Compte à rebours pour le centième anniversaire de l’Aviation royale canadienne

C’est le premier avril 2024 que l’Aviation royale canadienne (ARC) franchira le cap de ses 100 ans d’existence. Un siècle, ça se fête en grand et les préparatifs sont déjà en cours. D’ailleurs, le logo pour souligner cette année festive à venir est déjà dévoilé.

À ma façon, je compte célébrer ce centenaire en partageant avec vous une série de dix courts articles qui feront office de compte à rebours jusqu’en avril. Rassurez-vous, comme une image vaut milles mots, il s’agira davantage d’un florilège de photographies. Comme j’ai déjà publié un article portant sur l’histoire des aéronefs de recherche et sauvetage de l’ARC, et un autre sur les patrouilles acrobatiques ayant arboré la cocarde canadienne, je ne reviendrai pas sur ces sujets. Par ailleurs, bien que depuis 1975 l’ensemble des aéronefs affectés aux opérations maritimes relèvent de l’ARC plutôt que de la Marine royale canadienne, un article sur l’histoire de l’aéronavale canadienne est aussi déjà disponible. Avec le présent article introductif, le décompte est lancé: 10…

Il convient de commencer par un bref rappel des origines de l’ARC qui ne verra le jour qu’après la Première Guerre mondiale. Dès la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne, le Canada se joint également au conflit. Durant la guerre, plus de 22 000 Canadiens se portent volontaires pour servir dans le Royal Flying Corps (RFC) et le Royal Naval Air Service britanniques. En réponse à l’afflux de volontaires, le RFC met sur pied en 1916 le Royal Flying Corps Canada et ouvre des écoles de formation sur le sol canadien. Ne pouvant compter sur l’importation d’avions d’entraînement des États-Unis, dû à la neutralité américaine, l’entreprise Canadian Aeroplanes produira 1 200 exemplaires du biplan JN-4 Canuck.

Canadian Aeroplanes JN-4C Canuck

Plusieurs pilotes de chasse canadiens vont s’illustrer durant le conflit. Mentionnons les as des as William G. Barker (50 victoires), Raymond Collishaw (60 victoires), et le plus connu, William Avery «Billy» Bishop (72 victoires). C’est à ce dernier que l’on confie le commandement de l’Aviation canadienne mise sur pied en septembre 1918. La fin de la guerre va toutefois couper les ailes de cette force aérienne avant même qu’elle n’ait pu véritablement décoller. Suite à la signature du Traité de Versailles en 1919, cet embryon de force aérienne fut dissous. C’est plutôt un organisme civil, l’Air Board, qui sera chargé de contrôler la navigation aérienne au Canada et de gérer une centaine d’avions excédentaires donnés par la Grande-Bretagne. Plusieurs hydravions à coques Curtiss HS-2L, seront également cédés au Canada par les Américains qui avaient temporairement établi des stations aéronavales sur la côte est canadienne.

William G. Barker devant son Sopwith Camel

Ne sachant trop que faire de cette flotte hétéroclite d’avions, l’Air Board décide d’exploiter ces aéronefs à l’appui d’opérations civiles telles que la foresterie, l’arpentage photographique, la livraison du courrier, et les patrouilles anti-contrebande. Aussi, l’Air Board recrute un certain nombre d’anciens pilotes de guerre en créant une petite milice aérienne. D’autres anciens pilotes de guerre, tel Wilfrid «Wop» May, deviendront plutôt des pionniers de l’aviation de brousse naissante. En 1923, naît le ministère de la Défense nationale. Intégrant l’Air Board, ce ministère fédéral devient responsable de toutes les opérations aériennes au Canada. Les miliciens à temps partiel sont incorporés dans une force aérienne naissante qui sera nommée Aviation royale canadienne (ARC) en 1924, ou plutôt Royal Canadian Air Force (RCAF) car le bilinguisme n’était pas encore à l’ordre du jour à l’époque. Il faudra attendre la fin des années 1960 pour que la langue française fasse progressivement son chemin au sein des Forces armées canadiennes.

Évolution du blason de l’Aviation royale canadienne: de 1924 (à gauche) jusqu’à aujourd’hui

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Marcel
Fils d’un aviateur militaire (il est tombé dedans quand il était petit…) et biologiste qui adore voler en avion de brousse, ce rédacteur du Québec apprécie partager sa passion de l'aéronautique avec la fraternité francophone d’Avions Légendaires.
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Commentaires

3 Responses

  1. Voilà un anniversaire que tu nous feras forcément partager au printemps prochain. J’en salive d’avance.

  2. J’espère qu’il y aura quelques manifestations d’envergure au Québec. Merci pour les infos. Je n’en savait rien du tout. Salutation Marcel et Arnaud.

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