Si le premier d’entre-eux n’est pas à proprement parler une grosse surprise le second l’est un peu plus. Ce jeudi 29 octobre 2020 en fin d’après-midi l’avionneur Boeing a confirmé avoir reçu une commande ferme pour deux avions de ravitaillement en vol KC-46A Pegasus à destination de la JASDF. Avec Israël le Japon est actuellement un des deux seuls clients à l’export de ce concurrent américain de notre A330 MRTT européen. Le contrat est estimé aux alentours de 293 millions d’euros.

La Japan Air Self Defense Force ou Kōkū Jieitai avait en effet placé une option pour un troisième avion lors de la commande du deuxième exemplaire fin 2018. La décision d’acquérir un quatrième exemplaire est par contre beaucoup plus surprenante quand on sait que le gouvernement japonais a beaucoup réagi aux retards permanents du programme KC-46 Pegasus. Pourtant le début des essais en vol du premier avion depuis Seattle semble avoir inversé la tendance.

Le Japon espère désormais aligner ses quatre KC-46 Pegasus à l’horizon 2025, permettant ainsi d’alléger considérablement la charge de travail des quatre Boeing KC-767 moins modernes en service depuis 2005-2010. À la différence des avions aujourd’hui en commande ces machines ne disposent pas d’une capacité de transport à long rayon d’action. Les KC-767 sont de purs ravitailleurs en vol.

C’est un peu un ouf de soulagement pour Boeing qui peine vraiment à vendre son avion à l’export face au mastodonte Airbus DS A330 MRTT. Le biréacteur européen croque littéralement son concurrent américain sur presque tous les marchés internationaux, à l’exception récemment d’Israël toujours totalement inféodé aux États-Unis. La raison des échecs américains est simple : de l’avis général le KC-46 Pegasus est trop petit et trop peu polyvalent face à l’A330 MRTT.
Les clients potentiels voient également les succès que l’Armée de l’Air et de l’Espace et que la Royal Air Force connaissent avec cet avion pendant que l’US Air Force accumule encore les galères avec le sien.
Le Japon a donc fait le choix de la continuité entre KC-767 et KC-46, pas forcément celui de l’efficacité.

Photo © Boeing Company.

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