Et si Dassault Aviation signait prochainement un contrat Rafale avec l’Arabie-Saoudite ?

L’avion de combat français semble vraiment avoir le vent en poupe au Moyen-Orient. Le très sérieux journal économique La Tribune annonce que la Royal Saudi Air Force se préparerait à commander rien moins que cent Dassault Aviation Rafale F4 ! Cela ferait de ce pays le plus important client étranger de l’avion construit à Mérignac. Pour les Saoudiens le Rafale est aussi synonyme d’accroissement de l’indépendance vis-à-vis des États-Unis.

Bien sûr cette information n’a rien d’une nouveauté pour les plus fidèles de nos lectrices et lecteurs. En mars dernier nous vous annoncions déjà de tels pourparlers sans pour autant avoir d’informations sur le nombre d’avions concernés. Désormais donc nous savons qu’il est désormais question de cent avions. La Royal Saudi Air Force deviendrait ainsi le deuxième plus gros utilisateur de l’avion français derrière l’Armée de l’Air et de l’Espace. Excusez du peu. De tels avions lui permettraient avant tout de remplacer efficacement les Panavia Tornado IDS d’origine européenne acquis dans les années 1980 et aujourd’hui en voie d’obsolescence. Les capacités air-air reconnues du Rafale pourraient également être efficaces afin d’envoyer à la retraite les plus anciens des McDonnell-Douglas F-15C/D Eagle utilisés actuellement en Arabie Saoudite afin pour l’interception et la supériorité aérienne.
Pour l’instant il faut savoir raison garder car les Saoudiens ont toujours été de fidèles clients des États-Unis.

Sauf qu’après la présidence Trump et malgré l’arrivée au pouvoir d’un Joe Biden plus coulant les relations entre les deux pays ne sont pas bonnes. Le Dassault Aviation Rafale F4 permettrait à la Royal Saudi Air Force de se mettre à l’abri des restrictions américaines liées à la loi CAATSA, la fameuse Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act, tout en évitant de devoir acheter un avion de combat à Boeing ou Lockheed-Martin. Paris n’est évidemment pas considéré comme un ennemi par Washington DC ! Le choix français sera par contre un très mauvais signal envoyé aux avionneurs du consortium Eurofighter dont plusieurs dizaines sont déjà en service dans le pays. Le Rafale F4 plutôt que le Typhoon Tranche 4 c’est un symbole fort de l’hégémonie grandissante de l’avion français sur son concurrent européen. Ajoutez à cela une très grave dégradation des relations diplomatiques en Riyad et Berlin et vous comprendrez à quel point on peut être confiant dans l’avenir des négociations franco-saoudiennes.

Jusque là on pensait qu’un contrat plus imposant que celui signé l’an dernier avec les Émirats Arabes Unis serait impossible. Nous avions tort, l’Arabie Saoudite nous prouve qu’il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers. En fait le Proche et le Moyen-Orient semblent être les zones d’influence numéro 1 du Dassault Aviation Rafale. L’Égypte a prouvé son attachement à l’avion français tandis que le Qatar l’utilise et que l’Irak se préparerait elle aussi à l’acquérir. L’Europe méridionale n’est donc pas son seul nid.

Les passionnés d’histoire de l’aviation se souviendront que l’Arabie Saoudite avait déjà formulé un intérêt pour cet avion dès 1986 et le premier vol du démonstrateur technologique technologique Rafale A. La guerre du Golfe de 1990-1991 avait poussé ce royaume dans les bras des avionneurs américains. Trente ans plus tard elle y revient.

Photo © ministère des Armées.

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ARTICLE ÉDITÉ PAR
Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

30 réponses

  1. Tout ce qu’il ressort de ce bla bla c’est p’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non.
    C’est ce qu’on appelle parler pour ne rien dire.
    100 avions! Rien que ça ! Pfff. Faut vraiment croire au père noël.
    De vrais gamins de 5 ans!

    1. Si vraiment vous n’y croyez pas, pourquoi nous lire et surtout pourquoi commenter notre article ? En dehors du besoin d’exister médiatiquement bien entendu.

  2. 100 Rafales serait en effet un contrat, qui forcerait définitivement Dassault aviation a ouvrir une nouvelle ligne de production.

    Le deuxième plus grand utilisateur du Rafale, jusqu’à ce que l’Inde ne passe commande de Rafales M pour sa Marine, et de d’un possible autre contrat pour 114 Rafales, avec un pourcentage de la production sur une ligne de production en Inde ?!

