En théorie ces avions espions auraient dû être retirés du service cette année. Sauf que les Lockheed U-2 ne servent pas en théorie mais aux États-Unis, un pays qui a le plus grand mal à se séparer de ces vénérables avions de reconnaissance stratégique. Preuve en est puisque l’US Department of Air Force vient de notifier au groupe britannique BAE Systems un chantier de remise à jour de la suite de contremesures électroniques et d’alerte radar qui les équipe. Le contrat est annoncé aux alentours de treize millions de dollars US, pour un total de vingt-quatre avions opérationnels.
Cet équipement si précieux est connu au sein de l’US Air Force comme AN/ALQ-221, alias Advanced Defensive System. Développé par les ingénieurs américains et britanniques de BAE Systems sur le site de Nashua dans le New Hampshire, anciennement connu comme Sanders Associates, cette suite regroupe tout à la fois un détecteur d’alerte radar et un équipement de contremesures électroniques. L’AN/ALQ-221 équipe les Lockheed U-2S depuis 2005. À l’époque chacun d’entre eux revenait à près de six millions de dollars US.
Petit hic dans l’histoire ces systèmes n’avaient pas été pensés pour être encore opérationnels deux décennies plus tard, les vénérables avions de reconnaissance auraient dû (dans l’esprit des généraux américains de l’époque) être supplantés par les drones HALE. La réalité est toute autre.
Un tel chantier atteste en tous cas d’une chose qui ravira les passionnés d’aviation comme nous : la retraite du Lockheed U-2S ne semble plus à l’ordre du jour. Car pourquoi engager une telle modernisation si c’est pour se séparer rapidement des vingt-quatre avions encore en dotation au sein du 9th Reconnaissance Wing ?
Clairement l’US Air Force a besoin d’eux pour savoir des choses et elle sait qu’elle doit protéger au mieux ses précieux pilotes. D’où les treize millions de dollars US déboursés pour amélioré un avion qui en est à son vingt-sixième chantier de modernisation en 70 ans de carrière.

Oui vous ne rêvez pas. À l’ère des chasseurs et bombardiers furtifs les plus avancés une partie du renseignement aéroporté américain repose toujours sur un pur reliquat de la guerre froide datant des années 1950. Un avion dont le chantier de modernisation doit s’échelonner sur les six semaines à venir. Au passage il se dit que deux d’entre eux auraient quitté leur nid californien de Beale AFB et seraient actuellement déployés à RAF Akrotiri, la fameuse base aérienne britannique à Chypre. On se demande bien pourquoi… ou pas.
Affaire à suivre.
Photos © US Air Force
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2 réponses
Bonjour à tous,
Comme quoi les avions très bien conçus et qui font le job ne sont pas légion, et deviennent de facto des icônes légendaires. U2 et B52 se font la courte échelle pour qui restera en service le plus longtemps au sein de l’US Air Force… Je trouve cette durabilité extraordinaire, surtout dans un monde de plus en plus dominé par de l’obsolescence programmée, qui plus est dans un secteur caractérisé par des progrès continus. Encore un chef d’oeuvre du « Skunk Works » dirigé par Clarence Johnson. Bons vols pour cette « Dragon Lady ».
Je vois bien le bras d’un transpalette. Par contre, je me demande s’il ne manque pas un truc sur la photo. À moins que mes vieux yeux me fassent défaut….