Après l’A400M Atlas et le HIMARS en début de semaine la Royal Air Force n’en finit plus de faire des premières. Ce mercredi 16 novembre 2022 un Airbus Defense & Space Voyager KC2 britannique a réalisé le premier vol d’un avion de ce type avec 100% de carburant dit SAF dans ses propres réservoirs. Il s’agit à la fois d’une première en Grande Bretagne, d’une première pour la RAF, et d’une première pour un A330 MRTT. Un vol historique qui coïncide avec la tenue de la conférence environnementale COP 27 à Charm el-Cheikh en Égypte.

Depuis plusieurs années l’aéronautique militaire tente ça-et-là de se verdir. Et cela a parfois plus ressemblé à des effets d’annonce qu’à de véritables avancées technologiques et/ou doctrinale. Pourtant à de rares moments décideurs et ingénieurs ont su mettre à profit leurs intérêts communs. L’accélération s’est d’ailleurs fait ressentir depuis quelques mois maintenant, comme si le réchauffement climatique avait réveillé des consciences.
Il s’agit peut-être aussi de montrer aux plus radicaux des idéologues écologistes, ceux-là même qui n’hésitent pas à se vautrer dans un «aérobashing» des plus virulents, que l’aéronautique aussi veut changer.

L’une des options actuellement les plus intéressantes est le CHCJ-5 testé il y a deux ans et demi sur un Saab JAS 39 Gripen suédois et plus récemment sur un ALenia AMX-T italien.
De ce fait l’idée de ce vol 100% biocarburant est vraiment séduisante. Pour la première fois de l’histoire un avion aussi imposant qu’un ravitailleur en vol A330 MRTT Voyager a donc volé sans la moindre goutte de carburéacteur d’origine fossile dans ses réservoirs. Et ses moteurs n’ont quasiment pas été modifiés !

Airbus DS et la Royal Air Force n’étaient pas seuls dans cette aventure. L’agence gouvernementale britannique Defence Equipment & Support rattachée au ministère de la défense, mais aussi les sociétés AirTankers, British Petroleum, et Rolls-Royce étaient de la partie. Chacun a apporter son savoir-faire afin que le vol de ce mercredi 16 novembre 2022 soit une réussite. C’est depuis son nid de RAF Brize Norton dans le sud de la Grande Bretagne que le Voyager KC2 codé ZZ334 a réalisé l’essais.
C’est sous un ciel menaçant typiquement anglais que le ravitailleur en vol a décollé, réalisé son vol, et est revenu à sa base. La pluie ne s’est pourtant pas invitée à la fête.

Pour autant la Royal Air Force insiste sur l’aspect encore expérimental de ce vol. Il n’est pas question que ses ravitailleurs en vol évoluent avec du biocarburant SAF (pour Sustainable Aviation Fuel) en lieu et place du carburéacteur issu du pétrole. En tous cas avant quelques années encore.
Sur ce vol la DE&S indique que les émissions de carbone ont été réduites d’environ 80 à 82% par rapport au même type de vol avec énergie fossile. Le recours à ce biocarburant est donc clairement une réussite, au moins sur le plan de l’écoresponsabilité.

Bien sûr ce n’est qu’un début. On est encore aux balbutiements de l’aviation propre. Le biocarburant est une alternative qui semble actuellement au moins aussi porteuse d’espoirs que les aéronefs hybrides électriques.
Affaire à suivre.

Photos © Royal Air Force.

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2 COMMENTAIRES

  1. Je me demande si l’industrie aéronautique, avec les moyens qu’elle a, au delà du biocaburant et ses limites, consacre un budget à la hauteur de l’enjeu comme par exemple l’investissement dans la recherche sur une nouvelle génération de batteries, pour éliminer les risques d’emballement thermique, gagner du poids, stocker plus d’énergie, et accélérer le rechargement ?
    On a Tesla et Toyota entre autres qui progressent, mais on pourrait sans doute passer à une autre échelle, et les passagers accepteraient dans cet optique plus facilement de payer un peu plus cher à mon humble avis !

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