    1. Les deux seraient une bonne pioche, surtout avec une ligne d’assemblage en Inde :
      – travail pour tous les sites dassault et tous les sous traitants pendnt plus de dix ans, vingt ans ?
      – optimisation des couts d’assemblage des avions
      – optimisation des délais de livraisons
      – si le scaf avance, libération de ressources a merignac d’ici une dizaine d’années

  3. « Les passionnés d’histoire de l’aviation se souviendront que l’Arabie Saoudite avait déjà formulé un intérêt pour cet avion dès 1986 et le premier vol du démonstrateur technologique technologique Rafale A. »

    Si je ne me trompe, l’Arabie Saoudite était aussi très intéressé avant ça par le Mirage 4000, mais ce dernier n’ayant pas été acheté par la France, les choses en sont restées là, et l’Arabie Saoudite a acquis des Tornado.

    1. Pas exactement : à l’origine le mirage 4000 l’intéressait fortement, avant que les hésitations due à un coût d’industrialisation énorme ne lui fasse préfèrer un F15 en service et satisfaisant aux US.

      Il y aura ensuite un match 2000 vs Tornado qui sera gagné par ce dernier grâce à deux modèles complémentaires (chasseur et Bombardier)

  4. Dassault pourrait faire un super rafale de 6 eme génération….. seul…plus honereux à faire seul, mais pour la vente on est seul à prendre le bénéfice, et avec les allemands ça risque d être compliqué d exporter comme on veut….

    1. Quel rapport avec le futur contrat du Rafale en Arabie Saoudite ? Ah bah oui aucun, c’est juste une occasion de taper bêtement sur le programme européen SCAF de la part de madame ou monsieur Depussay. Du coup c’est hors sujet et le prochain hors sujet qui parlera du SCAF sur cet article se retrouvera là où est sa place naturelle : au fin fond de la corbeille.

      1. Dommage d’avoir cette réaction, car si je suis heureux de toute les ventes de rafale à l’export, la question se pose de savoir ce qu’il serait possible en terme de vente si l’avion était un programme plurinational. Aurions nous toujours l’autonomie commerciale?

        Il ne s’agit pas d’être pour ou contre le SCAF (en effet ce n’est pas le lieu) mais de l’indépendance française. Il ne faut pas oublier que ces ventes permettent de financer les futurs aéronefs français.

  5. Très bel avion. Belle carrière. Mais… un truc dérange quand même le passionné d’aviation que je suis. Une bonne partie des acheteurs actuels ou futurs (?) de celui-ci, sont quand même des pays biens loins des valeurs  » démocratiques » tant malmenées actuellement… Inde, Indonésie, Égypte…Arabie saoudite… Snif. Espérons que ces pays ne tournent pas aussi mal que la Russie. Dommage quand même – fort de ses qualitées aujourd’hui reconnues – qu’il n’ait pas réussi à s’imposer davantage en Europe.

    1. Vendu à la Croatie et à la Grèce, sans doute bientôt en Serbie, je ne trouve pas qu’il ait raté sa commercialisation européenne surtout face à l’omniprésent Lockheed-Martin F-35A Lightning II.

    2. L’Inde et l’Indonésie sont tout de même des démocraties. Tout comme la Croatie et la Grèce et d’autres à venir espérons le.
      Après, c’est sur que c’est plus facile de convaincre certaines démocraties pour les usa quand on s’arrange pour faire des évaluations qui correspondent aux atouts spécifiques de votre poulain aux dépends de ceux des autres…
      Un peu comme si je me lançait sur un décathlon, et que mon adversaire doublait les points dans les épreuves où il a cartonné et divisait ceux où j’ai performé…

    3. Malheureusement la vente d’arme ne répond pas uniquement à la valeur opérationnelle de celle ci. La politique a aussi sont mot à dire. Et là face aux USA la France ne joue pas dans la même court même si nous restons dans les premiers vendeurs au monde.

  6. Entre l’Inde et son programme MRCA où le rafale est bien placée et cette belle opportunité en Arabie Saoudite, il semblerait que chez Dassaut, ils vont avoir du travail, enfin espérons que cela marchera.

    1. En Inde, le Rafale M semble avoir pris une bonne avance sur le Super Hornet suite à des fuites du ministère indien de la Défense Après avec la vente d’armements, il y a également l’aspect politique qui rentre en jeu mais l’espoir de vente est du coté français..

  7. Ce serait une bonne nouvelle pour notre industrie. Est ce que cela va permettre également de baisser les coûts à un point que l’armée de l’Air puisse commander plus de Rafale au standard F4?
    D’ailleurs, savez-vous quand est ce que l’AAE va aligner plus de 100 rafales au standard F4? J’ai essayé de voir, mais malgré vos efforts et celui de l’excellent blog Omnirole-rafale, il est difficile de faire les comptes.

