire aussi bien qu’un avion à réaction. Il en est de même bien sûr pour le Beechcraft T-6 Texan II actuellement en dotation dans les rangs de la Royal Air Force. Et partant de là le marché européen pour l’AFTJ devient beaucoup plus palpable que s’il n’était stricto-sensu qu’espagnol.
On pourrait alors envisager parfaitement de tels avions sous livrées allemandes, belges, françaises, et pourquoi pas aussi donc britanniques ?

Face à un Leonardo M-346 Master bien implanté sur le marché et à un balbutiant Boeing-Saab T-7A Red Hawk l’AFTJ pourrait dans les années à venir avoir sa carte à jouer. D’autant qu’Airbus DS l’annonce d’ores et déjà compatible avec les avions de combat de nouvelle génération développés en Europe, à l’image du SCAF… dont Airbus est partie prenante et que l’Espagne a rejoint depuis quelques mois.

Photo © Ejercito del Aire

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7 COMMENTAIRES

  1. En 2019 vous disiez à propos du PC-21: « toutes les études prouvent actuellement que cet avion est parfaitement taillé pour former les futurs pilotes de Mirage 2000 et surtout de Rafale… » , mais aujourd’hui « aussi moderne et polyvalent soit t-il ne pourra jamais tout faire aussi bien qu’un avion à réaction. »
    Vous avez changé d’avis à propos de l’avion suisse ?

    • Non à l’époque c’était le cas, aujourd’hui l’hypothèse d’un AFJT laisse augurer des capacités supersoniques. C’est donc une évolution. Mais puisque je dois me justifier non je n’ai pas changer d’avis : à mes yeux le Pilatus PC-21 demeure le meilleur remplaçant possible aux Alpha Jet E dans le contexte actuel.

  2. Peut-être avons nous ici le futur avion de la patrouille de France ! J’espère que le projet ira au bout et ne connaîtra pas le destin sommaire du EADS mako HEAT. Avec Dassault en sous-traitant, il serait parfait pour remplacer les Alphajets, mais avec les restrictions budgétaires à venir je crains que l’armée de l’air ne se contente que des PC-21.

  3. Le voilà notre futur avion pour remplacer les Alphajets. Il pourrait même y avoir une version avec armement, parfait pour tirer des roquettes sur des pik-up, ou de la reconnaissance avec un pod. On pourrait économiser les cellules des rafales.

  4. « D’autant qu’Airbus DS l’annonce d’ores et déjà compatible avec les avions de combat de nouvelle génération développés en Europe, à l’image du SCAF… dont Airbus est partie prenante et que l’Espagne a rejoint depuis quelques mois. »
    Cette compatibilité c’est la liaison de données?

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