    1. C’est pareil j’essaye depuis quelques jours de le savoir mais les sources ne sont nullement concordantes. Dès que j’ai plus d’infos, si j’y arrive, je vous tiens au courant.

      1. Quel est le prix unitaire d’un Rafale ?

        Peut-on y voir une nette baisse depuis que les contrats à l’export se multiplient ?

        1. Il y a obligatoirement baisse mais elle est complexe a calculer.
          L’état Français s’engage sur un programme et envoie les fonds par tranches.
          Avec ce budget, les armées passent commande: cellule d’avions, moteurs, électronique, radar.
          A chaque fois à un fournisseur spécifique parce que les éléments sont améliorés, remplacés.
          Ça fait un gros mouvement de fonds qui demandent aux comptables de se poser, prendre les factures des industriels et les diviser par le nombres d’exemplaires produits, mais il faut retirer les charges salariales, taxes, impoôts, qui reviennent dans les poches de l’état.
          Là, ça devient plus juste au niveau calcul.
          Ensuite il y a le cas export.
          C’est tout aussi complexe parce que souvent, l’avion est vendu avec un lot d’armes, de.pièces détachées, mais aussi d’études pour des modifications locales, armements éxotiques.
          Ça fait grimper la note car chaque contrat est renégocié de zéro.
          Donc le prix doit rester stable à une centaine de millions l’unité.
          Mais il y a plus d’options pour le même prix.
          Ensuite et surtout, il y a le prix à l’heure de vol. Les avions US et Russes ont le défaut d’êtres chers à l’heure de vol. Comme un client achète un avion pour un objectif de 6000 heures d’utilisation, les 5000 à 10,000 euros d’écart à l’heure représentent un sacré pactole à l’échelle d’une flotte sur 30 ans.

  8. Bonsoir,j aime beaucoup vos articles, j’habite à merignac et fan du rafale et de l’aviation,cela serait super pour l économie, 100 rafales ça serait un pieds de nez a notre vrai ennemi économiquement parlant.

  9. Ça serait une excellente nouvelle pour des emplois très qualifiés en France.
    Une question se pose: avec un grand nombre de rafales à construire, le prix baissé t’il ?

    1. Techniquement oui.
      Mais pour ce genre de contrat, il y a des adaptations de matériels et autres études. Et pour une telle commande, le client voudra produire des pièces lui même,. obtenir des retours technologiques et humains.
      C’est donc du côté des retours sur investissements que les baisses sont à chercher

  10. Il s’agit d’une info intéressante. On peut également supposer que l’AS utilise le Rafale comme argument ds les discussions qu’ils ont avec les USA. Le rafale n’a été vendu qu’à des pays qui ont de gros besoins opérationnels et d’une certaine indépendance vis à vis des usa. Je ne suis pas certain que ce soit le cas avec l’AS. Wait and see!

    1. l’Égypte et Grèce sortent de ce cadre.
      En vérité, les pays clients aiment garder le contact avec le pays vendeur… Qui est diplomatiquement puissant grâce à la.vente d’armes.

    2. L’AS est en train de prendre ses distances avec les USA. Voir, entre autre le refus d’augmenter la production de pétrole et la visite la semaine dernière de Xi Jinping et les contrats signés.

  11. Lecteur depuis un moment, amoureux de l’aviation en général et de notre savoir faire national en particulier mais… Quand on se permet de développer un avis manichéen « les gentils américains, les méchants russes », peut on se réjouir que la France, formidable marchand de canons, continue à soutenir des dictatures théocratiques ? Certes c’est le Rafale ou le F35, mais alors peut on encore se présenter comme les champions du droit international ? Non, nous sommes des commerçants, alors un peu d’humilité…

    1. @ gromarout
      Mais aussi du sens commun.
      Les bombes font trop de dégâts pour calmer des manifestations pro démocratie.
      C’est le travail des armes légères et des gazs lacrymogènes.
      La France n’a plus de production ni de fusils, pistolets et munitions associées.
      En revanche elle vend des.outils de souveraineté : radar, DCA, canon, avions.
      Donc rien à voir avec des outils policiers voués à la répression

  12. Les 100 Rafale vont être achetés sur le marché de l’occasion à l’armée de l’air française?

    1. Je ne savais pas que l’Armée de l’Air et de l’Espace possédait des Rafale F4 d’occasion ? Du coup non la Royal Saudi Air Force les achètera neuf.

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